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Etats-Unis : les distraits au Moyen-Orient

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Étant d’un naturel distrait, j’ai un ennemi déclaré avec lequel une longue guerre d’usure est entamée depuis des années : le trousseau de clé. As du déguisement, expert en dissimulation, roi du camouflage, cet odieux détenteur de tous les sésames de ma vie pratique se complaît à me retenir longuement chez moi quand je suis pressé, à m’empêcher de rentrer quand la journée fut longue ou la soirée trop arrosée, se planquant à la moindre occasion tout au fond d’un sac, dans une poche oubliée, sous une feuille, un livre, derrière la radio, sous un coussin ou dans le frigo. Avec la malignité démoniaque commune aux objets dits inanimés qui ont bien entendu une âme, le trousseau de clé disparaîtra de l’emplacement où vous étiez certain de l’avoir déposé la veille pour y réapparaître mystérieusement quand vous aurez regardé partout ailleurs et perdu tout espoir. Au moment où vous le découvrirez à nouveau, encore à demi-dissimulé par un bouquin ou simplement déposé sur l’étagère que vous avez pourtant inspecté dix minutes auparavant, vous entendrez alors résonner dans votre crâne ce discret ricanement métallique. Eh oui, il existe bien un complot mondial des trousseaux de clés et autres objets visant à nous faire perdre notre temps et à nous rendre fous jusqu’à parvenir à la destruction de la civilisation telle que nous la connaissons.

J’ai pu découvrir il y a quelques jours que ce complot mondial des objets égarés avait des dimensions que j’ignorais en tombant sur un article du Washington Post révélant que le Pentagone avait perdu la trace de 500 millions de dollars de matériel militaire généreusement offert au gouvernement du Yémen. Mais comme le gouvernement du Yémen est en ce moment confronté à une situation plus chaotique encore que celle de mon salon et que les ambassades américaines ont toutes fermé leurs portes, il ne reste plus personne sur place pour tenir les comptes et savoir ce qu’il est advenu du précieux matériel militaire de l’Oncle Sam.

Et 500 millions de dollars en matériel militaire, ce n’est pas rien, on ne parle pas ici d’égarer une casquette ou une paire de rangers. Ce que le Pentagone ne parvient pas à retrouver, c’est, précisément : 200 fusils d’assaut, 200 pistolets automatiques, 1 250 000 balles, 300 paires de lunettes de vision nocturne (ah ça, les lunettes c’est le grand classique ! On regarde partout et en fait on les a sur le nez), 250 gilets pare-balles, 160 Humvees (des Jeeps mais en plus gros et plus blindé), 4 hélicoptères, 4 drones, 2 Cessna, deux bateaux de patrouille et un avion de transport militaire. « Nous devons nous résigner à admettre qu’ils ont été perdus », a reconnu un conseiller militaire qui a souhaité conserver l’anonymat en raison du caractère archi-sensible de l’information. On le comprend, c’est plus facile de dire « ah ben je ne comprends pas, il était là et puis pouf il n’est plus là » à propos de son trousseau de clé que d’un avion de transport de 25 mètres de long. C’est comme égarer un bateau de patrouille ou un hélicoptère, ça fait désordre.

Il ne faut cependant pas trop se moquer du Pentagone. Cela peut arriver à tout le monde. La preuve, en 2011 déjà, les parlementaires britanniques avaient cru bon de tirer la sonnette d’alarme pour avertir le ministère de la Défense de la disparition de 7 milliards d’euros de matériel. Hormis du matériel de communication high-tech d’une valeur de 200 millions de dollars, il n’a jamais été précisé ce qui était exactement déclaré « volé, perdu ou détruit » par le ministère de la Défense britannique dans sa grande ingénuité. Les autorités nucléaires françaises non plus ne sont pas en reste. En 2009, souvenez-vous, elles retrouvaient miraculeusement 40 kilos de plutonium « oubliés » sur le site de Cadarache alors que la direction d’Areva en charge du site n’en répertoriait que huit kilos. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’était alarmée qu’Areva ne soit pas « en mesure de démontrer l’exactitude des inventaires comptables des matières fissiles présentes. » Un responsable de Greenpeace à l’époque, Yannick Rousselet, avait exprimé ses doutes de façon moins administrative : « Comment est-il imaginable qu’on découvre dans un vieil atelier fermé depuis six ans de quoi faire environ 5 bombes nucléaires ? » Un an avant que le démantèlement de Cadarache révèle l’étourderie d’Areva, les autorités militaires américaines avouaient elles-mêmes en 2008 qu’elles avaient perdu la trace de centaines de composants pour missiles nucléaires. Et on ne parle même pas de l’arsenal de l’URSS, ce serait trop long. C’est fou tout ce qu’on peut perdre quand même.

Reste à savoir ce qu’ont pu devenir aujourd’hui les 200 fusils d’assaut, les Humvees, les hélicoptères, les avions et les bateaux égarés par le Pentagone au Yémen. Il y a deux explications possibles. Peut-être ce matériel a-t-il basculé dans la dimension mystérieuse des objets perdus. C’est un endroit situé hors de l’univers euclidien ou l’on retrouve absolument tout ce qui a été perdu un jour ou l’autre : l’espoir, les ambitions, les amours enfuies, le plutonium, les avions de transports, les porte-clés, les fusils d’assaut, les factures, les lunettes de vision nocturne, la foi,  les Humvees, l’inspiration, les galions, les missiles et les petits papiers sur lesquels on note les numéros de téléphone qu’on égare dans la journée. Dans un immense entrepôt si vaste que l’on ne peut en mesurer la taille, des centaines de milliers de petits lutins s’activent pour ranger tous les objets perdus sur des étagères qui grimpent jusqu’au firmament.

L’autre explication est sinon que les groupes rebelles yéménites concurrents soutenus par l’Iran d’une part, ou par Al-Qaïda de l’autre, se sont déjà depuis longtemps emparés de ce matériel qui a peut-être même transité jusqu’à l’Etat Islamique. Les paris sont ouverts. En tout cas, j’ai enfin retrouvé les clefs du Humvee : je les avais bêtement laissé traîner sur la caisse de missiles.

 *Photo : Pixabay.

Manuel, Lider minimo

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Fidel Castro fut surnommé el lider màximo, par la CIA qui voulait l’apparenter aux dictateurs alors en exercice, disent les uns, par ses proches pour flatter leur nouveau maître, assurent les autres. Fidel aimait à poser devant l’objectif, un cigare planté entre les lèvres, imité en cela par le Che, bien plus photogénique d’ailleurs.

Le cigare de Castro, d’une vitole (gabarit) relativement modeste si on le compare aux « barreaux de chaise » qu’on associe volontiers au triomphe et à la puissance, devint fameux sous le nom de Cohiba. Le premier qu’on offrit au Grand barbu n’était pas encore baptisé. La légende rapporte qu’il s’agissait d’un simple « fuma », roulé par le producteur pour sa consommation privée. À ce sujet, on a longtemps prétendu que les regazadoras, en roulant les feuilles de tabac sur leurs cuisses ambrées, leur procuraient une saveur à nulle autre pareille. Il n’en est rien. Cette charmante légende tient son origine dans l’opéra Carmen, de Georges Bizet, d’après Prosper Mérimée, dont l’héroïne, en effet, se livre à cette opération dans la fabrique qui l’emploie.

Le tabac est soumis habituellement à deux fermentations en fût, alors que les feuilles du Cohiba en subissent une troisième, qui leur procure une suavité caractéristique. Aujourd’hui, c’est une marque prestigieuse, déclinée en plusieurs tailles. Les amateurs classent premier des cubains le Cohiba BHK 52, devant le Partagas lusitanias. Le Romeo y Julieta Churchills reserva arrive en troisième position.

Or, Manuel Valls, dimanche soir, après avoir pris connaissance du résultat des élections départementales, aurait manifesté son soulagement, voire sa satisfaction, en allumant un cigare devant son poste de télévision : il ne voulait pas manquer le duel du clasico, où s’affrontaient le Real Madrid et le FC Barcelone (2-1 en faveur du dernier).

Il faut dire que l’information officielle, relayée par des journalistes de télévision et de radio qu’on aurait pu confondre avec des militants du Parti socialiste, et largement aidée par des chiffres contradictoires et totalement incompréhensibles, semblait lui servir des félicitations sur un plateau d’argent. D’une défaite cuisante, qui relègue son parti derrière le Front national, et place largement en tête la droite traditionnelle, M. Valls tire une orgueilleuse leçon de « sursaut républicain » provoqué par sa vaillance antifasciste. Il ne s’est trouvé que Yves Calvi, lundi matin, à RTL, pour oser lui dire la vérité de son échec !

Le Premier ministre d’un gouvernement naufragé espère-t-il se sauver de la noyade en appelant à le rejoindre sur son radeau le parti des chlorophylliens d’EELV, ces manœuvriers de couloir, ces politiciens de seconde zone (verte) ? Il faut absolument que quelqu’un se dévoue pour faire entendre à Mme Cosse que son mouvement, son « particule », représente moins de 2% des votants !

Départementales : le Valls des étiquettes

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departementales fn ump ps vallsComment s’y prendre pour rendre des résultats électoraux illisibles ou, à défaut, le moins lisibles possible ? Le premier tour des premières – et qui sait des dernières – élections départementales de mars 2015 resteront, à ce titre, un modèle du genre en matière d’enfumage démocratique. Les experts de la place Beauvau, sous la houlette de Bernard Cazeneuve, se sont, il faut le reconnaître, surpassés. Votre serviteur, ayant rempli son devoir électoral tôt dans la matinée sur le canton de Lille-2, avant de sauter dans un train pour Annecy, n’a pu prendre connaissance des résultats que tard dans la soirée. Et ce, en zappant sur les chaînes infos et en consultant fébrilement les sites Internet qui offraient de jolies cartes interactives, tout en écoutant d’une oreille distraite les déclarations des grands leaders ou encore celle du Premier ministre, qui a atteint des degrés  himalayens d’autosatisfaction. Et ma surprise fut grandissante…

Ce n’est pas compliqué, Valls avait sauvé la République. L’abstention moins forte que prévue ? C’était lui. La quasi-disparition du FN  ? Lui encore. La belle « résistance » du Parti socialiste, lui toujours. On apprenait ainsi que le FN, avec son malheureux quart des voix, était distancé par deux blocs équivalents : la droite républicaine, comme on dit, et la gauche. Première surprise, la gauche aurait donc été pratiquement à égalité avec la droite et le centre. La question, c’est : de quelle gauche parlait-il au juste pour arriver à un total aussi mirifique et inattendu ? Pas de problème, la gauche, c’est bien sûr le PS, les radicaux mais aussi les « divers gauche », le Front de gauche et soyons fous, les écolos. Il a dû échapper à Manuel Valls que sa nomination à Matignon a transformé le Front de gauche et les écolos en opposants résolus à sa politique, et que l’addition sous le terme de gauche qu’il se permettait ressemblait à celle qui consiste à additionner des pommes, des poires et des scoubidous pour faire croire qu’il existe toujours une corbeille de fruits.

De même, en additionnant droite et divers droite, il permettait aux « républicains » de reléguer le FN en troisième position. Mais c’est dans le détail des résultats que le surréalisme et l’imagination ne pouvaient que susciter l’admiration des grands et des petits. C’était la valse des étiquettes, comme quand on voulait parler, dans le monde d’avant, de l’inflation. Pratiquement à chaque canton, la nomenclature changeait. Parfois, c’était Union de la droite, ou UMP ou Union centriste contre, au choix, Union de la gauche, Majorité départementale, PCF, EELV ou divers gauche. Il n’y avait guère que le FN qui était toujours appelé FN, et encore, si on ne se trouvait pas en présence des frères ennemis de la Ligue du sud de Jacques Bompard.

