Les militants animalistes rêvent d’éradiquer l’élevage des animaux. Cette grave erreur nous ferait tourner le dos à dix mille ans d’Histoire au profit de la viande in vitro et du lait issu de levures OGM.


 

La mise en place d’une agriculture sans élevage, bien davantage adossée au développement de l’agriculture cellulaire dont rêvent les milliardaires et les fonds d’investissement qu’à l’adoption par nos concitoyens d’une alimentation vegan, est soutenue par des écologistes et par des « amis » des animaux. Cela au nom de la défense de la planète face à l’urgence climatique pour les uns et de la défense des animaux pour les autres. Défendre la planète et défendre les animaux, la revendication est simple et ne nécessite pas un argumentaire complexe. Ce qui pourrait expliquer, si l’on doutait de la force de l’esprit critique chez nos concitoyens, qu’en France les Verts aient obtenu un si bon score aux élections européennes, tout comme dans une beaucoup moindre mesure, le Parti animaliste.

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Pourtant, mettre en place une agriculture sans élevage, c’est en tout premier lieu exclure les animaux de ferme du travail. Donc contribuer à les faire disparaître. Car nos relations avec les animaux domestiques sont fondamentalement construites par le travail – tout comme les rapports sociaux entre êtres humains – et les sortir du travail, c’est inévitablement les sortir de nos vies.

Quel cirque!

La commission «  Condition animale  » des Verts (1)demande aux élus d’EELV : de soutenir prioritairement les agriculteurs non éleveurs ; de mettre en place une alternative végétarienne dans les cantines ; d’interdire les cirques avec animaux ; d’encourager les interventions des associations de défense des animaux dans les lycées. Cette commission affiche ainsi clairement sa volonté d’en finir avec l’élevage et les animaux de ferme, et plus largement avec tout rapport de travail entre l’homme et l’animal qui, selon une idée biaisée, renverrait nécessairement à des rapports de domination et d’exploitation. L’idéologie abolitionniste se construit en effet à partir des théories des droits des animaux et de l’antispécisme de façon parfaitement hors-sol. La majorité des théoriciens et des militants de cette mouvance n’ont qu’une connaissance partielle de l’élevage, voire pas de connaissance du tout. Pour eux, l’élevage, c’est l’industrie des productions animales et le cirque, c’est ce qu’en disent ses détracteurs. De leur point de vue, en fait, l’élevage n’existe pas. Le travail avec les animaux dans le spectacle n’est supposé reposer que sur la contrainte. Ces opinions sont bâties et sans cesse renforcées par la propagande des associations de « défense » des animaux, dont l’objectif premier, détruire l’élevage, est servi par des moyens financiers et médiatiques puissants. Détruire l’élevage, détruire nos liens aux animaux de ferme, en attendant de détruire tous nos liens de domestication avec les animaux. Pour le bénéfice de qui ?

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Si l’objectif de ce grand massacre de nos relations aux animaux domestiques, après le grand massacre industriel, est réellement la protection de l’environnement ou celle des animaux, il y a une erreur de cible manifeste. La dégradation du climat et la destruction de notre biotope ne sont pas le fait des vach

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Article extrait du Magazine Causeur

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