Alors qu’on pouvait croire que Kim Jong-un était le seul chef d’État au monde à mêler culte familial et juste ligne idéologique, on lui découvre un collègue en Pologne. La même obsession des liens du sang s’est emparée de Jaroslaw Kaczynski.

En effet, le très influent chef du PiS, le parti de la droite polonaise au pouvoir, a défini les fondements de la diplomatie culturelle du pays. La priorité absolue est désormais de « promouvoir l’héritage de la pensée politique du président Lech Kaczynski », son frère jumeau tué dans un crash d’avion près de Smolensk en 2010.

Bien que le déploré défunt n’ait laissé aucune publication ni même un journal intime, les diplomates polonais dispersés à travers le monde ont trouvé la parade en animant, ici et là, des rencontres avec les auteurs de sa biographie. Lesquels éclairent le public sur la vie et l’œuvre de leur héros et notamment sur son art consommé de concilier présidence et vie de famille.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères a tenu à rappeler dans un communiqué que Lech Kaczynski « s’opposait vigoureusement aux tentatives de déstabilisation de l’Europe centrale et de l’Est, ainsi qu’à la falsification de son histoire » et qu’il « appuyait le dialogue interculturel ». Il semblerait néanmoins que ledit « dialogue interculturel » ait ses limites, imposées en substance par l’appartenance à la chrétienté.

La directrice de l’Institut polonais à Berlin, Katarzyna Wielga-Skolimowska, a ainsi manqué de subtilité en persistant à promouvoir le dialogue polono-juif. Pis, elle est allée jusqu’à