Les quatre soldats français, dont trois sous-officiers, tués samedi en Kapisa n’appartenaient pas aux « troupes combattantes » dans la nouvelle acception chère à François Hollande. Ces hommes avaient pour mission d’assurer les relations avec la population de la Kapisa. Il s’agit de ce que l’armée française appelle une « équipe tactique d’opérations militaires et d’influence » ou « Etomi », chargée du contact avec la population et surtout avec les notables locaux. La mission des Etomi est d’anticiper et de désamorcer, à travers leur médiation, les éventuels conflits entres les militaires étrangers et la population mais aussi bien évidement de recueillir des renseignements. La « monnaie d’échange » est l’aide au développement, domaine de compétences du gradé le plus expérimenté parmi les victimes de l’attentat suicide de Nijrab, l’Adjudant-chef Thierry Serrat.

Le rôle de ce militaire de 46 ans, engagé depuis l’âge de 18 ans, était de voir avec les notables quels moyens l’armée française pouvait affecter à des microprojets dans l’agriculture, le bâtiment, les infrastructures collectives. Le fait que l’Adjudant-chef Thierry Serrat et ses camarades ne soient pas venus en « combattants », sans doute connu des Talibans, ne les a pas empêchés de les tuer. On peut même supposer que ce genre de missions visant à gagner les cœurs des populations, est, du point de vue des Talibans, encore plus menaçant.

Bref, laisser en Afghanistan de gentils spécialistes de l’irrigation et des travaux publics ne nous épargnera malheureusement, d’autres victimes à déplorer. En Afghanistan, on peut défendre la décision de rester ou soutenir celle appelant à partir. Mais on ne peut pas comprendre la position appelant à y rester à moitié…

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