C’est la fin d’une belle histoire. Il y a deux ans, l’irruption de Mélenchon dans le jeu de quilles politique avait généré une flopée d’espérances. Je ne vais pas en faire la liste ici, disons qu’elles découlaient toutes d’une équation irréfutable : le « non » au référendum de 2005, majoritaire chez les électeurs de gauche, l’était encore plus largement dans le socle sociologique ancestral de la gauche (ouvriers, employés, chômeurs) ; moyennant quoi ce « non »-là – dont même les plus bouchés des énarques ou des éditorialistes ont compris qu’il allait bien au-delà du refus du Traité constitutionnel européen – n’avait pas de représentation politique digne de ce nom. Il est vrai qu’un consensus négatif (en l’occurrence, contre la mondialisation heureuse prônée par la classe politique tradi et ses relais médiatiques) ne suffit pas à définir une cohérence idéologique. Pour aggraver les choses, ce « non » potentiellement annonciateur d’un printemps de la gauche n’avait pas non plus de tribun incontesté capable de l’incarner lors des échéances électorales. Reconstruction, reconquête, re-présidentialisation : tous les déçus du PS par la gauche espéraient du neuf sur ces trois problématiques décisives.

Or, deux ans après la mise sur orbite de Jean-Luc Mélenchon, force est de constater que seul le dernier de ces trois objectifs a été atteint, et encore, partiellement. Mélenchon a incontestablement réussi à incarner à lui seul la gauche de la gauche. Mais les raccourcis qu’il a empruntés pour arriver à ce résultat laissent penser que, finalement, le renouveau de la gauche ne passera pas par lui. Tâchons d’expliquer pourquoi.

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