Pour prendre l’exemple très concret de mon canton, mon vote a bien été comptabilisé comme Front de gauche (le binôme était exclusivement PCF) mais dans le canton voisin de Lille-3, un mystérieux binôme « divers gauche » faisait plus de 20%. De fait, ces divers gauche étaient constitués d’une candidate PCF et des écologistes. Mais il n’aurait surtout pas fallu faire apparaître cela sous une quelconque étiquette pouvant laisser penser qu’une candidature de la gauche de la gauche faisait un score plus qu’honorable, comme ce fut le cas partout où cette union rouge et verte a joué.

Je résume. Pour le FN, on relativise et pour la gauche de la gauche, on masque. Chapeau l’artiste ! Je vais donc suggérer, pour le second tour, que messieurs Valls et Cazeneuve affinent encore leur taxinomie en leur proposant les étiquettes suivantes :

-FN-RBM pour le FN bleu marine que l’on pourrait affiner en FN-RBM-N et FN-RBM-S, respectivement pour Nord et Sud puisque ce n’est pas du tout le même électorat.

-FN-diss. : on va bien trouver quelques candidats en délicatesse avec le Front pour des raisons locales.

-FN-app., pour apparentés, genre extrême-droite qui ne dit pas son nom franchement.

Pour l’UMP, ce sera encore plus facile :

-UMP-sarkozyste pour les ninistes

-UMP-juppéiste pour les partisans du front républicain, auxquels viendront s’adjoindre les UDI, les Modem, les UC (pour union centriste) voire avec un peu de chance les VG (vieux giscardiens)

-UMP-CH pour UMP canal historique (les derniers chiraquiens, fréquents en Corrèze.)

Pour la gauche de la gauche encore présente au deuxième tour, ne pas hésiter à diviser entre FDG, PG, PCF, Ensemble voire TS (non pas pour tentative de suicide mais pour Trotskisme et Dialogue.), EELV, Écolos, Amis des animaux.

En revanche, évidemment, pour le PS on garde juste l’étiquette PS.

Ainsi, au soir du second tour, le PS aura gagné de fait la majorité relative des départements français. Et Manuel Valls pourra justement se targuer d’une approbation massive du peuple français pour sa politique, ce que d’ailleurs chacun constate chaque jour.

*Photo : BEBERT BRUNO/SIPA. 00708644_000026.

Doubs : vers une majorité UMPS introuvable?

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Le président socialiste du Conseil général du Doubs a senti passer le vent du boulet. Candidat dans un canton certainement découpé sur mesure pour lui, comportant pour les deux-tiers une partie de la ville de Besançon, et le dernier tiers des communes péri-urbaines et rurales, Claude Jeannerot devrait être réélu dans la prochaine assemblée départementale, et éviter le sort de son voisin jurassien Christophe Perny, distancé de quinze points par l’UMP à Lons-le-Saunier. Tout cela s’est joué à vingt-et-une voix, qui ont permis au FN de devancer le binôme UMP et d’empêcher ainsi la droite d’être présente au second tour, avec une probabilité non-négligeable de faire tomber « le président ». Face au binôme frontiste, Jeannerot aura la tâche beaucoup plus facile dans son canton.

Est-ce parce qu’il a l’impression d’avoir échappé au pire que Jeannerot croit aujourd’hui pouvoir garder également son fauteuil de Président ? Un peu comme ces équipes de football dominées, sauvées par leurs montants ou un arrêt miraculeux du gardien de but, et qui sont saisies d’euphorie pour aller chercher une victoire inespérée. Le département du Doubs compte dix-neuf cantons. On peut penser que huit sont d’ores et déjà acquis à la droite, et cinq à la gauche. Le Front national devrait en remporter deux. Dans le canton de Bavans, il est en tête d’une triangulaire, et sera confronté aux deux mêmes adversaires qu’au premier tour. Dans celui de Bethoncourt, il sera en duel avec la gauche. Avec des reports de droite similaires à ceux de la fameuse élection législative partielle de février, le binôme FN devrait réussir là où Sophie Montel avait échoué, surtout dans un contexte où toute la France n’aura pas les yeux braqués sur cette élection-là.

Restent quatre cantons, dont trois à Besançon, opposant droite et gauche, et un dernier à Audincourt, mettant là encore aux prises gauche et FN. Ces quatre cantons feront la décision. La droite doit emporter deux cantons bisontins pour obtenir la majorité absolue. La gauche, en emportant ces quatre cantons, pourrait décrocher une majorité relative. On peut aussi parvenir à une égalité parfaite entre droite et gauche, avec huit cantons chacun, faisant du FN l’arbitre des élégances du troisième tour avec trois cantons. Le Conseil départemental du Doubs serait alors ingouvernable, sans qu’on sache aujourd’hui vraiment qui compterait dans ses rangs le doyen d’âge décisif. Tout dépendra en fait de la capacité de la droite de Besançon à convaincre davantage d’électeurs frontistes que Nicolas Sarkozy entre les deux tours de l’élection présidentielle. Avec des reports similaires, la gauche gagnera ces trois cantons bisontins. Si la droite convainc 70% des électeurs FN, elle aura sa majorité absolue et Claude Jeannerot ne sera qu’un conseiller d’opposition.

À cette aune, on comprend mieux pourquoi Nicolas Sarkozy ne souhaite pas énerver les électeurs du FN en cédant à la théorie du « barrage » et autre « front républicain ». Car si le FN sera présent dans une proportion inédite de cantons dimanche, ce sont les duels gauche-droite qui feront la différence pour faire basculer la majorité politique des départements.

*Photo : France 3.

Alain Finkielkraut commente le résultat des élections israéliennes

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Alain Finkielkraut Netanyahou Obama Israël Etats-Unis fessée

Quelques jours après l’annonce des résultats des élections israéliennes, Alain Finkielkraut réagit à la victoire du Premier ministre sortant Benyamin Netanyahou. Expliquant que les Israéliens ont fait passer leur inquiétude sécuritaire avant les questions sociales, il se prononce pour une reprise des négociations avec les Palestiniens – pour peu que Mahmoud Abbas rompe avec le Hamas – et condamne la colonisation des territoires. En somme, il faudrait diviser « la pizza » sans qu’une des deux parties ne la déguste en même temps qu’elle en négocie le partage.

Pays de merde?

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Zlatan Ibrahimovic« Pays de merde », a dit Zlatan — l’homme qui s’est fait un prénom qui genuit nominem (« zlataneries ») qui genuit un bon paquet de khonneries magistrales. Autrefois on citait Hugo, désormais on s’esbaudit de Zlatan. Sic transit.
(Je ne sais pas ce que j’ai à parler latin ce soir. Par réaction sans doute : depuis que Najat Vallaud-Belkacem a décidé de faire de la culture classique une note de bas de page dans des programmes scolaires repensés selon la loi de Sainte Interdisciplinarité et du Bienheureux Foutage de gueule, je suis porté à caresser derechef ce chef d’œuvre en péril — les humanités classiques…).
La Marine en a profité pour ressortir le vieux slogan sarkozyste — avec une variante : « Ceux qui considèrent que la France est un pays de merde peuvent la quitter », a-t-elle dit. Comme si Zlatan allait quitter un pays qui lui assure un revenu (hors publicité) de 18 millions d’euros par an — en 2014.
« Pays de merde » : et aussitôt les médias (qui n’ont décidément rien de mieux à faire, au moment où l’Etat islamique faisait plus de 140 morts au Yemen dans des attentats–suicides au cœur des mosquées chiites) de s’emballer, la France qui tweete de gazouiller ses protestations, et les politiques de se répandre, y compris le Premier ministre invité à ce sommet de la pensée qu’est le Grand Journal : « Un grand footballeur doit être un exemple », bla-bla-bla, a-t-il répondu à une question intelligente d’Antoine de Caunes (mimique absolument désolée de Polony, durant ces déclarations bien senties — elle a compris, bien sûr, ce que Communication veut dire, dans le langage de ces têtes creuses, mais visiblement elle ne s’en remet pas).
Le magazine suédois Fokus (apparemment un excellent magazine, qui tire aussi bien à droite qu’à gauche — le modèle de ce que pourrait être Marianne avec un peu plus de pugnacité) a bondi sur l’occasion :

Zlatan Ibrahimovic

Je parle le suédois comme De Gaulle parlait les langues étrangères, et je traduis : « Croissance zéro, 10% de chômeurs, le Front National en route vers une victoire électorale. Pas un pays de merde ? »
Ils sont sympas, ils ont mis un point d’interrogation que l’on sent toutefois quelque peu rhétorique.

Il y a bien des manières de répondre aux Suédois.
D’abord, que tous les pays, à un moment ou un autre, ont expérimenté une croissance zéro — et parfois négative. Que la Grèce peut être dans les ennuis, mais qu’elle reste la Grèce. Qu’aux vertus luthériennes nous opposons la finesse méditerranéenne. Que l’Académie suédoise, comme on dit, a couronné bien plus de Français que de Suédois, et dans tous les domaines. Que leurs voyous, ma foi, n’ont rien à envier aux nôtres. Qu’il est des néo-nazis scandinaves bien plus radicaux que nos nostalgiques de l’OAS, comme dirait Anders Behring Breivik… Et que quand on est venu chercher un général républicain en France pour en faire la souche d’une lignée de rois suédois…
Et que… et que…
Certes, certes…

Mais les Français ont eux-mêmes oublié, ces derniers temps, combien ils furent grands. Au moment où le chômage se porte si bien, on devrait rallumer le flambeau des vieilles gloires françaises. Au lieu de ça, on passe son temps à battre sa coulpe, à s’accuser de tous les crimes du colonialisme, à laisser grignoter sa culture par un conglomérat de rappeurs. Et on se console en regardant TF1, en s’abonnant au djihad ou en gazouillant à vide sur la dernière zlatanerie. Du coup, on va porter la Marine au pouvoir, sans illusion — et un pays qui perd ses illusions est tout près de sombrer.
Bref, décadence.
Mais rien n’a été fatal. Nous ne sommes pas les objets d’une vengeance divine — étant entendu que Dieu, hein… Nous nous sommes tricoté notre petite décadence dans notre coin à main d’homme. Les Français n’ont rien oublié : on leur a effacé la mémoire.

On nous a démantibulé une école qui fut la première au monde, en qualité et en ombre portée. Nous en sommes arrivés à croire que BHL est philosophe et conseiller militaire, que les énarques sont forcément compétents, que Sarkozy pourrait revenir, faute de concurrence, ou faute d’excès de concurrence, que Hollande est de gauche et Macron aussi. On veut nous faire croire, d’ailleurs, qu’il y a encore une droite et une gauche, alors que tout le monde voit que c’est blanc bonnet, bonnet blanc, comme disait le PC à l’époque où il y avait encore un PC. Notre décadence est une décadence imposée — tout comme on nous a imposé un FN à 30 ou 40%, rien que pour sauver un PS en débandade, ou que l’on tente de nous convertir au communautarisme, juste pour ramasser une partie du vote musulman, conformément aux directives de Terra Nova, le think tank du PS (ces gens-là sont incapables de dire « Cercle de réflexion » : english is better), qui pense que les enfants d’immigrés peuvent utilement remplacer, dans les urnes, le vote des ouvriers et des employés, que ces bobos Rive Gauche-Droite pensent désormais défunts.
Le poisson pourrit par la tête — à l’Elysée et à Matignon, et dans une foule d’instances européennes pour lesquelles nous n’existons pas. La décadence est au sommet de l’Etat — pas forcément dans les couches populaires, parce qu’il existe encore un peuple de France qui un de ces jours décapitera à nouveau ses rois.
Un jour.
Dans dix mille ans, disait Léo Ferré. Ou demain.

