Au second tour, Hollande, pour les raisons déjà exposées. Reste le casse-tête du premier tour, où il y a l’embarras du choix. Surtout l’embarras, aurait dit Coluche. Mais nous sommes la France et puisque nous avons 400 fromages, dix candidats, c’est bien le moins.

Trions un peu. Sur les dix, six sont « souverainistes » dans mon acception du terme, c’est à dire qu’ils ont voté « non » au référendum de 2005. A gauche on dit « nonistes ». Le Pen, Dupont-Aignan, Mélenchon, Artaud, Poutou et même Cheminade. C’est tout de même un progrès.

Oublions Le Pen qui est au souverainisme ce que la gueule de bois est à l’amour du bon vin, saluons Poutou, avec lequel on aimerait partager une friture de goujons, le dimanche, au bord de l’eau, conseillons à Dupont-Aignan de relire Chateaubriand « l’ambition dont on n’a pas le talent est un crime », et venons-en à l’essentiel.

Le souverainisme, cette fois-ci, est à gauche. Il faut dire que l’opposition est son meilleur terreau (la droite en 1992 contre Mitterrand, la gauche en 2005 contre Chirac). Si j’étais engagé à gauche, je voterais Mélenchon, comme un contrefort face à l’inévitable dérive vers la pensée unique que distille l’exercice du pouvoir.

Il me semble plus utile cependant, de faire un pari « pascalien » sur François Hollande. Son refus en l’état du pacte budgétaire imposé par l’Allemagne — entériné par Sarkozy — la présence à ses côtés de « nonistes » tels Chevènement, Montebourg, Fabius et de Mélenchon sur son flanc, une France à fleur de peau surtout, voilà de loin la meilleure carte que nous ayons depuis longtemps.

Et puis, un mien professeur m’avait enseigné qu’il fallait vouloir les conséquences de ce que l’on veut. Hollande, donc, dès dimanche.

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