Tom Hanks dans "Sully"

Il n’est guère besoin de vanter le cinéma de Clint Eastwood. Une fois de plus, la critique se partagera entre les enthousiastes – qui nous donneront du « Le meilleur Clint Eastwood » (en général, depuis le précédent) – et les fines bouches qui avoueront avec une gourmandise entortillée « avoir un tout petit peu moins aimé celui-là ». De toute manière, nous irons tous voir Sully.

Du jeu des acteurs – Tom Hanks et Aaron Eckhart – aux effets spéciaux qui rendent incroyablement « vrai » l’accident de l’avion US Airways et son amerrissage sur le fleuve Hudson en 2009, tout est parfait. J’ajouterai qu’après certaines scènes, on se demande comment on ne se retrouve pas aussi trempé que l’un des 155 passagers…

On me dira que la véritable histoire de Sully est ailleurs – dans cette sorte de procès intenté contre les pilotes, à qui l’on reproche de ne pas avoir tenté de rejoindre l’aéroport et de sauver… l’avion. Valeurs humaines vs. gros sous. Soit, le film peut être lu ainsi : une parabole politico-sociale. La dimension de l’entertainment (la reconstitution du crash, comme si vous y étiez) introduirait une réflexion politique. Sauf que le crash n’introduit rien : il revient en boucle et sous différentes formes (rêves, récit, simulations…). Le crash est le propos du film : dans sa lutte pour la vie, nécessairement solitaire, l’homme demeure un animal social, responsable des et devant les autres.

Sully, de Clint Eastwood, en salles.

Lire la suite