Emino, le rap et le califat : une histoire d’amour

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On connaissait depuis longtemps le lien entre culture rap et posture mafieuse. On se souvient de ce magnifique titre de 50 cent « PIMP » qui glorifiait la vie suave du rappeur proxénète ou, plus tôt, les « Ten Crack Commandments » de Notorious B.I.G. qui nous donnait la panoplie du parfait dealer musicien.

Or, un pont nouveau s’est crée entre le rap et un comportement social : l’islamo-rap. Emino, rappeur tunisien, connu pour sa passion pour l’alcool et les substances psychotropes s’est récemment expatrié pour rejoindre Raqqa, capitale de l’Etat islamique, reconnaissant au passage le calife Al-Baghdadi comme chef suprême des musulmans.

Son post sur Facebook annonçant la nouvelle est couvert de likes et de commentaires plus ou moins élogieux. Une surprise, certes, mais surtout pour ceux qui ne veulent rien voir. Depuis de très nombreuses années, sévissent dans les banlieues françaises mais encore davantage de l’autre côté de la méditerranée un rap de type religieux et revendicatif. Aujourd’hui, on peut être bercé par le flow doucereux d’un « Médine », nous invitant à « Don’t laïc » ceux qui s’opposent au voile islamique.

Encore plus récemment, on a pu apprécier la subtile voix du petit chouchou des médias Abd Al Malik raconter sur toutes les chaines que Charlie répandait l’islamophobie. Comme quoi, le hip-hop n’est pas toujours une musique de paix et d’amour.

Attentat du Bardo : il n’y pas de fumée sans feu

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attentat bardo ennahda

Dans son discours prononcé le 20 mars à l’occasion du 59ème anniversaire de la fête de l’Indépendance, le président Béji Caïd Essebssi est revenu sur les attentats de la veille, au musée du Bardo, en appelant à « l’unité nationale ». Le propos du nouveau chef de l’État est certes ferme et poignant, notamment grâce à l’usage systématique du dialectal tunisien avec lequel le nouveau locataire de Carthage cherche à s’inscrire dans le droit fil de Habib Bourguiba, dont il a été le ministre pendant plusieurs années, mais, comme nous l’avons dit ici même il y a quelques mois, « n’est pas Bourguiba qui veut ». Ne tournons pas longtemps autour du pot et disons les choses de la façon la plus simple et la plus directe : Habib Bourguiba n’aurait jamais accepté que certains promoteurs déclarés du terrorisme fussent présents au palais présidentiel de Carthage à l’occasion de la fête de l’Indépendance. D’ailleurs certains ne sont encore en vie que grâce à celui qu’ils appellent « le second déchu », Ben Ali, le premier étant Bourguiba lui-même.

Si l’expression française « il n’y a pas de fumée sans feu » signifie que tout événement a nécessairement une cause, il existe une expression tunisienne qui dit autre chose avec presque les mêmes mots : « il met le feu et s’interroge sur l’origine de la fumée ». C’est en effet ce qui se passe avec Rached Ghannouchi, le gourou du parti islamiste Ennahdha, ainsi qu’avec les intellectuels de la même obédience à l’instar de Tariq Ramadan, lorsqu’ils cherchent à trouver la quadrature du cercle et que, phénomène extraordinaire, ils semblent y parvenir avec la complaisante complicité des partisans des demi-mesures. Hélas, quand le sang coule à flots et de façon à la fois systématique et organisée, dans des assassinats ciblés, comme ceux des opposants Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi le 6 février et le 25 juillet 2013, ou au cours de tueries comme celles de Charlie Hebdo à Paris le 7 janvier et du musée du Bardo à Tunis le 19 mars 2015, il est plus que vain de parler d’esprit d’unité, de solidarité et de République contre la terreur rampante. Il faut d’abord commencer par frapper la terreur en s’en prenant à ses antennes apparentes, les exécutants n’étant que de vils épigones à la solde de maîtres à penser évoluant à visage découvert. Il nous est inutile d’accuser en criant haut et fort que Rached Ghannouchi et son parti Ennahda sont coupables et qu’ils doivent répondre de leurs actes. Il n’y av   ait pas de terrorisme avant eux en Tunisie. Cela va sans dire.

D’un autre côté, quand bien même les implications directes de Rached Ghannouchi et d’Ennahdha ne seraient pas prouvées, il tombe sous le sens que l’avènement du terrorisme a coïncidé avec le retour de Rached Ghannouchi et de certaines des figures de son parti sur la scène politique tunisienne à l’issue de la révolution du 14 janvier 2011. Pis encore, ce que Moncef Marzouki a appelé à Paris même le 18 juillet 2012 « les dérapages salafistes»[1. Cf. le discours de Moncef Marzouki devant l’Assemblée nationale française, 18 juillet 2012.] s’est transformé en assassinats, exécutions et attentats salafistes, ce qui, dans la bouche du chef de l’exécutif d’alors, était plus qu’inadmissible, surtout après les événements du 14 septembre 2012, au cours desquels on a vu des hordes de barbus prendre d’assaut l’ambassade des États-Unis d’Amérique après l’affaire d’un film soi-disant « contre le prophète », film que personne bien évidemment parmi les vengeurs assaillants n’a vu. Les exemples de « dérapages » ne manquent pas et on nous a chaque fois servi une explication relevant de la science-fiction, de celle qui présente les salafistes comme les « dignes enfants » du cheikh Ghannouchi lui rappelant sa jeunesse et annonçant à ses yeux « une nouvelle culture », ou de celle où les mêmes « dignes enfants » ne « viennent pas de la planète Mars » et que nous nous devons de les « comprendre et de cohabiter avec eux », ou de celle encore où « seuls des sportifs s’entrainaient au mont Châambi », avant que la zone ne se transformât en maquis à partir duquel les djihadistes ont mené plusieurs attaques au cours desquelles des dizaines de soldats ont trouvé la mort.

On parle en France de « l’esprit du 11 janvier ». La marche était à vrai dire impressionnante, même si on ne comprend pas l’absence du président des États-Unis d’Amérique et la présence de chefs d’États dont les rapports avec le fanatisme et le terrorisme sont plus solides qu’avec la tolérance et les droits de l’homme. On parle aujourd’hui d’un même phénomène suite aux attentats du Bardo. Sans doute cela est-il aussi légitime que nécessaire. La lutte contre le terrorisme islamiste étant plus que jamais planétaire, mais cette lutte serait inutile avec l’existence de partis, d’hommes politiques, de prédicateurs et d’intellectuels douteux. Nous l’avons dit et répété ici et ailleurs à propos de Rached Ghannouchi, du Mouvement Ennahda et de Tariq Ramadan. Il ne s’agit en aucun cas de jeter l’anathème sur ces hommes, sur les partis, les idées ou la religion qu’ils représentent. Il s’agit avant tout de s’interroger et d’imposer le questionnement comme règle primordiale, car si le premier étant un homme politique, auteur d’opuscules théo-idéologiques, et l’autre se disant penseur et cultivant à fond le culturalisme, ce nouveau fond de commerce politico-identitaire, les deux hommes fonctionnent de la même façon : leur discours est double, incontestablement. Rached Ghannouchi, dans son prêche du vendredi 20 mars, déclare ceci qui s’oppose à tout ce que son passé, voire son histoire incarne : « Les terroristes ne lisent ni ne suivent le Coran, affirme-t-il, et en agressant les étrangers, ils nous agressent. »

C’est cela le double discours de Rached Ghannouchi. Tariq Ramadan n’en est pas moins coupable. Il est impossible, nous semble-t-il, de chercher à guérir une maladie, celle de l’islam en l’occurrence, avec des médecins (les politiques) et des remèdes (les intellectuels) qui sont eux-mêmes atteints par le mal qu’ils feignent neutraliser. Or, les Nemmouche, les Merah, les Gaghgadhi, les frères Kouachi, les Coulibaly, les Yassine Lâabid, les Jabeur Khachnaoui et jusqu’à Abou Bakr Baghdadi lui-même, ne sont pas importants tant qu’ils œuvrent en hommes de main, en assassins, en bandits en somme. Ceux qui incarnent un véritable danger sont en revanche ceux qui ont pignon sur rue et qui ― et nous les avons vus en Tunisie le jour même des attentats du Bardo ― ont élu demeure sur les plateaux de radio et de télévision, comme s’ils attendaient cette occasion, ces événements, ces attentats, ces assassinats pour revenir et occuper les devants de la scène qu’ils avaient abandonnée défaits aux législatives et à la présidentielle. Aussi sont-ils de retour, à peine trois mois après leurs défaites, pour nous expliquer que ni eux, ni leurs partis, ni leur religion n’ont rien à voir avec tout cela. Mais nous savons qui ils sont et nous nous sommes souvent à raison demandés à qui profite le crime. Au Bardo, musée historique de Tunis, à quelques mètres de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), c’est l’exception démocratique tunisienne qu’on a cherché à assassiner en s’en prenant aux invités de la nouvelle Tunisie. Allons, pour ce qui est des attentats du Bardo : il n’y a pas de fumée sans feu !

*Photo : SIPA. 00708581_000001.

Départementales : la drôle de «défaite» du FN

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Marine Le Pen FN départementales 2015

Les grandes manœuvres ont commencé. Hier soir, si chaque chaîne y allait de son estimation au doigt mouillé, tous les instituts et journalistes autorisés s’accordaient sur un point : le FN n’était plus le premier parti de France. Oubliés les 25% des Européennes, scrutin au terme duquel le parti de Marine Le Pen devançait l’UMP et le PS ? Pas si vite. Manuel Valls et Nicolas Sarkozy ont beau se réjouir de conserve du succès des listes UMP-UDI-Modem, une alliance signée en bonne et due forme à la base et au sommet, qui arrivent en tête des suffrages avec 32% des voix au plan national, le ministère de l’Intérieur n’est pas de cet avis.

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Sur les tableaux de chiffres, le seul parti dont les performances apparaissent incontestables est le Front national et ses fameux 25 % – tout simplement parce que le FN, paria de la politique française, ne s’est dilué dans aucune coalition (quoi qu’en dise Apolline de Malherbe sur BFM selon laquelle « si le Front national avait voulu s’allier avec d’autres partis, il l’aurait fait » (sic). Certes, le Rassemblement Bleu Marine est également censé rassembler la nébuleuse marinistes bien-au-delà de la sphère frontiste, mais soyons sérieux : comme me le soufflait un cadre lepéniste il y a quelques mois, « le RBM n’existe que dans la tête de Gilbert Collard ! »

Pour une « défaite » frontiste, c’en est une : la vague bleu Marine déferle en pole position sur plus d’une quarantaine de départements, y compris d’anciennes terres de mission que l’on croyait préservées de l’extrême droite ad vitam : Côtes d’Armor, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Orientales, Tarn, Tarn-et-Garonne, etc.  Moins étonnants, la percée foudroyante du Front dans le Vaucluse et le Gard, où l’UMP pourrait avoir maille à partir avec ses candidats aux deuxième et troisième tour de scrutin – souviens-toi des régionales de 1998…

Affrontons-nous un grand magouillage des chiffres ? Ce n’est pas si simple. Encore une fois, le diable est dans les détails… et la question des alliances. Ainsi, parler de « total des voix de gauche » n’a pas grand sens dans un pays où le Front de gauche – qui tient solidement sur ses positions, notamment grâce à l’implantation du PC dans ses derniers fiefs – a voté la motion de censure contre Manuel Valls. D’un autre côté, les militants frontistes auront beau jeu d’extraire les chiffres bruts du ministère de l’Intérieur, qui omettent de préciser que le PS fait tantôt cavalier seul, tantôt s’allie avec les Verts, les communistes, les mélenchonistes, etc. Les 13% du « binôme socialiste » ne veulent donc rien dire, ou presque.

