La dernière série d’horreur de Netflix rencontre, à raison, un grand succès. Même le maître du genre, Stephen King, a aimé…


Les Crain ont prévu de passer leur été dans une vaste demeure qu’ils comptent rénover puis revendre : Hill House. La vie idyllique de cette famille américaine déraille rapidement quand la petite dernière, Eleanor, se plaint qu’une effrayante femme au cou cassé furète près de son lit la nuit…

Le fantôme d’une famille parfaite

Ne vous fiez pas au décor de manoir en carton-pâte et à la trame classique et mille fois revue de The Haunting of Hill House. La dernière production de Mike Flanagan pour Netflix est un spectacle horrifique malin qui ravira au-delà du public habituellement friand du genre « maison malfaisante ».

Après avoir réveillé notre cynophobie dans Gerald’s Game (une adaptation du Jessie de Stephen King), Mike Flanagan et son actrice Carla Gugino s’attaquent donc aux histoires de fantômes et aux lourds secrets de famille… Selon le maître du roman d’horreur américain Stephen King lui-même, c’est une réussite :

A quel point les rêves effroyables et les prémonitions des bambins résultent-ils de l’anxiété maternelle ? Alors que les évènements étranges se multiplient dans la maison, les maux de tête de la mère se font de plus en plus intenses. Maman est-elle simplement un peu déprimée et lunatique… ou y a-t-il quelque chose de plus sérieux ? Surtout, jusqu’où cette anxiété pour ses enfants peut-elle la mener ? Au fur et à mesure des épisodes, cette figure féminine sensible et énigmatique fait un peu penser à la Julianne Moore de The Hours.

Les dix épisodes de la série proposent un aller-retour permanent entre les évènements traumatisants de l’enfance à Hill House et le présent, où l’on retrouve le père et toute sa petite progéniture plus âgés. La mère, elle, a disparu une mystérieuse nuit, sans que les enfants n’aient jamais vraiment appris ce qui lui était arrivé. La famille n’est-elle hantée que par des traumatismes de l’enfance ou bien les fantômes existent-ils vraiment ? A l’exception des deux derniers (les petits jumeaux Eleanor et Luke), les autres enfants restent rationnels et se refusent à y croire.

Hurlez, pleurez, courez…

The Haunting of Hill House est plus qu’une histoire réussie de maison qui fait peur. Dès les premières minutes de la série, certaines scènes de nuit sont proprement terrifiantes. Les acteurs, eux aussi, sont tous impressionnants (on retrouve avec plaisir, dans le personnage du père, Henry Thomas, l’acteur du petit Elliot du E.T. de Spielberg). L’ainé des enfants a fait fortune en publiant un best-seller consacré à la maison hantée de son enfance, alors que lui-même n’y croit pas. Il se met tout le monde à dos. Depuis Hill House, Eleanor est sujette à un grave trouble du sommeil (l’hypnose du sommeil, phénomène auquel on recommande au lecteur pétochard de ne pas trop s’intéresser, qui a eu droit lui aussi à son propre film de genre). De son côté, Luke ne s’est jamais vraiment remis et ennuie toute la famille avec son addiction à l’héroïne. Son destin sera, finalement, le plus éprouvant dans la série.

Entre petits malheurs de l’enfance et destins tragiques des adultes The Haunting of Hill House  ravit son spectateur par sa maîtrise de la construction graduelle des mystères. Et si votre cœur n’a pas décroché après quelques sursauts, il n’est pas dit que certains épisodes ne vous fassent pas pleurer tant la fratrie Crain est attachante.

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