Depuis que Benoît XVI a annoncé renoncer à sa charge, les spéculations vont bon train sur l’identité du prochain pape. Comme le dénonçait matinalement Théophane, les âmes profanes, anticatholiques et foncièrement progressistes ne sont pas les dernières à exprimer leurs souhaits les plus hardis. Il a suffi que Benoît XVI mentionne la nécessité d’une « réorientation » de l’Eglise au cours de son avant-dernier angélus pour que d’imprudents commentateurs y discernent un tardif mais sincère exercice d’autocritique. Joseph Ratzinger virerait-il sa cuti juste avant de rendre sa chasuble ?
On le sait, le prochain pape devra être « moderne » (c’est Christine Boutin qui le dit), sinon africain, sachant que ces deux exigences s’annoncent pour le moins contradictoires – noir et réac, voilà qui défrise le camp du Bien…
Mais puisque nous sommes à l’heure des pronostics, au lieu des vœux pieux de rigueur, tentons un pari. Dieu sait que Causeur n’est pas obnubilé par les diktats de la diversité – nous ne mangeons pas de cette hostie-là – mais osons relayer une question inhabituelle : et si le nouveau pape était arabe ?
Tel est l’objet d’une campagne de soutien au patriarche maronite Raï, qui prend pied sur Facebook au slogan de « Musulmans et Chrétiens d’Orient souhaitent que le cardinal Bechara Boutros Raï soit évêque de Rome ». Réputé pour sa neutralité bienveillante à l’égard de Damas, le patriarche Raï a été élevé au rang de cardinal par Benoît XVI en novembre dernier. Le locataire de Bkerké, 73 ans, se rapproche ainsi de Rome, et pourrait prétendre à une place de choix au Vatican en incarnant la voix des minoritaires malmenés au Liban, en Syrie comme en Palestine.
Mais ne comptez pas sur nous pour jouer du symbole ou promouvoir un quelconque prélat sous on-ne-sait quel généreux prétexte ; la protection des chrétiens d’Orient se joue hélas moins par des sermons à Rome qu’à coups de kalachnikov entre Beyrouth et Alep.
Ceci dit, avec une pointe de mauvais esprit, félicitons-nous que nos très chers amis qataris n’appuient aucun impétrant au Latran. À l’issue du prochain conclave, la fumée blanche n’exhalera pas le doux fumet des gazo-dollars. Eh oui, c’est ballot mais le Vatican n’est pas encore la FIFA…

Lire la suite