Il était une fois un pays ni très riche ni très pauvre qui se prévalait du titre de « puissance régionale ». La région en question, appelée Europe centrale, n’était ni particulièrement riche ni particulièrement pauvre. La valeur de ce pays, voire sa seule richesse, après que les aciéries avaient été fermées et les mines transformées en musées, résidait dans son emplacement, « central » comme le nom de la région l’indique.

Par chance, le pays en question, appelé Pologne, bénéficiait de la situation la plus centrale au sein de la région centrale. Se penchant sur la carte du monde, les dirigeants polonais des premières années de ce siècle ont constaté que c’était là une belle opportunité, à la seule condition que les marchandises envoyées depuis la Chine vers des pays plus riches et plus importants que le leur voyagent par le train et non plus par cargo.

Une délégation polonaise s’est donc rendue à Pékin afin d’entamer d’importantes négociations, qui ont duré longtemps car les Chinois sont durs en affaires. Reste qu’ils sont également très malins et qu’ils ont bien compris l’intérêt de la proposition polonaise dont la réalisation leur ferait gagner beaucoup d’argent.

Le projet d’une nouvelle route de la soie a ainsi vu le jour. Les Chinois ont promis d’investir 100 milliards de dollars pour acheter des friches près de Lodz et y construire les infrastructures adaptées. Les Polonais n’avaient plus qu’à lancer un appel d’offres, histoire de procéder dans les règles.

Mais voilà qu’entre-temps, un nouveau gouvernement ultraconservateur a emménagé à Varsovie avec, cela va de soi, un nouveau

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Paulina Dalmayer
est journaliste et travaille dans l'édition.