Mais chacun voit midi à sa porte. Valls se persuade de l’efficacité d’une stratégie de rediabolisation qui a certes porté ses fruits à gauche – mais n’empêche ni la déroute socialiste, ni la déferlante frontiste sur la France périphérique. Les anti-Duflot coalisés chez les Verts excipent de scores déplorables – dans les cantons où EELV se présentait seul – pour faire la peau à leur ex-patronne, avant de batifoler sous les lambris de Solferino.

Quant aux centristes, s’ils ont de quoi se réjouir du grand nombre d’élus que leur a apporté la politique d’union au premier tour, ils voient d’un très mauvais œil l’UMP tirer toute la couverture. En vertu de quoi Lagarde, Bayrou et Jégo ont bruyamment fait entendre leur préférence pour le barrage au FN et contre le ni-ni sarkozyste. Nul doute qu’ils seront rejoints  ces jours-ci par quelques poids-lourds dissidents de l’UMP.  Vous avez dit « union » ?

*Photo : CHAMUSSY/SIPA/1503222302.

La question de la fessée

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Alors que la France débloque des fonds pour faire la guerre aux djihadistes, on a peut-être enfin trouvé la solution pour enrayer le terrorisme : arrêter de donner des fessées. En effet, en mettant un terme à celles-ci, on « enlève les racines de la violence dans une société », a estimé, dans une interview parue sur le site du Monde le 4 mars, la pédiatre Edwige Antier.

Comment ne pas être bouleversé par une telle révélation ? D’ailleurs, c’est sans nul doute parce qu’ils en ont reçu qu’autant de jeunes partent faire le djihad.

L’homme serait donc bon par nature, et les fessées seraient responsables de la violence des sociétés. Cette théorie aurait certainement plu à Rousseau, lui qui pensait que seule la société corrompait l’homme et qui ne voyait la fessée que comme une punition qui avait « décidé de [ses] goûts, de [ses] désirs, de [ses] passions, de [lui] pour le reste de [sa] vie, et cela précisément dans le sens contraire à ce qui devait s’ensuivre naturellement », non sans avouer toutefois que son rapport à celle-ci avait pu être faussé par le fait qu’elle lui ait été administrée, non par ses parents, mais par un autre adulte du sexe féminin « le même châtiment reçu de son frère ne m’eût point du tout paru plaisant. »

Mais faisons confiance à Rousseau. Un homme qui a abandonné cinq enfants ne peut être qu’un vrai professionnel en matière d’éducation.

On ne compte plus, depuis que le Conseil de l’Europe a recommandé à la France d’interdire la fessée le nombre de pédiatres et de journalistes qui y vont de leur couplet contre la fessée.

Parce que la fessée se prend une déculottée dans de nombreux pays européens (23 pays l’ont interdite), il faudrait nécessairement que la France baisse son pantalon et obéisse au risque de se faire taper sur les doigts ?

C’est toujours étonnant de constater à quel point la fessée cristallise le débat.

Il y a pourtant des gens qui maltraitent leurs enfants sans les fesser, d’autres qui les fessent sans les maltraiter et d’autres pour qui la fessée fait partie d’une longue liste de brimades qui s’apparentent à de la maltraitance. La psychanalyste et thérapeute familiale Caroline Thompson assure d’ailleurs dans un article paru sur Le Monde.fr le 3 mars : « Dans ma pratique, ce n’est pas le problème principal évoqué par les enfants ou les adultes quand ils parlent de leur enfance. Les violences psychologiques, sur lesquelles il est impossible de légiférer, viennent loin devant. »

La fessée ne devrait sans doute pas être la pierre d’achoppement du débat sur l’éducation des enfants. En revanche, les réactions qu’elle suscite sont extrêmement révélatrices de l’évolution de notre société.

Si la fessée a disparu de nombreux pays, il est intéressant de voir a contrario que les adultes, ceux qu’on désignait il n’y a pas si longtemps par l’expression « grandes personnes » ont de plus en plus de mal à oser transgresser les règles européennes et s’infantilisent de plus en plus, n’hésitant pas, comme dans la cour de récré, à dénoncer les uns (les méchants qui donnent des fessées) pour être bien vus des autres (les gentils qui n’en donnent pas).

Les arguments avancés par les abolitionnnistes de la fessée sont, à ce titre, très intéressants à analyser.

Pour la psychanalyste Claude Halmos, dans le même article, la fessée « donne l’exemple de la loi du plus fort ! Donner une fessée, c’est user et abuser d’un rapport de force inégal entre l’adulte et l’enfant. » Pour le pédiatre Aldo Naouri, de tels gestes sont même « attentatoires à la dignité de l’enfant. »

Tout contact physique qui ne serait pas une caresse serait donc fatalement vécu comme de la violence. Que dire alors des grandes tapes dans le dos que l’on peut donner à des amis ou des gifles que se mettent parfois certains joueurs de foot pour célébrer un but ? Accuserait-on les docteurs ou les chirurgiens de violence lorsque pour nous guérir, ils se voient parfois contraints de nous faire mal ? Assimiler la douleur à la violence est un abus de langage. Il n’y a violence que lorsqu’elle est vécue comme telle par les protagonistes. Inversement, certaines violences sont, sur le coup, indolores.

Un deuxième argument des anti-fessées consiste à considérer qu’il n’y a pas de distinction à faire entre le rapport de l’adulte à l’enfant et celui de l’adulte à un autre adulte. La psychiatre Muriel Salmona, l’une des plus virulentes à l’égard de la fessée, dans un article publié sur Le Plus l’année dernière, déclarait : « En toute incohérence frapper un adulte – même beaucoup plus fort que soi –, l’humilier verbalement est considéré comme une atteinte à ses droits et à sa dignité, alors que frapper un enfant – même tout petit – et l’humilier, peut être considéré comme normal pour un parent, si c’est pour le corriger et l’éduquer. »

Passons rapidement sur l’association plus que douteuse et pour le moins arbitraire de « frapper » et « humilier verbalement ».

Mettre sur le même plan la relation entre adultes et celle de l’adulte à l’enfant, c’est oublier un peu vite que toute personne n’est pas à éduquer. Si l’enjeu est bien de savoir si la fessée peut avoir des vertus éducatives, quelle pertinence peut-il y avoir dès lors à la mettre en parallèle avec les relations entre adultes ?

Un autre argument souvent avancé par les détracteurs de la fessée est qu’elle n’est qu’un défouloir pour les parents. La journaliste du Monde Gaëlle Dupont précise que « Les corrections sont souvent données en fonction de l’humeur du parent plus que des actes des enfants, et peuvent, de ce fait, servir davantage de défouloir aux adultes que d’outil d’apprentissage. »

On pourrait tout à fait inverser le raisonnement et se demander si la diabolisation de la fessée, n’est pas, pour une part, responsable de la contre-productivité des fessées données. Certains parents se l’interdisent tellement qu’ils finissent par se retrouver dans des situations, où poussés à bout, ils vont administrer à leurs enfants une fessée de défoulement qui n’aura aucun effet bénéfique, ni pour le parent qui va culpabiliser de n’avoir pas su se maîtriser ni pour l’enfant qui verra dans ce manque de maîtrise, au mieux une victoire sur l’adulte, au pire ce profond sentiment d’injustice que peut provoquer l’absence de sens.

Bref, on voit aisément que cet argument peut-être indifféremment utilisé par les deux parties et n’est donc absolument pas caractéristique des parents qui donneraient des fessées.

Un autre argument des anti-fessées consiste à lui dénier toute possibilité de faire sens pour l’enfant. Pour la psychanalyste Claude Halmos, « le but de l’éducation est que l’enfant se soumette aux règles parce qu’il en a compris le sens. La fessée ne lui apprend rien. »
En quoi donner une fessée empêcherait-il de comprendre les règles ? Cela sous-entendrait-il que seule la parole permet de les comprendre ? Les enfants ne transgresseraient donc jamais les règles une fois qu’ils les ont comprises ? L’éducation ne se transmet-elle pas aussi par l’exemple et la fessée ne peut-elle pas être envisagée comme une limite que l’on pose à l’enfant ?

« Non » répondent les spécialistes, il y a d’autres alternatives. Lesquelles ?

Pour Edwige Antier, « les alternatives sont la parole dans tous les cas, la diversion (pour les plus petits que l’on veut empêcher de faire certains gestes), l’éloignement du parent énervé et l’isolement de l’enfant en période de crise (pour les plus grands) ». Si avec ça, on n’éradique pas définitivement la violence, c’est à n’y rien comprendre.

En outre, le gros écueil dans la rhétorique des anti-fessée est que toute leur argumentation est englobante. La fessée est tout le temps prise dans un tout qui va « des punitions corporelles »  aux « châtiments corporels » en passant par « les coups », « les claques et les fessées », « la maltraitance physique » et j’en passe . Or toutes les études scientifiques ou sociologiques qu’ils citent à longueur de temps ne distinguent jamais fessées et violence domestiques.

Dire que la maltraitance est nocive pour les enfants et qu’il faut donc supprimer la fessée semble alors aussi ridicule que de dire que les paroles blessantes n’aidant pas l’enfant à se développer, il faut supprimer tout acte de parole dans l’éducation.

Enfin, on notera la tendance extrêmement réductrice et manichéenne des anti-fessées à opposer systématiquement « méthodes éducatives dites positives » et « fessées », comme si l’un ne pouvait pas aller sans l’autre.

Il va de soi que pour réussir l’éducation de ses enfants, mieux vaut ne pas être tout le temps sur le même mode. Etre constamment dans le reproche ou la sanction ne fonctionne sans doute pas, et l’enfant a besoin de faire confiance à ses parents pour obéir autrement que par crainte. Mais n’est-il pas possible d’allier les deux ?

« C’est ce que pense également le pédopsychiatre Maurice Berger, l’un des rares à préconiser la fessée. » explique Gaëlle Dupont. « Avec cependant des conditions très précises et complexes à réunir : elle doit être rare, non impulsive, ni trop douce ni trop forte et prendre place sur fond « d’habitudes relationnelles chaleureuses ».
Vite, en prison !

Et quand bien même, malgré la pauvreté des arguments, on resterait un pourfendeur de la fessée convaincu, quel besoin y a-t-il de légiférer là-dessus ? Ne risque-t-on pas de tout confondre ?

Pour Edwige Antier, non, pas question de s’arrêter là. Et la pédiatre de citer bien évidemment la Suède en exemple pour son interdiction de la fessée vieille de 30 ans. Elle serait, selon elle, un exemple comme le prouvent « ses résultats scolaires parmi les meilleurs en Europe » (parmi les pires et les plus en baisse, en réalité).

Trente ans après, la France est donc tout près d’épouser un modèle dont de Nombreux Suédois critiquent la pertinence (voir l’article « La Suède est-elle en train de créer une génération de petits cons ? » sur slate.fr)

Nous aimons bien, en France, nous tourner vers un modèle au moment même où beaucoup d’autres commencent à en cerner les limites. Trois ans après la social-démocratie à la Hollande, la France est peut-être en passe d’ interdire la fessée.

*Photo : wikicommons.

