Tinder : le retour du téléphone rose

Connaissez-vous le phénomène Tinder ? C’est une application iPhone qui fait des ravages en facilitant les rencontres sexuelles.

Cette nouvelle appli est un dérivé des sites de rencontre, en plus simple, plus rapide, et plus ludique.  Rencontrer vite la « bonne personne » devient une manipulation facile. Caressez du bout de votre pouce les profils qui se présentent à vous. Un coup vers la gauche : poubelle ; un coup vers la droite : rencontre !

Une fois n’est pas coutume, ce ne sont pas les geeks qui ont donné le ton mais les gays. L’appli Grindr, la grande sœur de Tinder, fait déjà un tabac dans la communauté. Le but avéré : trouver le plus rapidement possible un partenaire sexuel dans son périmètre environnant. Une petite envie ? Grindr, grâce à la géolocalisation, signale les volontaires à proximité. Un fast-food du sexe, en quelque sorte, le prix en moins.

Tinder se veut un chouïa plus sophistiquée : il faut cocher un certain nombre de centres d’intérêt et poster sa plus belle photo.  L’appli, reliée à Facebook, dresse ensuite la liste des « friends » en commun. Pas d’erreur sur la marchandise.  Olivier, 24 ans, chef de projet dans une agence e-marketing à Paris, a téléchargé Tinder il y a six mois. Il souligne ce côté « club privé » : « Nous sommes dans un cercle restreint, plutôt CSP+ puisqu’il faut être détenteur d’un smartphone. »

Un club privé qui n’a jamais été aussi ouvert. La mode dépasse largement  le cercle des habitués du téléphone rose. Les trentenaires  de Paris s’y mettent sans vergogne, des « sympas, pas forcément des pervers » souligne Anne, jeune utilisatrice de Tinder, avocate célibataire mais pas du tout désespérée.

Ce qui est amusant dans cette affaire- à part le fait d’ouvrir nos lecteurs au monde du numérique coquin- c’est que l’internaute finit par rencontrer, par l’application, la personne qu’il aurait pu croiser en bas de chez lui, par hasard.

Drôle de vie où, cachés sous nos casques, les yeux rivés sur nos écrans, la seule chose qui nous fasse lever la tête, c’est l’écran justement. Pris d’un soudain vertige numérique, notre voyage digital et charnel s’embourgeoise. L’écran qui nous a mené pendant des décennies de l’autre côté du monde, celui, qui, en trois clics, nous permettait de surfer en Australie, de flirter en Russie et de faire la fête à Cracovie, nous ramène subitement à la maison. Puis, en trois pas, dans le lit familier du voisin de palier.

Les mœurs sexuels se démocratisent, mais ne se libèrent pas. Ils s’ankylosent.


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est journaliste à Causeur

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