Le feuilleton tragi-comique des démêlés avec la justice suédoise de Julian Assange, aujourd’hui réfugié dans les locaux de l’ambassade d’Equateur à Londres a meublé en partie le grand creux de l’été pour des médias en mal de copie.

Nous avons assez dit, ici, que nous ne considérions nullement le fondateur de WikiLeaks comme un bienfaiteur de l’humanité, et même, qu’au bout du compte, c’était un voleur ordinaire à prétention de Robin des Bois, pour nous étonner du silence gêné de ceux qui l’avaient porté aux nues.

On se souvient, entre autres, que le journal Le Monde avait distillé, pendant des semaines, les extraits les plus « sexy » des télégrammes diplomatiques subtilisés dans le disque dur du département d’Etat. Edwy Plenel avait déclaré, la main sur le cœur que « WikiLeaks, c’est même plus qu’un média, c’est un engagement, une bataille. Ils utilisent le terrain de l’information comme un levier démocratique. ». Or, aujourd’hui, les mêmes sont aux abonnés absents. Assange ? Ah oui, ce type pas clair qui croit que les Suédoises disent toujours « oui »…

On chercherait vainement, dans les comptes-rendus de ses mésaventures par les organes de presse qui, hier, l’encensaient, la moindre prise de position en sa faveur. C’est peut-être pousser un peu loin ce « devoir d’ingratitude » qui fait partie du vade-mecum déontologique du journaliste aux mains blanches.

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Luc Rosenzweig
est journaliste.Il a travaillé pendant de nombreuses années à Libération, Le Monde & Arte.Il collabore actuellement à la revue Politique Internationale, tient une chronique hebdomadaire à RCJ et produit des émissions pour France Culture.Il est l'auteur de plusieurs essais parmi lesquels "Parfaits espions" (édition du Rocher), ...
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