Etats-Unis : les distraits au Moyen-Orient

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us army yemen

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Étant d’un naturel distrait, j’ai un ennemi déclaré avec lequel une longue guerre d’usure est entamée depuis des années : le trousseau de clé. As du déguisement, expert en dissimulation, roi du camouflage, cet odieux détenteur de tous les sésames de ma vie pratique se complaît à me retenir longuement chez moi quand je suis pressé, à m’empêcher de rentrer quand la journée fut longue ou la soirée trop arrosée, se planquant à la moindre occasion tout au fond d’un sac, dans une poche oubliée, sous une feuille, un livre, derrière la radio, sous un coussin ou dans le frigo. Avec la malignité démoniaque commune aux objets dits inanimés qui ont bien entendu une âme, le trousseau de clé disparaîtra de l’emplacement où vous étiez certain de l’avoir déposé la veille pour y réapparaître mystérieusement quand vous aurez regardé partout ailleurs et perdu tout espoir. Au moment où vous le découvrirez à nouveau, encore à demi-dissimulé par un bouquin ou simplement déposé sur l’étagère que vous avez pourtant inspecté dix minutes auparavant, vous entendrez alors résonner dans votre crâne ce discret ricanement métallique. Eh oui, il existe bien un complot mondial des trousseaux de clés et autres objets visant à nous faire perdre notre temps et à nous rendre fous jusqu’à parvenir à la destruction de la civilisation telle que nous la connaissons.

J’ai pu découvrir il y a quelques jours que ce complot mondial des objets égarés avait des dimensions que j’ignorais en tombant sur un article du Washington Post révélant que le Pentagone avait perdu la trace de 500 millions de dollars de matériel militaire généreusement offert au gouvernement du Yémen. Mais comme le gouvernement du Yémen est en ce moment confronté à une situation plus chaotique encore que celle de mon salon et que les ambassades américaines ont toutes fermé leurs portes, il ne reste plus personne sur place pour tenir les comptes et savoir ce qu’il est advenu du précieux matériel militaire de l’Oncle Sam.

Et 500 millions de dollars en matériel militaire, ce n’est pas rien, on ne parle pas ici d’égarer une casquette ou une paire de rangers. Ce que le Pentagone ne parvient pas à retrouver, c’est, précisément : 200 fusils d’assaut, 200 pistolets automatiques, 1 250 000 balles, 300 paires de lunettes de vision nocturne (ah ça, les lunettes c’est le grand classique ! On regarde partout et en fait on les a sur le nez), 250 gilets pare-balles, 160 Humvees (des Jeeps mais en plus gros et plus blindé), 4 hélicoptères, 4 drones, 2 Cessna, deux bateaux de patrouille et un avion de transport militaire. « Nous devons nous résigner à admettre qu’ils ont été perdus », a reconnu un conseiller militaire qui a souhaité conserver l’anonymat en raison du caractère archi-sensible de l’information. On le comprend, c’est plus facile de dire « ah ben je ne comprends pas, il était là et puis pouf il n’est plus là » à propos de son trousseau de clé que d’un avion de transport de 25 mètres de long. C’est comme égarer un bateau de patrouille ou un hélicoptère, ça fait désordre.

Il ne faut cependant pas trop se moquer du Pentagone. Cela peut arriver à tout le monde. La preuve, en 2011 déjà, les parlementaires britanniques avaient cru bon de tirer la sonnette d’alarme pour avertir le ministère de la Défense de la disparition de 7 milliards d’euros de matériel. Hormis du matériel de communication high-tech d’une valeur de 200 millions de dollars, il n’a jamais été précisé ce qui était exactement déclaré « volé, perdu ou détruit » par le ministère de la Défense britannique dans sa grande ingénuité. Les autorités nucléaires françaises non plus ne sont pas en reste. En 2009, souvenez-vous, elles retrouvaient miraculeusement 40 kilos de plutonium « oubliés » sur le site de Cadarache alors que la direction d’Areva en charge du site n’en répertoriait que huit kilos. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’était alarmée qu’Areva ne soit pas « en mesure de démontrer l’exactitude des inventaires comptables des matières fissiles présentes. » Un responsable de Greenpeace à l’époque, Yannick Rousselet, avait exprimé ses doutes de façon moins administrative : « Comment est-il imaginable qu’on découvre dans un vieil atelier fermé depuis six ans de quoi faire environ 5 bombes nucléaires ? » Un an avant que le démantèlement de Cadarache révèle l’étourderie d’Areva, les autorités militaires américaines avouaient elles-mêmes en 2008 qu’elles avaient perdu la trace de centaines de composants pour missiles nucléaires. Et on ne parle même pas de l’arsenal de l’URSS, ce serait trop long. C’est fou tout ce qu’on peut perdre quand même.

Reste à savoir ce qu’ont pu devenir aujourd’hui les 200 fusils d’assaut, les Humvees, les hélicoptères, les avions et les bateaux égarés par le Pentagone au Yémen. Il y a deux explications possibles. Peut-être ce matériel a-t-il basculé dans la dimension mystérieuse des objets perdus. C’est un endroit situé hors de l’univers euclidien ou l’on retrouve absolument tout ce qui a été perdu un jour ou l’autre : l’espoir, les ambitions, les amours enfuies, le plutonium, les avions de transports, les porte-clés, les fusils d’assaut, les factures, les lunettes de vision nocturne, la foi,  les Humvees, l’inspiration, les galions, les missiles et les petits papiers sur lesquels on note les numéros de téléphone qu’on égare dans la journée. Dans un immense entrepôt si vaste que l’on ne peut en mesurer la taille, des centaines de milliers de petits lutins s’activent pour ranger tous les objets perdus sur des étagères qui grimpent jusqu’au firmament.

L’autre explication est sinon que les groupes rebelles yéménites concurrents soutenus par l’Iran d’une part, ou par Al-Qaïda de l’autre, se sont déjà depuis longtemps emparés de ce matériel qui a peut-être même transité jusqu’à l’Etat Islamique. Les paris sont ouverts. En tout cas, j’ai enfin retrouvé les clefs du Humvee : je les avais bêtement laissé traîner sur la caisse de missiles.

 *Photo : Pixabay.

Manuel, Lider minimo

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Fidel Castro fut surnommé el lider màximo, par la CIA qui voulait l’apparenter aux dictateurs alors en exercice, disent les uns, par ses proches pour flatter leur nouveau maître, assurent les autres. Fidel aimait à poser devant l’objectif, un cigare planté entre les lèvres, imité en cela par le Che, bien plus photogénique d’ailleurs.

Le cigare de Castro, d’une vitole (gabarit) relativement modeste si on le compare aux « barreaux de chaise » qu’on associe volontiers au triomphe et à la puissance, devint fameux sous le nom de Cohiba. Le premier qu’on offrit au Grand barbu n’était pas encore baptisé. La légende rapporte qu’il s’agissait d’un simple « fuma », roulé par le producteur pour sa consommation privée. À ce sujet, on a longtemps prétendu que les regazadoras, en roulant les feuilles de tabac sur leurs cuisses ambrées, leur procuraient une saveur à nulle autre pareille. Il n’en est rien. Cette charmante légende tient son origine dans l’opéra Carmen, de Georges Bizet, d’après Prosper Mérimée, dont l’héroïne, en effet, se livre à cette opération dans la fabrique qui l’emploie.

Le tabac est soumis habituellement à deux fermentations en fût, alors que les feuilles du Cohiba en subissent une troisième, qui leur procure une suavité caractéristique. Aujourd’hui, c’est une marque prestigieuse, déclinée en plusieurs tailles. Les amateurs classent premier des cubains le Cohiba BHK 52, devant le Partagas lusitanias. Le Romeo y Julieta Churchills reserva arrive en troisième position.

Or, Manuel Valls, dimanche soir, après avoir pris connaissance du résultat des élections départementales, aurait manifesté son soulagement, voire sa satisfaction, en allumant un cigare devant son poste de télévision : il ne voulait pas manquer le duel du clasico, où s’affrontaient le Real Madrid et le FC Barcelone (2-1 en faveur du dernier).

Il faut dire que l’information officielle, relayée par des journalistes de télévision et de radio qu’on aurait pu confondre avec des militants du Parti socialiste, et largement aidée par des chiffres contradictoires et totalement incompréhensibles, semblait lui servir des félicitations sur un plateau d’argent. D’une défaite cuisante, qui relègue son parti derrière le Front national, et place largement en tête la droite traditionnelle, M. Valls tire une orgueilleuse leçon de « sursaut républicain » provoqué par sa vaillance antifasciste. Il ne s’est trouvé que Yves Calvi, lundi matin, à RTL, pour oser lui dire la vérité de son échec !

Le Premier ministre d’un gouvernement naufragé espère-t-il se sauver de la noyade en appelant à le rejoindre sur son radeau le parti des chlorophylliens d’EELV, ces manœuvriers de couloir, ces politiciens de seconde zone (verte) ? Il faut absolument que quelqu’un se dévoue pour faire entendre à Mme Cosse que son mouvement, son « particule », représente moins de 2% des votants !

Départementales : le Valls des étiquettes

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departementales fn ump ps valls

departementales fn ump ps vallsComment s’y prendre pour rendre des résultats électoraux illisibles ou, à défaut, le moins lisibles possible ? Le premier tour des premières – et qui sait des dernières – élections départementales de mars 2015 resteront, à ce titre, un modèle du genre en matière d’enfumage démocratique. Les experts de la place Beauvau, sous la houlette de Bernard Cazeneuve, se sont, il faut le reconnaître, surpassés. Votre serviteur, ayant rempli son devoir électoral tôt dans la matinée sur le canton de Lille-2, avant de sauter dans un train pour Annecy, n’a pu prendre connaissance des résultats que tard dans la soirée. Et ce, en zappant sur les chaînes infos et en consultant fébrilement les sites Internet qui offraient de jolies cartes interactives, tout en écoutant d’une oreille distraite les déclarations des grands leaders ou encore celle du Premier ministre, qui a atteint des degrés  himalayens d’autosatisfaction. Et ma surprise fut grandissante…

Ce n’est pas compliqué, Valls avait sauvé la République. L’abstention moins forte que prévue ? C’était lui. La quasi-disparition du FN  ? Lui encore. La belle « résistance » du Parti socialiste, lui toujours. On apprenait ainsi que le FN, avec son malheureux quart des voix, était distancé par deux blocs équivalents : la droite républicaine, comme on dit, et la gauche. Première surprise, la gauche aurait donc été pratiquement à égalité avec la droite et le centre. La question, c’est : de quelle gauche parlait-il au juste pour arriver à un total aussi mirifique et inattendu ? Pas de problème, la gauche, c’est bien sûr le PS, les radicaux mais aussi les « divers gauche », le Front de gauche et soyons fous, les écolos. Il a dû échapper à Manuel Valls que sa nomination à Matignon a transformé le Front de gauche et les écolos en opposants résolus à sa politique, et que l’addition sous le terme de gauche qu’il se permettait ressemblait à celle qui consiste à additionner des pommes, des poires et des scoubidous pour faire croire qu’il existe toujours une corbeille de fruits.

De même, en additionnant droite et divers droite, il permettait aux « républicains » de reléguer le FN en troisième position. Mais c’est dans le détail des résultats que le surréalisme et l’imagination ne pouvaient que susciter l’admiration des grands et des petits. C’était la valse des étiquettes, comme quand on voulait parler, dans le monde d’avant, de l’inflation. Pratiquement à chaque canton, la nomenclature changeait. Parfois, c’était Union de la droite, ou UMP ou Union centriste contre, au choix, Union de la gauche, Majorité départementale, PCF, EELV ou divers gauche. Il n’y avait guère que le FN qui était toujours appelé FN, et encore, si on ne se trouvait pas en présence des frères ennemis de la Ligue du sud de Jacques Bompard.

