Macron s’en est finalement bien tiré face aux gilets jaunes ! C’est ce qu’affirme le politologue Philippe Raynaud, soutien assumé du président, face à une Elisabeth Lévy dubitative dans l’Esprit de l’escalier sur REACnROLL. Selon elle, le grand débat « a surtout vu monter la mayonnaise de la parole présidentielle »


Sur la webtélé d’Elisabeth Lévy, quand le politologue Philippe Raynaud défend Macron face aux gilets jaunes, forcément, le débat démarre au quart de tour.

Verbatim

Philippe Raynaud. J’ai immédiatement ressenti et exprimé mon antipathie profonde pour le mouvement des gilets jaunes. Antipathie qui, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ne me paraît pas être de nature sociale…

Elisabeth Lévy. Ce n’est pas du racisme de classe ?!

Retrouvez l’intégralité de ce débat entre Philippe Raynaud et Elisabeth Lévy, et d’autres thèmes (JM Blanquer, laïcité, libéralisme…) sur REACnROLL !

Philippe Raynaud. Non. Et je comprends très bien l’exaspération d’un certain nombre de gens. Cela fait des années que je dis que les travaux de Guilluy sont très importants. Personne ne peut dire, si vous voulez, que je suis naïf ou hostile là-dessus. Je pense simplement que c’est un mouvement qui s’est engagé très vite dans l’idée qu’il exprimait, de manière immédiate et inconditionnelle, le peuple. Et ça, ça ne m’a pas plu. Je trouve que c’est assez dangereux, d’abord, du point de vue de la démocratie libérale, ce genre de dispositions, surtout quand c’est entretenu par des médias extrêmement complaisants qui trouvent des qualités extraordinaires à des gens dont on a vu progressivement le caractère étonnant. Moi je me souviens de la première fois que j’ai vu le dénommé Chalençon sur LCI, par exemple. Je voyais les journalistes autour qui écoutaient ce type comme si c’était…

Elisabeth Lévy. Un oracle ? Ou un professeur de philosophie ?

Philippe Raynaud. Non, comme si c’était un citoyen lambda, qui exprimait le point de vue de l’homme de la rue, etc. Je me suis dit : tiens, voilà un bon facho bien de chez nous, comme je les connais bien ! Et il n’a pas été décevant par la suite. J’ai trouvé qu’il y avait quand même une espèce de fausse candeur [des journalistes NDLR] dans le rapport à ce mouvement. Donc je dois reconnaître que je n’ai pas eu beaucoup de sympathie pour eux. Je ne suis pas très gilet jaune, j’en conviens ! Alors est-ce que le président s’en est bien sorti ? Moi je vous dirais que ce qui m’a frappé, c’est le degré extravagant et incandescent de haine auquel on est arrivés à l’égard de ce président et de ce gouvernement. Je conçois très bien qu’on ne les aime pas, qu’on les trouve agaçants etc, mais ça m’a paru quand même inhabituel, et j’ai trouvé que dans ce contexte-là, c’était déjà très méritoire de tenir, et de tenir bien. Ensuite, je suis passé par différents…

Elisabeth Lévy. (le coupant) Différentes phases, comme chacun d’entre nous !

Philippe Raynaud. Oui, différentes phases, comme chacun d’entre nous. Je craignais, par exemple, que le grand débat n’aboutisse à une logique d’Etats généraux aggravés, où on aurait vu monter la mayonnaise des revendications…

Elisabeth Lévy. On a surtout vu monter la mayonnaise de la parole présidentielle !

Philippe Raynaud. Justement, mes craintes ne se sont pas réalisées, j’ai trouvé que c’était finalement très bien fait.

Elisabeth Lévy. Effectivement… C’était une campagne électorale sans contradicteur, formidable !

Philippe Raynaud. Ce n’était pas une campagne électorale. Il n’y avait pas d’élections !

Elisabeth Lévy. Bah oui, il n’y avait pas d’élections, mais enfin quand même… C’était un débat d’Emmanuel Macron contre le reste de la France, avec des conditions qui étaient tout de même particulièrement favorables à Emmanuel Macron.

Philippe Raynaud. Vous trouvez ?

Elisabeth Lévy. (un peu exaltée) Oui. Les conditions dans lesquelles le débat était organisé, oui!!

Philippe Raynaud. Ecoutez, essayez d’imaginer un instant un de ses trois prédécesseurs dans la même situation – puisqu’après tout, c’est un président de la République dans une situation donnée. Je pense qu’on aurait vu que ce n’étaient pas des conditions si favorables si ça avait été François Hollande ou Jacques Chirac qui avaient dû discuter pendant des heures avec des gens…

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