Dans L’Obs, je lis toujours au moins l’édito de Jean Daniel et la chronique de Delfeil De Ton.  Ces deux façons d’être « de gauche », accolées, me confirment chaque semaine dans l’idée que le mot a dû perdre de son sens, s’il en eut.

Un exemple au hasard : jeudi 19 février dernier, DDT écrivait dans ses Lundis (?) : « L’avenir s’annonce sombre. Évitons de l’anticiper ». La semaine précédente, le pape Daniel prêchait exactement l’inverse : « Y a-t-il des valeurs vraiment universelles ? L’islam est-il soluble dans la démocratie ? « Non », a répondu Lévi-Strauss. Simplement, il faut faire comme si ».

Rien à dire sur Delfeil. Ce punk de 80 balais n’a fait qu’un « mot », et je les collectionne. Jean Daniel lui, pourtant son aîné de loin, se sent toujours aussi « concerné par la situation », comme on dit dans les dîners en région. (À Paris, désormais, on se dit plus volontiers « interpellé », voire « interrogé » – comme chez les flics.)

Mais revenons à la citation de Jean. Deux questions en une, et une réponse qui en fait deux : « non », mais « si » ! Ce Prométhée-là n’a pas besoin d’aigle pour fouailler ses entrailles.

Holà Jean, t’es pas dans un roman de Camus ! Même ton édito fait partie du monde réel, quelque part. Certes, on entrevoit bien l’éthique de conviction pure vers laquelle tu voudrais nous élever ; mais dans cette catégorie, comment concurrencer François ?

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Basile de Koch
est chroniqueur des nuits parisiennes à "Voici" et du Basile de Koch est chroniqueur des nuits parisiennes à "Voici" et du PAF à "Valeurs actuelles". Il est aussi essayiste à 16h.
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