Pour prendre l’exemple très concret de mon canton, mon vote a bien été comptabilisé comme Front de gauche (le binôme était exclusivement PCF) mais dans le canton voisin de Lille-3, un mystérieux binôme « divers gauche » faisait plus de 20%. De fait, ces divers gauche étaient constitués d’une candidate PCF et des écologistes. Mais il n’aurait surtout pas fallu faire apparaître cela sous une quelconque étiquette pouvant laisser penser qu’une candidature de la gauche de la gauche faisait un score plus qu’honorable, comme ce fut le cas partout où cette union rouge et verte a joué.

Je résume. Pour le FN, on relativise et pour la gauche de la gauche, on masque. Chapeau l’artiste ! Je vais donc suggérer, pour le second tour, que messieurs Valls et Cazeneuve affinent encore leur taxinomie en leur proposant les étiquettes suivantes :

-FN-RBM pour le FN bleu marine que l’on pourrait affiner en FN-RBM-N et FN-RBM-S, respectivement pour Nord et Sud puisque ce n’est pas du tout le même électorat.

-FN-diss. : on va bien trouver quelques candidats en délicatesse avec le Front pour des raisons locales.

-FN-app., pour apparentés, genre extrême-droite qui ne dit pas son nom franchement.

Pour l’UMP, ce sera encore plus facile :

-UMP-sarkozyste pour les ninistes

-UMP-juppéiste pour les partisans du front républicain, auxquels viendront s’adjoindre les UDI, les Modem, les UC (pour union centriste) voire avec un peu de chance les VG (vieux giscardiens)

-UMP-CH pour UMP canal historique (les derniers chiraquiens, fréquents en Corrèze.)

Pour la gauche de la gauche encore présente au deuxième tour, ne pas hésiter à diviser entre FDG, PG, PCF, Ensemble voire TS (non pas pour tentative de suicide mais pour Trotskisme et Dialogue.), EELV, Écolos, Amis des animaux.

En revanche, évidemment, pour le PS on garde juste l’étiquette PS.

Ainsi, au soir du second tour, le PS aura gagné de fait la majorité relative des départements français. Et Manuel Valls pourra justement se targuer d’une approbation massive du peuple français pour sa politique, ce que d’ailleurs chacun constate chaque jour.

*Photo : BEBERT BRUNO/SIPA. 00708644_000026.

Doubs : vers une majorité UMPS introuvable?

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doubs fn ump fn

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Le président socialiste du Conseil général du Doubs a senti passer le vent du boulet. Candidat dans un canton certainement découpé sur mesure pour lui, comportant pour les deux-tiers une partie de la ville de Besançon, et le dernier tiers des communes péri-urbaines et rurales, Claude Jeannerot devrait être réélu dans la prochaine assemblée départementale, et éviter le sort de son voisin jurassien Christophe Perny, distancé de quinze points par l’UMP à Lons-le-Saunier. Tout cela s’est joué à vingt-et-une voix, qui ont permis au FN de devancer le binôme UMP et d’empêcher ainsi la droite d’être présente au second tour, avec une probabilité non-négligeable de faire tomber « le président ». Face au binôme frontiste, Jeannerot aura la tâche beaucoup plus facile dans son canton.

Est-ce parce qu’il a l’impression d’avoir échappé au pire que Jeannerot croit aujourd’hui pouvoir garder également son fauteuil de Président ? Un peu comme ces équipes de football dominées, sauvées par leurs montants ou un arrêt miraculeux du gardien de but, et qui sont saisies d’euphorie pour aller chercher une victoire inespérée. Le département du Doubs compte dix-neuf cantons. On peut penser que huit sont d’ores et déjà acquis à la droite, et cinq à la gauche. Le Front national devrait en remporter deux. Dans le canton de Bavans, il est en tête d’une triangulaire, et sera confronté aux deux mêmes adversaires qu’au premier tour. Dans celui de Bethoncourt, il sera en duel avec la gauche. Avec des reports de droite similaires à ceux de la fameuse élection législative partielle de février, le binôme FN devrait réussir là où Sophie Montel avait échoué, surtout dans un contexte où toute la France n’aura pas les yeux braqués sur cette élection-là.

Restent quatre cantons, dont trois à Besançon, opposant droite et gauche, et un dernier à Audincourt, mettant là encore aux prises gauche et FN. Ces quatre cantons feront la décision. La droite doit emporter deux cantons bisontins pour obtenir la majorité absolue. La gauche, en emportant ces quatre cantons, pourrait décrocher une majorité relative. On peut aussi parvenir à une égalité parfaite entre droite et gauche, avec huit cantons chacun, faisant du FN l’arbitre des élégances du troisième tour avec trois cantons. Le Conseil départemental du Doubs serait alors ingouvernable, sans qu’on sache aujourd’hui vraiment qui compterait dans ses rangs le doyen d’âge décisif. Tout dépendra en fait de la capacité de la droite de Besançon à convaincre davantage d’électeurs frontistes que Nicolas Sarkozy entre les deux tours de l’élection présidentielle. Avec des reports similaires, la gauche gagnera ces trois cantons bisontins. Si la droite convainc 70% des électeurs FN, elle aura sa majorité absolue et Claude Jeannerot ne sera qu’un conseiller d’opposition.

À cette aune, on comprend mieux pourquoi Nicolas Sarkozy ne souhaite pas énerver les électeurs du FN en cédant à la théorie du « barrage » et autre « front républicain ». Car si le FN sera présent dans une proportion inédite de cantons dimanche, ce sont les duels gauche-droite qui feront la différence pour faire basculer la majorité politique des départements.

*Photo : France 3.

Alain Finkielkraut commente le résultat des élections israéliennes

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Alain Finkielkraut Manuel Valls Berlin DSK Carlton

Alain Finkielkraut Netanyahou Obama Israël Etats-Unis fessée

Quelques jours après l’annonce des résultats des élections israéliennes, Alain Finkielkraut réagit à la victoire du Premier ministre sortant Benyamin Netanyahou. Expliquant que les Israéliens ont fait passer leur inquiétude sécuritaire avant les questions sociales, il se prononce pour une reprise des négociations avec les Palestiniens – pour peu que Mahmoud Abbas rompe avec le Hamas – et condamne la colonisation des territoires. En somme, il faudrait diviser « la pizza » sans qu’une des deux parties ne la déguste en même temps qu’elle en négocie le partage.

Pays de merde?

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Zlatan Ibrahimovic

Zlatan Ibrahimovic« Pays de merde », a dit Zlatan — l’homme qui s’est fait un prénom qui genuit nominem (« zlataneries ») qui genuit un bon paquet de khonneries magistrales. Autrefois on citait Hugo, désormais on s’esbaudit de Zlatan. Sic transit.
(Je ne sais pas ce que j’ai à parler latin ce soir. Par réaction sans doute : depuis que Najat Vallaud-Belkacem a décidé de faire de la culture classique une note de bas de page dans des programmes scolaires repensés selon la loi de Sainte Interdisciplinarité et du Bienheureux Foutage de gueule, je suis porté à caresser derechef ce chef d’œuvre en péril — les humanités classiques…).
La Marine en a profité pour ressortir le vieux slogan sarkozyste — avec une variante : « Ceux qui considèrent que la France est un pays de merde peuvent la quitter », a-t-elle dit. Comme si Zlatan allait quitter un pays qui lui assure un revenu (hors publicité) de 18 millions d’euros par an — en 2014.
« Pays de merde » : et aussitôt les médias (qui n’ont décidément rien de mieux à faire, au moment où l’Etat islamique faisait plus de 140 morts au Yemen dans des attentats–suicides au cœur des mosquées chiites) de s’emballer, la France qui tweete de gazouiller ses protestations, et les politiques de se répandre, y compris le Premier ministre invité à ce sommet de la pensée qu’est le Grand Journal : « Un grand footballeur doit être un exemple », bla-bla-bla, a-t-il répondu à une question intelligente d’Antoine de Caunes (mimique absolument désolée de Polony, durant ces déclarations bien senties — elle a compris, bien sûr, ce que Communication veut dire, dans le langage de ces têtes creuses, mais visiblement elle ne s’en remet pas).
Le magazine suédois Fokus (apparemment un excellent magazine, qui tire aussi bien à droite qu’à gauche — le modèle de ce que pourrait être Marianne avec un peu plus de pugnacité) a bondi sur l’occasion :

Zlatan Ibrahimovic

Je parle le suédois comme De Gaulle parlait les langues étrangères, et je traduis : « Croissance zéro, 10% de chômeurs, le Front National en route vers une victoire électorale. Pas un pays de merde ? »
Ils sont sympas, ils ont mis un point d’interrogation que l’on sent toutefois quelque peu rhétorique.

Il y a bien des manières de répondre aux Suédois.
D’abord, que tous les pays, à un moment ou un autre, ont expérimenté une croissance zéro — et parfois négative. Que la Grèce peut être dans les ennuis, mais qu’elle reste la Grèce. Qu’aux vertus luthériennes nous opposons la finesse méditerranéenne. Que l’Académie suédoise, comme on dit, a couronné bien plus de Français que de Suédois, et dans tous les domaines. Que leurs voyous, ma foi, n’ont rien à envier aux nôtres. Qu’il est des néo-nazis scandinaves bien plus radicaux que nos nostalgiques de l’OAS, comme dirait Anders Behring Breivik… Et que quand on est venu chercher un général républicain en France pour en faire la souche d’une lignée de rois suédois…
Et que… et que…
Certes, certes…

Mais les Français ont eux-mêmes oublié, ces derniers temps, combien ils furent grands. Au moment où le chômage se porte si bien, on devrait rallumer le flambeau des vieilles gloires françaises. Au lieu de ça, on passe son temps à battre sa coulpe, à s’accuser de tous les crimes du colonialisme, à laisser grignoter sa culture par un conglomérat de rappeurs. Et on se console en regardant TF1, en s’abonnant au djihad ou en gazouillant à vide sur la dernière zlatanerie. Du coup, on va porter la Marine au pouvoir, sans illusion — et un pays qui perd ses illusions est tout près de sombrer.
Bref, décadence.
Mais rien n’a été fatal. Nous ne sommes pas les objets d’une vengeance divine — étant entendu que Dieu, hein… Nous nous sommes tricoté notre petite décadence dans notre coin à main d’homme. Les Français n’ont rien oublié : on leur a effacé la mémoire.

On nous a démantibulé une école qui fut la première au monde, en qualité et en ombre portée. Nous en sommes arrivés à croire que BHL est philosophe et conseiller militaire, que les énarques sont forcément compétents, que Sarkozy pourrait revenir, faute de concurrence, ou faute d’excès de concurrence, que Hollande est de gauche et Macron aussi. On veut nous faire croire, d’ailleurs, qu’il y a encore une droite et une gauche, alors que tout le monde voit que c’est blanc bonnet, bonnet blanc, comme disait le PC à l’époque où il y avait encore un PC. Notre décadence est une décadence imposée — tout comme on nous a imposé un FN à 30 ou 40%, rien que pour sauver un PS en débandade, ou que l’on tente de nous convertir au communautarisme, juste pour ramasser une partie du vote musulman, conformément aux directives de Terra Nova, le think tank du PS (ces gens-là sont incapables de dire « Cercle de réflexion » : english is better), qui pense que les enfants d’immigrés peuvent utilement remplacer, dans les urnes, le vote des ouvriers et des employés, que ces bobos Rive Gauche-Droite pensent désormais défunts.
Le poisson pourrit par la tête — à l’Elysée et à Matignon, et dans une foule d’instances européennes pour lesquelles nous n’existons pas. La décadence est au sommet de l’Etat — pas forcément dans les couches populaires, parce qu’il existe encore un peuple de France qui un de ces jours décapitera à nouveau ses rois.
Un jour.
Dans dix mille ans, disait Léo Ferré. Ou demain.

