Avec la crise sanitaire, on peut craindre une explosion des dépenses publiques. Elles sont déjà élevées et mal gérées, comme l’a cruellement démontré le manque de masques. Et comme les “eurobounds” ne vont pas tout résoudre, ça sent bon la hausse fulgurante des prélèvements obligatoires pour les dix années à venir!


Toujours fâchés avec les chiffres, surtout quand ceux-ci dépassent le million d’euros, les Français, leurs dirigeants et leurs médias, applaudissent aux centaines de milliards que l’État post-Covid-19, s’apprête à dépenser avec deux objectifs louables : sauver l’économie ; investir massivement dans l’hôpital.

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Ça sent bon la hausse fulgurante des prélèvements obligatoires pour les dix années à venir…

56% du PIB en prélèvements obligatoires, mais pas assez de masques

Il ne semble pas effleurer grand monde que la France détient déjà le titre de champion planétaire des impôts — une gloire nationale pour tous les tenants du rôle central de l’État protecteur. Là où le bât blesse, c’est que 56 % de prélèvements obligatoires ne suffisent visiblement pas à avoir des stocks de masques — y compris pour le personnel hospitalier — ni le nombre de tests adéquats pour dépister le SARS-Cov-2. Avec seulement 47 % de prélèvements — soit la bagatelle de 360 milliards de moins par an — l’Allemagne dispose en nombre de tests, de masques et de quatre fois plus de lits de réanimation que la France. Je suggère qu’on y réfléchisse à deux fois avant de porter le niveau de prélèvements à 66 %…

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Ce délabrement des services publics français ne concerne d’ailleurs pas que son système sanitaire. L’état de nos tribunaux, de nos prisons, de nos commissariats ou des toilettes de nos collèges nous rapproche plus des pays du tiers-monde que de ceux d’Europe du Nord. En France, l’État nous fournit donc au prix d’une Rolls, les services d’une Twingo à bout de souffle. Pour le niveau des impôts de la Finlande, nous avons le taux d’équipement de la Mauritanie en masques et en tests. 

Plus cigale que fourmi

Il semblerait raisonnable que les dévots de l’État providence se livrent à un minimum d’autocritique sur la faillite que le Covid-19 met en lumière. Le déversement sans fin de prestations sociales individuelles se fait au détriment des investissements collectifs (système sanitaire, judiciaire, sécuritaire). Au bout du compte, ces trente ans d’incurie menacent l’Europe et l’Euro, pourtant défendus par les progressistes drogués à la dépense publique.

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La bise est venue sous la forme d’un virus. Rejouant ad nauseam la fable de la cigale et de la fourmi, la France et l’Allemagne — mais plus généralement l’Europe du Sud et l’Europe du Nord — s’apprêtent à décider du sort de la monnaie unique. Les « coronabonds » que les Allemands refusent obstinément demeurent néanmoins la seule perspective de sauver le château branlant de l’Euro. Finlandais, Allemands ou Bataves, tous semblent pourtant avoir du mal à l’idée de payer les dettes de ce merveilleux modèle français, incapable de fournir à ses médecins des masques. Il nous restera nos superbes cinquante mille ronds-points fleuris — encore champions du monde ! – orgueil de nos gilets jaunes, que nous pourrons toujours transformer en cimetières. Combien ça représente de masques au fait un rond-point ?

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