Elle fut à Montréal, elle était à Londres, elle sera à Berlin, elle est à Paris. L’exposition Jean-Paul Gaultier est un enchantement. On peut certes penser qu’elle réalise un moment de la société du spectacle, qu’elle est le miroir d’une époque tout entière consacrée à la volupté d’être, qu’elle sanctuarise l’ère du vide et du « genre », mais on n’aura rien dit de la « révélation » qu’elle est pour le visiteur qui trouvera au Grand Palais l’aliment dune durable allégresse.

Peu importe même qu’on se soucie comme d’une guigne de la mode et de Jean-Paul « Ier », la très imaginative muséographie de cette exposition unique enchante par elle-même. Se jouant des volumes et du lieu, elle nous entraîne ici dans un boudoir, là au pied d’un plateau tournant qui reproduit la fantaisie d’un défilé fellinien, le ballet des modèles saisis dans leurs poses furtives : cambrés, extatiques, arrogants, pressés…

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Exposition Jean-Paul Gaultier, Grand Palais, Galeries nationales, jusqu’au 3 août 2015.

*Photo : LaurentVu/SIPA. 00703176_000049.

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