Emino, le rap et le califat : une histoire d’amour

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On connaissait depuis longtemps le lien entre culture rap et posture mafieuse. On se souvient de ce magnifique titre de 50 cent « PIMP » qui glorifiait la vie suave du rappeur proxénète ou, plus tôt, les « Ten Crack Commandments » de Notorious B.I.G. qui nous donnait la panoplie du parfait dealer musicien.

Or, un pont nouveau s’est crée entre le rap et un comportement social : l’islamo-rap. Emino, rappeur tunisien, connu pour sa passion pour l’alcool et les substances psychotropes s’est récemment expatrié pour rejoindre Raqqa, capitale de l’Etat islamique, reconnaissant au passage le calife Al-Baghdadi comme chef suprême des musulmans.

Son post sur Facebook annonçant la nouvelle est couvert de likes et de commentaires plus ou moins élogieux. Une surprise, certes, mais surtout pour ceux qui ne veulent rien voir. Depuis de très nombreuses années, sévissent dans les banlieues françaises mais encore davantage de l’autre côté de la méditerranée un rap de type religieux et revendicatif. Aujourd’hui, on peut être bercé par le flow doucereux d’un « Médine », nous invitant à « Don’t laïc » ceux qui s’opposent au voile islamique.

Encore plus récemment, on a pu apprécier la subtile voix du petit chouchou des médias Abd Al Malik raconter sur toutes les chaines que Charlie répandait l’islamophobie. Comme quoi, le hip-hop n’est pas toujours une musique de paix et d’amour.

Attentat du Bardo : il n’y pas de fumée sans feu

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attentat bardo ennahda

attentat bardo ennahda

Dans son discours prononcé le 20 mars à l’occasion du 59ème anniversaire de la fête de l’Indépendance, le président Béji Caïd Essebssi est revenu sur les attentats de la veille, au musée du Bardo, en appelant à « l’unité nationale ». Le propos du nouveau chef de l’État est certes ferme et poignant, notamment grâce à l’usage systématique du dialectal tunisien avec lequel le nouveau locataire de Carthage cherche à s’inscrire dans le droit fil de Habib Bourguiba, dont il a été le ministre pendant plusieurs années, mais, comme nous l’avons dit ici même il y a quelques mois, « n’est pas Bourguiba qui veut ». Ne tournons pas longtemps autour du pot et disons les choses de la façon la plus simple et la plus directe : Habib Bourguiba n’aurait jamais accepté que certains promoteurs déclarés du terrorisme fussent présents au palais présidentiel de Carthage à l’occasion de la fête de l’Indépendance. D’ailleurs certains ne sont encore en vie que grâce à celui qu’ils appellent « le second déchu », Ben Ali, le premier étant Bourguiba lui-même.

Si l’expression française « il n’y a pas de fumée sans feu » signifie que tout événement a nécessairement une cause, il existe une expression tunisienne qui dit autre chose avec presque les mêmes mots : « il met le feu et s’interroge sur l’origine de la fumée ». C’est en effet ce qui se passe avec Rached Ghannouchi, le gourou du parti islamiste Ennahdha, ainsi qu’avec les intellectuels de la même obédience à l’instar de Tariq Ramadan, lorsqu’ils cherchent à trouver la quadrature du cercle et que, phénomène extraordinaire, ils semblent y parvenir avec la complaisante complicité des partisans des demi-mesures. Hélas, quand le sang coule à flots et de façon à la fois systématique et organisée, dans des assassinats ciblés, comme ceux des opposants Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi le 6 février et le 25 juillet 2013, ou au cours de tueries comme celles de Charlie Hebdo à Paris le 7 janvier et du musée du Bardo à Tunis le 19 mars 2015, il est plus que vain de parler d’esprit d’unité, de solidarité et de République contre la terreur rampante. Il faut d’abord commencer par frapper la terreur en s’en prenant à ses antennes apparentes, les exécutants n’étant que de vils épigones à la solde de maîtres à penser évoluant à visage découvert. Il nous est inutile d’accuser en criant haut et fort que Rached Ghannouchi et son parti Ennahda sont coupables et qu’ils doivent répondre de leurs actes. Il n’y av   ait pas de terrorisme avant eux en Tunisie. Cela va sans dire.

D’un autre côté, quand bien même les implications directes de Rached Ghannouchi et d’Ennahdha ne seraient pas prouvées, il tombe sous le sens que l’avènement du terrorisme a coïncidé avec le retour de Rached Ghannouchi et de certaines des figures de son parti sur la scène politique tunisienne à l’issue de la révolution du 14 janvier 2011. Pis encore, ce que Moncef Marzouki a appelé à Paris même le 18 juillet 2012 « les dérapages salafistes»[1. Cf. le discours de Moncef Marzouki devant l’Assemblée nationale française, 18 juillet 2012.] s’est transformé en assassinats, exécutions et attentats salafistes, ce qui, dans la bouche du chef de l’exécutif d’alors, était plus qu’inadmissible, surtout après les événements du 14 septembre 2012, au cours desquels on a vu des hordes de barbus prendre d’assaut l’ambassade des États-Unis d’Amérique après l’affaire d’un film soi-disant « contre le prophète », film que personne bien évidemment parmi les vengeurs assaillants n’a vu. Les exemples de « dérapages » ne manquent pas et on nous a chaque fois servi une explication relevant de la science-fiction, de celle qui présente les salafistes comme les « dignes enfants » du cheikh Ghannouchi lui rappelant sa jeunesse et annonçant à ses yeux « une nouvelle culture », ou de celle où les mêmes « dignes enfants » ne « viennent pas de la planète Mars » et que nous nous devons de les « comprendre et de cohabiter avec eux », ou de celle encore où « seuls des sportifs s’entrainaient au mont Châambi », avant que la zone ne se transformât en maquis à partir duquel les djihadistes ont mené plusieurs attaques au cours desquelles des dizaines de soldats ont trouvé la mort.

On parle en France de « l’esprit du 11 janvier ». La marche était à vrai dire impressionnante, même si on ne comprend pas l’absence du président des États-Unis d’Amérique et la présence de chefs d’États dont les rapports avec le fanatisme et le terrorisme sont plus solides qu’avec la tolérance et les droits de l’homme. On parle aujourd’hui d’un même phénomène suite aux attentats du Bardo. Sans doute cela est-il aussi légitime que nécessaire. La lutte contre le terrorisme islamiste étant plus que jamais planétaire, mais cette lutte serait inutile avec l’existence de partis, d’hommes politiques, de prédicateurs et d’intellectuels douteux. Nous l’avons dit et répété ici et ailleurs à propos de Rached Ghannouchi, du Mouvement Ennahda et de Tariq Ramadan. Il ne s’agit en aucun cas de jeter l’anathème sur ces hommes, sur les partis, les idées ou la religion qu’ils représentent. Il s’agit avant tout de s’interroger et d’imposer le questionnement comme règle primordiale, car si le premier étant un homme politique, auteur d’opuscules théo-idéologiques, et l’autre se disant penseur et cultivant à fond le culturalisme, ce nouveau fond de commerce politico-identitaire, les deux hommes fonctionnent de la même façon : leur discours est double, incontestablement. Rached Ghannouchi, dans son prêche du vendredi 20 mars, déclare ceci qui s’oppose à tout ce que son passé, voire son histoire incarne : « Les terroristes ne lisent ni ne suivent le Coran, affirme-t-il, et en agressant les étrangers, ils nous agressent. »

C’est cela le double discours de Rached Ghannouchi. Tariq Ramadan n’en est pas moins coupable. Il est impossible, nous semble-t-il, de chercher à guérir une maladie, celle de l’islam en l’occurrence, avec des médecins (les politiques) et des remèdes (les intellectuels) qui sont eux-mêmes atteints par le mal qu’ils feignent neutraliser. Or, les Nemmouche, les Merah, les Gaghgadhi, les frères Kouachi, les Coulibaly, les Yassine Lâabid, les Jabeur Khachnaoui et jusqu’à Abou Bakr Baghdadi lui-même, ne sont pas importants tant qu’ils œuvrent en hommes de main, en assassins, en bandits en somme. Ceux qui incarnent un véritable danger sont en revanche ceux qui ont pignon sur rue et qui ― et nous les avons vus en Tunisie le jour même des attentats du Bardo ― ont élu demeure sur les plateaux de radio et de télévision, comme s’ils attendaient cette occasion, ces événements, ces attentats, ces assassinats pour revenir et occuper les devants de la scène qu’ils avaient abandonnée défaits aux législatives et à la présidentielle. Aussi sont-ils de retour, à peine trois mois après leurs défaites, pour nous expliquer que ni eux, ni leurs partis, ni leur religion n’ont rien à voir avec tout cela. Mais nous savons qui ils sont et nous nous sommes souvent à raison demandés à qui profite le crime. Au Bardo, musée historique de Tunis, à quelques mètres de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), c’est l’exception démocratique tunisienne qu’on a cherché à assassiner en s’en prenant aux invités de la nouvelle Tunisie. Allons, pour ce qui est des attentats du Bardo : il n’y a pas de fumée sans feu !

*Photo : SIPA. 00708581_000001.

Départementales : la drôle de «défaite» du FN

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Marine Le Pen FN départementales 2015

Marine Le Pen FN départementales 2015

Les grandes manœuvres ont commencé. Hier soir, si chaque chaîne y allait de son estimation au doigt mouillé, tous les instituts et journalistes autorisés s’accordaient sur un point : le FN n’était plus le premier parti de France. Oubliés les 25% des Européennes, scrutin au terme duquel le parti de Marine Le Pen devançait l’UMP et le PS ? Pas si vite. Manuel Valls et Nicolas Sarkozy ont beau se réjouir de conserve du succès des listes UMP-UDI-Modem, une alliance signée en bonne et due forme à la base et au sommet, qui arrivent en tête des suffrages avec 32% des voix au plan national, le ministère de l’Intérieur n’est pas de cet avis.

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Sur les tableaux de chiffres, le seul parti dont les performances apparaissent incontestables est le Front national et ses fameux 25 % – tout simplement parce que le FN, paria de la politique française, ne s’est dilué dans aucune coalition (quoi qu’en dise Apolline de Malherbe sur BFM selon laquelle « si le Front national avait voulu s’allier avec d’autres partis, il l’aurait fait » (sic). Certes, le Rassemblement Bleu Marine est également censé rassembler la nébuleuse marinistes bien-au-delà de la sphère frontiste, mais soyons sérieux : comme me le soufflait un cadre lepéniste il y a quelques mois, « le RBM n’existe que dans la tête de Gilbert Collard ! »

Pour une « défaite » frontiste, c’en est une : la vague bleu Marine déferle en pole position sur plus d’une quarantaine de départements, y compris d’anciennes terres de mission que l’on croyait préservées de l’extrême droite ad vitam : Côtes d’Armor, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Orientales, Tarn, Tarn-et-Garonne, etc.  Moins étonnants, la percée foudroyante du Front dans le Vaucluse et le Gard, où l’UMP pourrait avoir maille à partir avec ses candidats aux deuxième et troisième tour de scrutin – souviens-toi des régionales de 1998…

Affrontons-nous un grand magouillage des chiffres ? Ce n’est pas si simple. Encore une fois, le diable est dans les détails… et la question des alliances. Ainsi, parler de « total des voix de gauche » n’a pas grand sens dans un pays où le Front de gauche – qui tient solidement sur ses positions, notamment grâce à l’implantation du PC dans ses derniers fiefs – a voté la motion de censure contre Manuel Valls. D’un autre côté, les militants frontistes auront beau jeu d’extraire les chiffres bruts du ministère de l’Intérieur, qui omettent de préciser que le PS fait tantôt cavalier seul, tantôt s’allie avec les Verts, les communistes, les mélenchonistes, etc. Les 13% du « binôme socialiste » ne veulent donc rien dire, ou presque.

