Le Danube n’est pas forcément beau et bleu. Singulièrement l’été, dans un patelin paumé qu’on n’atteint qu’en rafiot, et dont les ruelles pas même goudronnées s’achèvent en cul-de-sac sur le delta du fleuve. D’où le titre, Trois kilomètres jusqu’à la fin du monde, troisième long métrage de l’acteur et cinéaste Emanuel Pârvu, 45 ans. Le film était en compétition à Cannes.
Adi, beau brun bouclé de 17 ans, vit chez ses parents dans une modeste maison du village. Le prologue nous suggère que le couple est endetté vis-à-vis d’un certain Zentov, dont on comprendra, au fil du récit, que le notable véreux du coin a des connexions haut placées à Tulcea, le chef-lieu portuaire de cette région septentrionale du pays, quasi frontalier avec l’Ukraine…
L’amorce du film nous montre Adi, cheminant la nuit de conserve avec un compagnon de son âge, venu de Bucarest en touriste : celui-ci lui lèche gentiment sa main, qu’une piqûre de ronce, semble-t-il, a fait saigner. Cut. La séquence
