Dernier coupe-faim envisagé par l’Europe pour calmer les appétits d’un Donald Trump qui veut bouffer le monde entier: boycotter le Mondial, la Coupe du monde de football, que les Etats-Unis (secondés par le Canada et le Mexique, pas encore annexés par Trump) accueilleront du 11 juin au 19 juillet prochains…
Certains observateurs estiment que cette solution pourrait peser sur la politique américaine. Parmi eux, le député LFI Éric Coquerel, pour qui le foot est « une arme politique », ou encore l’inusable Daniel Cohn-Bendit. Sur BFM TV le 21 janvier il prétendait que si les équipes européennes ne mettaient pas les pieds aux States, Trump serait dans ses petits souliers.
Les Américains et le « soccer », ça fait deux
Mais Dany le rouge se trompe… Lui-même fervent amateur de foot et aveuglé par sa passion, il imagine que le forfait des équipes européennes gâcherait la fête des Américains. Mais pour porter sérieusement, un tel boycott devrait non seulement toucher l’ego de Trump mais aussi le cœur des Américains. Or ces derniers ne sont pas des passionnés. Ils raffolent du basket, du base-ball, et seulement du football… américain qui se joue avec les mains sur le modèle du rugby. De plus, ils n’apprécient vraiment que les sports où ils gagnent. Au football, ils n’ont aucune chance. Ils ont l’esprit trop carré pour un ballon rond…. Bref, saborder la compétition serait priver de viande des végétariens.
Secundo, les Etats-Unis n’organisent pas le Mondial, ils l’accueillent. Le véritable organisateur, c’est la Fifa (Fédération international de football), instance installée en Suisse, pour son climat fiscal très clément, Fifa qui possède tous les droits d’exploitation ! Pour prendre le Mondial en otage, il faudrait obtenir la compréhension, sinon le soutien, de ladite Fifa… Mais c’est comme un oranger sur un sol irlandais… cela ne se verra jamais. Le Mondial est une poule aux œufs d’or. Grâce à elle, pour l’exercice comptable 2026, la Fifa mise sur une recette globale de 8 911 millions de dollars, soit 7,6 milliards d’euros ! Ensuite il faut rappeler que son principal sponsor, son partenaire officiel, est… Coca-Cola, la légendaire firme américaine d’Atlanta. De plus, Gianni Infantino, numéro 1 de la Fifa, tient plutôt Donald Trump en haute estime. Le 5 décembre, il a remis au président américain le prix de la paix de la Fifa (!), une distinction spécialement créée pour lui, sur mesure, sans doute pour le consoler de ne pas avoir obtenu le Nobel.
On va voir Fifa va barder…
En revanche, la Fifa pourrait sanctionner les déserteurs. Toutes les fédérations (211, soit plus que les 193 états membres de l’ONU!) affiliées à la Fifa sont soumises à son strict règlement. Dans le cas d’un forfait européen, et la défection de grandes équipes comme la France, l’Allemagne, l’Angleterre ou les Pays-Bas, la Fifa devrait revoir à la baisse le montant des droits de retransmission TV et autres revenus publicitaires, et en conséquence faire payer le manque à gagner aux Européens, en les sanctionnant financièrement, en les excluant des compétitions à venir…
En définitive, un boycott du Mondial par les équipes européennes pénaliserait principalement les téléspectateurs européens, pour qui la Coupe du monde est une grande fête, une compétition où l’Europe tient encore le devant de la scène (une exception sportive dans un monde politico-économique où elle fait figure de Vieux Incontinent): sur 22 éditions, de 1930 à nos jours, si le continent Sud-Américain compte 10 succès, l’Europe totalise douze couronnes, 4 avec l’Italie , 4 avec l’Allemagne, 2 grâce à la France, l’Angleterre et l’Espagne complétant le palmarès.