Mais chacun voit midi à sa porte. Valls se persuade de l’efficacité d’une stratégie de rediabolisation qui a certes porté ses fruits à gauche – mais n’empêche ni la déroute socialiste, ni la déferlante frontiste sur la France périphérique. Les anti-Duflot coalisés chez les Verts excipent de scores déplorables – dans les cantons où EELV se présentait seul – pour faire la peau à leur ex-patronne, avant de batifoler sous les lambris de Solferino.

Quant aux centristes, s’ils ont de quoi se réjouir du grand nombre d’élus que leur a apporté la politique d’union au premier tour, ils voient d’un très mauvais œil l’UMP tirer toute la couverture. En vertu de quoi Lagarde, Bayrou et Jégo ont bruyamment fait entendre leur préférence pour le barrage au FN et contre le ni-ni sarkozyste. Nul doute qu’ils seront rejoints  ces jours-ci par quelques poids-lourds dissidents de l’UMP.  Vous avez dit « union » ?

*Photo : CHAMUSSY/SIPA/1503222302.

La question de la fessée

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fessee edwige antier

fessee edwige antier

Alors que la France débloque des fonds pour faire la guerre aux djihadistes, on a peut-être enfin trouvé la solution pour enrayer le terrorisme : arrêter de donner des fessées. En effet, en mettant un terme à celles-ci, on « enlève les racines de la violence dans une société », a estimé, dans une interview parue sur le site du Monde le 4 mars, la pédiatre Edwige Antier.

Comment ne pas être bouleversé par une telle révélation ? D’ailleurs, c’est sans nul doute parce qu’ils en ont reçu qu’autant de jeunes partent faire le djihad.

L’homme serait donc bon par nature, et les fessées seraient responsables de la violence des sociétés. Cette théorie aurait certainement plu à Rousseau, lui qui pensait que seule la société corrompait l’homme et qui ne voyait la fessée que comme une punition qui avait « décidé de [ses] goûts, de [ses] désirs, de [ses] passions, de [lui] pour le reste de [sa] vie, et cela précisément dans le sens contraire à ce qui devait s’ensuivre naturellement », non sans avouer toutefois que son rapport à celle-ci avait pu être faussé par le fait qu’elle lui ait été administrée, non par ses parents, mais par un autre adulte du sexe féminin « le même châtiment reçu de son frère ne m’eût point du tout paru plaisant. »

Mais faisons confiance à Rousseau. Un homme qui a abandonné cinq enfants ne peut être qu’un vrai professionnel en matière d’éducation.

On ne compte plus, depuis que le Conseil de l’Europe a recommandé à la France d’interdire la fessée le nombre de pédiatres et de journalistes qui y vont de leur couplet contre la fessée.

Parce que la fessée se prend une déculottée dans de nombreux pays européens (23 pays l’ont interdite), il faudrait nécessairement que la France baisse son pantalon et obéisse au risque de se faire taper sur les doigts ?

C’est toujours étonnant de constater à quel point la fessée cristallise le débat.

Il y a pourtant des gens qui maltraitent leurs enfants sans les fesser, d’autres qui les fessent sans les maltraiter et d’autres pour qui la fessée fait partie d’une longue liste de brimades qui s’apparentent à de la maltraitance. La psychanalyste et thérapeute familiale Caroline Thompson assure d’ailleurs dans un article paru sur Le Monde.fr le 3 mars : « Dans ma pratique, ce n’est pas le problème principal évoqué par les enfants ou les adultes quand ils parlent de leur enfance. Les violences psychologiques, sur lesquelles il est impossible de légiférer, viennent loin devant. »

La fessée ne devrait sans doute pas être la pierre d’achoppement du débat sur l’éducation des enfants. En revanche, les réactions qu’elle suscite sont extrêmement révélatrices de l’évolution de notre société.

Si la fessée a disparu de nombreux pays, il est intéressant de voir a contrario que les adultes, ceux qu’on désignait il n’y a pas si longtemps par l’expression « grandes personnes » ont de plus en plus de mal à oser transgresser les règles européennes et s’infantilisent de plus en plus, n’hésitant pas, comme dans la cour de récré, à dénoncer les uns (les méchants qui donnent des fessées) pour être bien vus des autres (les gentils qui n’en donnent pas).

Les arguments avancés par les abolitionnnistes de la fessée sont, à ce titre, très intéressants à analyser.

Pour la psychanalyste Claude Halmos, dans le même article, la fessée « donne l’exemple de la loi du plus fort ! Donner une fessée, c’est user et abuser d’un rapport de force inégal entre l’adulte et l’enfant. » Pour le pédiatre Aldo Naouri, de tels gestes sont même « attentatoires à la dignité de l’enfant. »

Tout contact physique qui ne serait pas une caresse serait donc fatalement vécu comme de la violence. Que dire alors des grandes tapes dans le dos que l’on peut donner à des amis ou des gifles que se mettent parfois certains joueurs de foot pour célébrer un but ? Accuserait-on les docteurs ou les chirurgiens de violence lorsque pour nous guérir, ils se voient parfois contraints de nous faire mal ? Assimiler la douleur à la violence est un abus de langage. Il n’y a violence que lorsqu’elle est vécue comme telle par les protagonistes. Inversement, certaines violences sont, sur le coup, indolores.

Un deuxième argument des anti-fessées consiste à considérer qu’il n’y a pas de distinction à faire entre le rapport de l’adulte à l’enfant et celui de l’adulte à un autre adulte. La psychiatre Muriel Salmona, l’une des plus virulentes à l’égard de la fessée, dans un article publié sur Le Plus l’année dernière, déclarait : « En toute incohérence frapper un adulte – même beaucoup plus fort que soi –, l’humilier verbalement est considéré comme une atteinte à ses droits et à sa dignité, alors que frapper un enfant – même tout petit – et l’humilier, peut être considéré comme normal pour un parent, si c’est pour le corriger et l’éduquer. »

Passons rapidement sur l’association plus que douteuse et pour le moins arbitraire de « frapper » et « humilier verbalement ».

Mettre sur le même plan la relation entre adultes et celle de l’adulte à l’enfant, c’est oublier un peu vite que toute personne n’est pas à éduquer. Si l’enjeu est bien de savoir si la fessée peut avoir des vertus éducatives, quelle pertinence peut-il y avoir dès lors à la mettre en parallèle avec les relations entre adultes ?

Un autre argument souvent avancé par les détracteurs de la fessée est qu’elle n’est qu’un défouloir pour les parents. La journaliste du Monde Gaëlle Dupont précise que « Les corrections sont souvent données en fonction de l’humeur du parent plus que des actes des enfants, et peuvent, de ce fait, servir davantage de défouloir aux adultes que d’outil d’apprentissage. »

On pourrait tout à fait inverser le raisonnement et se demander si la diabolisation de la fessée, n’est pas, pour une part, responsable de la contre-productivité des fessées données. Certains parents se l’interdisent tellement qu’ils finissent par se retrouver dans des situations, où poussés à bout, ils vont administrer à leurs enfants une fessée de défoulement qui n’aura aucun effet bénéfique, ni pour le parent qui va culpabiliser de n’avoir pas su se maîtriser ni pour l’enfant qui verra dans ce manque de maîtrise, au mieux une victoire sur l’adulte, au pire ce profond sentiment d’injustice que peut provoquer l’absence de sens.

Bref, on voit aisément que cet argument peut-être indifféremment utilisé par les deux parties et n’est donc absolument pas caractéristique des parents qui donneraient des fessées.

Un autre argument des anti-fessées consiste à lui dénier toute possibilité de faire sens pour l’enfant. Pour la psychanalyste Claude Halmos, « le but de l’éducation est que l’enfant se soumette aux règles parce qu’il en a compris le sens. La fessée ne lui apprend rien. »
En quoi donner une fessée empêcherait-il de comprendre les règles ? Cela sous-entendrait-il que seule la parole permet de les comprendre ? Les enfants ne transgresseraient donc jamais les règles une fois qu’ils les ont comprises ? L’éducation ne se transmet-elle pas aussi par l’exemple et la fessée ne peut-elle pas être envisagée comme une limite que l’on pose à l’enfant ?

« Non » répondent les spécialistes, il y a d’autres alternatives. Lesquelles ?

Pour Edwige Antier, « les alternatives sont la parole dans tous les cas, la diversion (pour les plus petits que l’on veut empêcher de faire certains gestes), l’éloignement du parent énervé et l’isolement de l’enfant en période de crise (pour les plus grands) ». Si avec ça, on n’éradique pas définitivement la violence, c’est à n’y rien comprendre.

En outre, le gros écueil dans la rhétorique des anti-fessée est que toute leur argumentation est englobante. La fessée est tout le temps prise dans un tout qui va « des punitions corporelles »  aux « châtiments corporels » en passant par « les coups », « les claques et les fessées », « la maltraitance physique » et j’en passe . Or toutes les études scientifiques ou sociologiques qu’ils citent à longueur de temps ne distinguent jamais fessées et violence domestiques.

Dire que la maltraitance est nocive pour les enfants et qu’il faut donc supprimer la fessée semble alors aussi ridicule que de dire que les paroles blessantes n’aidant pas l’enfant à se développer, il faut supprimer tout acte de parole dans l’éducation.

Enfin, on notera la tendance extrêmement réductrice et manichéenne des anti-fessées à opposer systématiquement « méthodes éducatives dites positives » et « fessées », comme si l’un ne pouvait pas aller sans l’autre.

Il va de soi que pour réussir l’éducation de ses enfants, mieux vaut ne pas être tout le temps sur le même mode. Etre constamment dans le reproche ou la sanction ne fonctionne sans doute pas, et l’enfant a besoin de faire confiance à ses parents pour obéir autrement que par crainte. Mais n’est-il pas possible d’allier les deux ?

« C’est ce que pense également le pédopsychiatre Maurice Berger, l’un des rares à préconiser la fessée. » explique Gaëlle Dupont. « Avec cependant des conditions très précises et complexes à réunir : elle doit être rare, non impulsive, ni trop douce ni trop forte et prendre place sur fond « d’habitudes relationnelles chaleureuses ».
Vite, en prison !

Et quand bien même, malgré la pauvreté des arguments, on resterait un pourfendeur de la fessée convaincu, quel besoin y a-t-il de légiférer là-dessus ? Ne risque-t-on pas de tout confondre ?

Pour Edwige Antier, non, pas question de s’arrêter là. Et la pédiatre de citer bien évidemment la Suède en exemple pour son interdiction de la fessée vieille de 30 ans. Elle serait, selon elle, un exemple comme le prouvent « ses résultats scolaires parmi les meilleurs en Europe » (parmi les pires et les plus en baisse, en réalité).

Trente ans après, la France est donc tout près d’épouser un modèle dont de Nombreux Suédois critiquent la pertinence (voir l’article « La Suède est-elle en train de créer une génération de petits cons ? » sur slate.fr)

Nous aimons bien, en France, nous tourner vers un modèle au moment même où beaucoup d’autres commencent à en cerner les limites. Trois ans après la social-démocratie à la Hollande, la France est peut-être en passe d’ interdire la fessée.

*Photo : wikicommons.