Après les émeutes, le footballeur Emmanuel Petit, auteur du troisième but en finale de Coupe du Monde 98 contre le Brésil, est sorti de ses gonds contre les petits cons. Mais il n’est pas certain que son milieu professionel apprécie son tacle
On se souvient du vigoureux milieu de terrain qu’il était, dans l’équipe d’Aimé Jacquet et de Roger Lemerre. En une du Nouvel Obs, le 16 juillet 1998, il avait été photographié entrelacé avec Zinédine Zidane et Christian Karembeu, avec pour titre : « Nous nous sommes tant aimés ». Vingt-huit ans plus tard, Emmanuel Petit en a pourtant gros.
Ce dimanche 18 octobre, au lendemain de la journée d’émeutes qui a secoué la France, il a exprimé tout son dégoût : « Aujourd’hui, j’ai envie de descendre dans la rue et de me friter avec tous ces petits cons parce qu’il n’y a pas d’autres mots. Tous ces gens que j’ai vu d’ailleurs au soir des finales de Champions League du Paris-Saint-Germain. Ils sont tous cagoulés, parce que la lâcheté, c’est ce qui les unit. On détruit tout, on brûle tout, on casse tout, on pille, on vole, on blesse, on agresse, on insulte ». Et de conclure : « Toutes les personnes qui croient encore profondément, comme moi, que la France est un superbe pays qui ouvre ses portes à bras ouverts à toutes les personnes qui souhaitent venir ici. (…) J’adore mon pays, j’adore tous les étrangers qui adorent mon pays, qui veulent s’intégrer. Mais tous les autres, à commencer par les Français qui ne souhaitent pas justement que la France continue à être ce qu’elle est, retournez d’où vous venez, on n’a pas besoin de vous. Et tous ceux qui sont nés avec un passeport français, cassez-vous ! On ne veut plus de vous ». Ce dimanche, le Manu le plus remonté n’était pas forcément à l’Élysée.
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Un discours qui rompt avec le politiquement correct qui domine chez les Bleus et les anciens Bleus. On se souvient des prises de position de Kylian Mbappé et de quelques autres lors des élections législatives de 2024, ou des déclarations indigénistes de Lilian Thuram. C’est peu dire que la prise de position assumée par Emmanuel Petit est fort rare dans le football français. On l’avait déjà senti en rupture avec l’époque, dans une interview proposée par le Podcast des légendes en octobre 2024, il faisait part de son incompréhension face au militantisme de Mbappé : « Je trouve qu’il y a une certaine indécence de la part beaucoup de gens à toujours donner leurs aspirations, politiques, spirituelles, religieuses. Mais on s’en fout, quoi ! (…) les gens ne comprennent pas ces mecs qui croulent sous les millions ». Un milieu de terrain devenu mécontemporain.
La presse sportive goûte assez peu la sortie. L’Équipe qualifie l’intervention de « long discours débridé » tandis que le site de So Foot écrit en caractères gras, à propos de la conclusion de Petit, où il invite les casseurs à quitter la France : « On cherche encore et toujours le rapport avec les faits évoqués ».
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