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Exit la notion de devoir conjugal!

Du devoir conjugal au Cerfa coïtal


Exit la notion de devoir conjugal!
Les députées écologistes Marie-Charlotte GARIN et Sandrine ROUSSEAU à l'Assemblée nationale, 12 janvier 2023 © NICOLAS MESSYASZ/SIPA

L’Assemblée nationale a enterré à l’unanimité le « devoir conjugal » cette semaine. Enfin ! s’est extasiée la presse progressiste, ravie de voir disparaître une notion juridique jugée archaïque. Reste une question, pourtant: un mariage sans relations sexuelles, qu’est-ce que c’est au juste? Une colocation ?


Nos députés ont-ils été touchés par les bonnes grâces des fées wokistes ?

En effet, détruire l’image du mâle dominant en l’assimilant à un violeur conjugal en série est un pas très important que nos députés viennent de franchir sans trembler (même ceux « d’extrême droite ») !

Droit de cuissage

Car ce texte fondamental vient d’être adopté à l’unanimité. Présenté de façon transpartisane par une députée écologiste, Mme Garin qui l’a ainsi soutenu : « En laissant subsister, dans notre droit, un tel devoir, nous avons collectivement cautionné un système de domination, un système de prédation du mari envers son épouse. »[1] 

Néanmoins, je me méfie des belles intentions qui ne sont jamais suivies d’effet. En votant un tel texte, nos élus ont certes fait preuve d’une immense sagesse.

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Mais dans les faits, comment la loi sera-t-elle respectée s’il n’y a aucune preuve matérialisée du consentement ?

Dès lors, il devient indispensable de remplir un formulaire Cerfa préalablement à tout acte sexuel[2].

Sens des priorités

Enfin, je crois qu’il convient de saluer l’action de nos députés. Dans un pays à la dérive où tout fout le camp, où l’on n’a pas de budget, où l’agriculture, l’industrie, le commerce extérieur, l’armée, l’éducation, la santé et les autres services publics sont à la ramasse, il faut avoir du courage pour user du temps parlementaire à traiter ces problèmes en urgence.

Par ailleurs, ans vouloir remettre en cause cette immense avancée sociétale, je voudrais cependant souligner que nos députés n’ont probablement pas pris pleinement la mesure des dégâts collatéraux qu’ils vont provoquer au niveau de l’emploi dans l’industrie pharmaceutique.

En effet, les ventes d’antalgiques risquent de chuter drastiquement.

Les études de marché réalisées par le SNIP[3] révèlent que 39,5 % des ventes d’antalgique sont consécutives à la déclaration « Pas ce soir chéri, j’ai mal à la tête ! ».

Dans de telles conditions, la notion de consentement préalable menace la filière de production d’antalgiques, laquelle ne représente pas moins de 9583 emplois.

Par conséquent, je suggère qu’à titre compensatoire une taxe de 0,98 euros soit prélevée sur chaque formulaire Cerfa puis affectée à la reconversion du personnel concerné.

PJ :  Formulaire Cerfa


[1] Citée dans Le Monde du 26 janvier

[2] On pourra certes débattre de la notion d’acte sexuel. Un « regard insistant » est constitutif d’une violence sexiste, certes, mais s’assimile-t-il à un acte sexuel ? Le débat est effectivement ouvert si l’on en croit un avis du u Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) du 16 avril 2015 sur le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun. Dans cet avis, le harcèlement est défini comme incluant « le sifflement, des commentaires sur la tenue, des regards insistants jusqu’à l’agression sexuelle »

[3] Syndicat National de l’Industrie Pharmaceutique



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