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Le philosophe-éditeur Michael Paraire, auteur d’une réfutation argumentée de Michel Onfray et de quelques études roboratives autour de l’anarchisme, Démosthène ou Tourgueniev, a décidé de sauver la Saint-Valentin des « eaux glacées du calcul égoïste » (Marx et Engels). À l’heure où la passion amoureuse tend à devenir un totem marchand comme les autres, Paraire cherche Cupidon dans les grands textes, « au fond de la bibliothèque des temps, au milieu des œuvres des plus grands philosophes et des meilleurs poètes ». Toute sa culture personnelle y est passée, des antiques aux romantiques en passant par le Grand siècle, mais aussi la bibliothèque municipale car l’auteur a la chance d’habiter une ville anciennement communiste.

Avec son érudition habituelle, le patron et unique employé des éditions de l’Épervier ressuscite Montesquieu (« L’amour a fait tout le bonheur et tout le malheur de ma vie »), Stendhal (« Avant la naissance de l’amour, la beauté est nécessaire comme enseigne ; elle prédispose à cette passion par les louanges qu’on entend donner à ce qu’on aimera. »), Sénac de Meilhan (« L’amitié est à l’amour ce qu’une estampe est à un tableau. ») ou le cynique Casanova (« Toutes les femmes, honnêtes ou non, se vendent. Quand un homme a le temps, il achète par ses soins assidus la femme que son amour convoite ; quand il est pressé comme moi, il met en usage les présents et même l’or. ») en une cinquantaine d’entrées.

Plongés dans l’index des auteurs, un outil bien pratique pour lire en diagonale, nous laisserons le mot de la fin à Musset : « Si vous appelez l’amour une vie misérable, vous n’avez pas aimé. »

1 000 pensées philosophiques sur l’amour. Textes choisis par Michael Paraire. Editions de l’épervier, 2016.

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Manuel Moreau
est journaliste et syndicaliste.
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