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Ce chaos que les Cassandres annonçaient

La chronique politique d’Ivan Rioufol


Ce chaos que les Cassandres annonçaient
Le journaliste Ivan Rioufol © Hannah Assouline

Black bloc, islamo-gauchistes, jeunes sauvageons issus de l’immigration africaine ou musulmane: Ivan Rioufol voit dans les troubles actuels une inquiétante convergence des brutes. La France silencieuse observe médusée ce qui arrive et refuse de se joindre à cette colère préemptée par l’extrême gauche.


Et soudain, Arlette Chabot lâcha un cri : « On coule ! ». C’était samedi, sur LCI. Comment mieux s’épouvanter, en effet, devant ces scènes de terreur urbaine partout en France ? Il aura pourtant fallu le spectacle du chaos généralisé pour réveiller, à travers cette figure d’un journalisme tempéré, des esprits encalminés.

Le monde atterré

En réalité, le naufrage français n’a rien d’une surprise pour ceux qui ont des yeux pour voir. Cependant, le système médiatique aura tout fait, depuis trente ans et plus, pour disqualifier les lanceurs d’alerte. Ce que disaient les Cassandres était pourtant simple à comprendre : une immigration de masse, majoritairement arabo-musulmane, est une menace pour la paix civile. Quand Dominique de Villepin déplore à son tour, hier : « La France est en train de sombrer », il oublie ses sarcasmes d’hier contre les « déclinistes » qui prédisaient le drame[1]. Surtout, l’ancien Premier ministre s’épargne l’autocritique sur ses envolées lyriques en défense d’une société ouverte et multiculturelle. Car c’est ce modèle – défendu par la gauche, ses ultras et le bloc central – qui s’effondre devant le monde atterré.

Ce ne sont pas seulement les black blocs et les antifas, bras armés habituels des néo-fascistes, qui ont anéanti le mouvement lycéen, après avoir dénaturé les gilets jaunes. L’islamisme est, dans les commentaires lénifiants, l’éléphant invisibilisé dans le salon. Les « émeutiers », « casseurs » et « pilleurs » ainsi nommés par Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, sont pour la plupart, hormis quelques « petits Blancs » désassimilés, issus de la nouvelle France sublimée par Jean-Luc Mélenchon. Ces jeunes des cités mènent une intifada contre la nation, sous drapeaux palestiniens et maghrébins. Leurs razzias (1 500 commerces touchés) accompagnent la conquête et ses butins.

Choisis ta France

La guerre civile est dans les esprits. Deux France se sont séparées. L’une d’elles, soutenue par LFI et ses chemises noires, veut en découdre jusqu’au sang au nom d’une revanche coloniale. Le choc de civilisation va s’amplifier. Les armes peuvent apparaître. Samedi, un couple d’octogénaires a été dépouillé de ses bijoux et habits, aux alentours de la place de la République. Des slogans anti-Juifs accompagnent le palestinisme qui a étouffé la révolte d’une jeunesse embrigadée.

À Paris, les émeutiers étaient à 300 mètres de l’Elysée. À Marseille, 30 000 pilleurs ont été recensés. La mairie de Limoges a été incendiée, faute d’avoir pu être protégée. Si les appartements des riverains ont été épargnés, ils restent des cibles faciles à atteindre pour les hordes euphoriques qui sillonnent les rues. Un 7-octobre est possible. Car l’État a perdu le contrôle de la situation. Les Français ne sont plus en sécurité. Hier soir, tandis que les insurrections se poursuivaient, Emmanuel Macron s’est interrogé benoîtement : « Comment des Français peuvent-ils faire cela à la France ? ». Samedi, l’Élysée n’avait rien trouvé de plus opportun, pour alimenter le ressentiment contre la nation, que de publier un communiqué commémorant les 65 ans du 17 octobre 1961 en hommage « aux Algériens victimes de la répression sanglante organisée sous l’autorité du préfet de police Maurice Papon ». Face à ce désastre annoncé, la France silencieuse a choisi son camp, en ne rejoignant pas la colère préemptée par l’extrême gauche islamisée. Cet ennemi intérieur parie sur sa lâcheté. Aux Français excédés de dire clairement : ça suffit, cassez-vous.


[1] https://www.lemonde.fr/societe/article/2006/01/11/dominique-de-villepin-fustige-les-declinologues_729604_3224.html




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Journaliste, éditorialiste, essayiste. (ex-Le Figaro, CNews, Causeur)

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