photo : musée Grevin

Il y aura donc eu ce week-end, l’élection de deux Miss concurrentes, l’une fabriquée par la société Endemol, l’autre par Geneviève de Fontenay, au terme de plusieurs années d’intimidations et de provocations, d’abus de confiance et de pouvoir, d’activation de réseaux divers.

Nous n’avons pas du tout l’intention de prendre partie pour l’un ou l’autre des deux clans qui s’affrontent (même si « Miss Nationale » est évidemment plus belle que « Miss France »), et pourtant il aurait été tentant d’en découdre avec Endemol, société de production à l’origine de la télé-réalité dans tout ce que celle-ci a de plus répugnant (avec selon le mot célèbre de Nabe « des connards et des connasses qui jouent dedans ») ; il aurait été sain de jouer le pot de terre contre le pot de fer, de se réjouir qu’une octogénaire sans doute paranoïaque s’oppose à la télé-poubelle milliardaire, mais on ne peut en fait que sourire tristement devant tant d’inanité : deux Miss, d’accord, mais pour quelle France ? Celle qui rayonne où ? Qui prend soin de qui ? Qui influence de quelle manière ? Après tout , qu’est-ce qu’être Miss aujourd’hui sinon un moyen plus rapide d’avoir accès à toute une série d’activités dégradantes comme rencontrer Arthur, préparer sa sex-tape ou intégrer une école de commerce ?

On pourrait croire que le fait qu’il y ait deux Corées, deux présidents en Côte d’Ivoire ou deux éléphantes au PS, soit infiniment plus important que l’existence de ces deux « Miss France », or il n’en est rien. Derrière ces rixes théâtrales et ces mots qui déchirent pour une écharpe trop large et un diadème en toc, il y a bien la même pitoyable humanité qui se dévoile, défaillante et blessée, avide de reconnaissance, susceptible jusqu’au meurtre -symbolique ou pas-, tandis que s’écroulent autour d’elle, les nations, les empires, et la plupart des principes.

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