Un économiste très introduit auprès du gouvernement grec[1. Jacques Sapir.] a vu en Alexis Tsipras un homme doué du courage d’Achille et de la ruse d’Ulysse qui avait réussi à prendre l’ascendant moral et politique sur les créanciers d’Athènes. C’était à la veille du round de négociations entamé le 22 juin pour trouver une issue à l’insolvabilité du pays que cinq années de plans de sauvetage successifs n’ont pas permis de surmonter. C’était sans compter avec la lassitude des interlocuteurs d’Athènes. La partie de poker menteur entre Athènes et ses créanciers a connu son instant de vérité les 27 et 28 juin, lorsque les deux parties ont dévoilé leurs ultimes cartes, Tsipras sous la forme d’un appel au peuple, convoqué pour un référendum le 5 juillet, afin d’approuver ou de rejeter les demandes des créanciers, ses interlocuteurs européens en excluant le ministre Varoufakis de l’eurogroupe convoqué à Bruxelles. Parallèlement, c’est assurément l’événement le plus lourd, la BCE a interrompu ses injections de monnaie dans les banques grecques rendues exsangues par les retraits sauvages de dépôts de leurs clients. Et puis, le 30 juin, la Grèce n’a pas respecté l’échéance d’un remboursement de son prêt auprès du FMI. L’invraisemblable, la sortie d’un membre de la zone euro, pourrait s’accomplir.

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Jean-Luc Gréau
est un économiste français, ancien expert du MEDEF
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