Dans son nouveau livre, Douglas Murray estime que les Occidentaux ont tout à apprendre de la combativité d’Israël face à ses ennemis. Le journaliste britannique tire un trait d’union entre nazis et terroristes propalestiniens: leur culte de la mort qui vise à anéantir les juifs est un défi existentiel pour toutes les sociétés démocratiques.

Parmi les trop nombreuses victimes de la tuerie de Bondi Beach en Australie, le 14 décembre 2025, se trouvait Alexander Kleytman. Il a succombé aux tirs d’un terroriste en tentant de protéger son épouse. Né en 1938, il avait fui son Ukraine natale pour échapper à la Shoah par balles. Réfugié en Sibérie avec sa mère, il y a connu des conditions de vie très dures avant de pouvoir, un jour, émigrer en Australie. L’engrenage mortel qu’il avait évité dans son enfance l’a rattrapé des décennies plus tard, de l’autre côté de la planète. Un trait d’union direct peut en effet être tracé entre les nazis du passé et les terroristes propalestiniens d’aujourd’hui. Ils partagent un même culte de la mort qui vise l’anéantissement des juifs et constitue un défi existentiel pour les sociétés démocratiques. C’est la thèse du dernier livre de Douglas Murray, Les Démocraties et la Mort. Israël, l’islamisme et nous. Sorti en anglais en avril, il vient de paraître aux presses de L’Artilleur dans l’excellente traduction de Niels Le Saux.
Culte macabre
Dans la langue de Shakespeare qui cultive les formules ramassées, le titre d’origine est plus explicite : On Democracies and Death Cults. Israel, Hamas and the Future of the West. On comprend déjà que, selon l’auteur, ce qui caractérise l’organisation terroriste palestinienne, c’est sa façon de placer la mort au-dessus de la vie dans toutes les circonstances. Ce culte macabre permet à ses « soldats » d’agir avec une absence totale de pitié et d’aller le plus loin possible pour inspirer la terreur à leurs victimes réelles et potentielles. Comment les sociétés démocratiques peuvent-elles résister à une telle force ? Entretenir un culte similaire serait contraire à leurs principes fondamentaux. Mais jusqu’ici, nos dirigeants se sont contentés de déclarations creuses et louvoyantes ainsi que d’actions timides et incohérentes. Pour Murray, nous avons tout à apprendre d’Israël qui a réussi à survivre contre vents et marées, et à faire preuve de combativité face aux ennemis les plus déterminés. Or on nous répète à satiété qu’Israël est un État d’apartheid génocidaire, que c’est lui l’adversaire de la civilisation et que le Hamas est du côté du Bien. Murray réfute cette inversion des valeurs. Son livre est un récit fouillé de ce qui s’est passé depuis le 7-Octobre. C’est aussi une défense d’Israël, de son existence et de sa riposte au Hamas. Enfin, c’est une réflexion sur l’étrange haine de soi des Occidentaux et un appel à l’action face aux adorateurs de la mort qui menacent le monde libre.
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Bien que connu pour ses livres, Douglas Murray est aussi un reporter de guerre. Son nouveau titre est enrichi par ses expériences. Après le 7-Octobre, il a passé au total six mois en Israël et a été deux fois à Gaza avec l’armée israélienne. Il a recueilli les témoignages de survivants, de familles de victimes et d’otages. Il a discuté longuement avec des militaires, des médecins et des psychothérapeutes. Il a interviewé les dirigeants du gouvernement et des partis d’opposition, sans omettre Benyamin Netanyahou. Il a rencontré des Arabes musulmans d’Israël et des Druzes. Et le Hamas ? Ce dernier a refusé d’accueillir le Britannique. Murray a pu pénétrer dans les prisons de haute sécurité pour parler avec les pires terroristes qui y sont détenus, mais ils n’avaient rien à ajouter aux déclarations de haine que le monde a déjà entendues.
Propagande mensongère
Car le discours du Hamas est aussi implacable que cohérent. Il est fondé sur une propagande mensongère qui, depuis le retrait d’Israël en 2005, présente Gaza comme un vaste camp de concentration où la population civile est soumise à des conditions de vie inhumaines. Murray détaille les sommes colossales données par les Américains, les Européens et le Qatar qui ont servi, non à secourir les Gazaouis, mais à enrichir les dirigeants du Hamas, et surtout à l’achat d’armes et à la construction du vaste réseau souterrain – plus de 560 kilomètres de tunnels avec 6 000 points d’entrée – destiné à abriter les combattants sous les structures civiles. Si les enfants souffrent tellement, c’est parce que le Hamas ne craint pas de les mettre en avant. Les soldats israéliens ont trouvé d’innombrables caches d’armes dans les écoles et les maisons, surtout dans les chambres d’enfants. En clair, le Hamas sacrifie sa population, enfants compris, en l’utilisant comme bouclier humain et comme vecteur de mobilisation de l’opinion internationale. Le chef Ismaël Haniyeh a déclaré en 2017 : « Les enfants sont des outils à utiliser contre Israël. Nous les sacrifions pour obtenir le soutien politique du monde. »
Comme prévu, une grande partie de l’opinion publique occidentale gobe ces mensonges et approuve ce culte de la mort. Dès le 7 octobre 2023, avant que Tsahal lance sa riposte, il y a des manifestations dans de nombreuses capitales pour protester, non contre la barbarie du Hamas, mais contre Israël. À la mort de Yahya Sinouar, les propalestiniens – qu’ils soient musulmans ou de gauche – pleurent sa disparition sur les campus et les places publiques. C’est une forme de compassion à l’envers, qui met les bourreaux à la place des victimes. Murray cite la militante canadienne Naomi Klein, qui prétend qu’Israël exhibe ses citoyens traumatisés comme arme de guerre. Elle et ses camarades sont totalement anesthésiés vis-à-vis des souffrances des juifs. Ces derniers seraient à la fois diaboliques par leur habileté et leur perversité, et des moins-que-rien ne méritant aucune empathie. Exactement le point de vue des nazis. Pas surprenant que dans les résidences gazaouies on ait trouvé des exemplaires de Mein Kampf. Pour ne pas être en reste, lors d’une manifestation propalestinienne devant l’opéra de Sydney, le 9 octobre 2023, les participants scandaient : « Gazons les juifs ! »
Après l’attentat de Bondi Beach, le Premier ministre australien Anthony Albanese a prononcé des discours où on ne trouve pas un seul mot sur le fait que les terroristes agissaient au nom de l’islam. En revanche, il a évoqué la menace de l’extrême droite. Entre une telle incapacité à nommer l’adversaire et le culte mortifère des islamistes, Murray identifie une autre voie, celle des Israéliens qui ont su combattre le mal sans célébrer la mort.
Douglas Murray, Les Démocraties et la Mort. Israël, l’islamisme et nous, L’Artilleur, 2025.
Les démocraties et la mort: Israël, l'islamisme et nous
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