photo : Conseil général des Yvelines

En cette année de présidence française du G20 et en attendant la réunion des chefs d’Etat en novembre à Cannes, une « conférence de haut niveau » avait lieu aujourd’hui à Paris pour renforcer la cohérence des politiques économiques internationales. Christine Boutin, qui vient de rendre son rapport sur la mondialisation, y est intervenue. Elle a répondu à nos questions.

Vous participiez aujourd’hui à la grande réunion sociale dans la préparation du G20. Quelque chose a-t-il avancé ?

Christine Boutin : Comme souvent, Nicolas Sarkozy a su trouver les mots en parlant des « damnés de la mondialisation ». Il a rappelé la nécessité de viser une harmonisation vers le haut et précisé que la régulation n’était pas un gros mot, mais bien une nécessité. De mon côté, j’ai soutenu dans mon rapport l’idée que les institutions internationales devaient agir en cohérence pour construire un socle de protection universelle. C’est une belle perspective, qui s’appuie sur le réel.

« Quitter le libre-échangisme sans cœur » : paroles, paroles et paroles à la Guaino, non ?

CB : C’est bien possible, mais pour ma part, je me fais fort d’aller au-delà des mots pour proposer de grands axes d’action. Face au défi de la mondialisation, il nous faut des choix de société clairs et démocratiques qui placent la personne humaine au cœur des règles communes. Ainsi, je propose de :

– faire entrer dans le droit de l’OMC l’exigence du « travail décent » en reconnaissant cette notion comme un bien public mondial.

– donner un cadre à la responsabilité sociale des entreprises en leur fixant des objectifs de traçabilité sociale.

– créer un fond public et privé pour financer les coûts d’amorçage et les études d’impact du social business

– réfléchir à une nouvelle légitimité du G20 pour aller vers une représentation par zones régionales autour de vingt-cinq Etats, dont des pays pauvres.

Puisqu’on en est aux expressions, vous parlez à votre tour de Munich social : c’est du Séguin ?

CB : Ce n’est pas sans raison que M. Séguin a naguère représenté la France au Bureau International du Travail. Je sais que la France est attendue pour porter les sujets sociaux au G20. Si, au final, il n’en ressort rien, nous pourrons rédiger tous les communiqués que nous voudrons, le monde continuera à se fragiliser. Aujourd’hui la globalisation nous tire vers le bas. C’est pourquoi nous devons trouver le Robert Schuman de la mondialisation, qui intégrera à ce procès des valeurs fermes. Sans quoi, nous irons vers la crise sociale générale et renforcée.

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