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CAC, c’est reparti comme en 40…

CAC, c’est reparti comme en 40…

D’ici quelques jours, on devrait connaître le montant des profits réalisés par les entreprises du CAC 40 pour l’année 2010. Après la progression de 86% réalisée au premier semestre, nul doute que ces résultats illustreront encore le décalage croissant entre les citoyens et les multinationales. Total avait ouvert le feu le 11 de ce mois, en annonçant plus de 10 milliards d’euros de bénéfices nets pour l’année et la distribution de 5 milliards d’euros de dividendes. Certes, le record de 2008 n’est pas atteint (13,9 milliards), mais la hausse du prix du baril permet d’espérer approcher ou battre ce record pour l’ensemble de l’année 2011.

BNP Paribas a annoncé cette semaine avoir réalisé un bénéfice net de 7,8 milliards (nouveau record pour le groupe, battant le résultat de 2007 grâce à l’absorption de Fortis). Le résultat opérationnel s’élève à 13 milliards d’euros pour un Produit Net Bancaire de 43,8 milliards, soit une marge opérationnelle proche de 30%. Même si en termes de marges, la BNP n’est pas encore au niveau de performances de 2007, cela montre que les grandes banques se sont vite remises de la crise.

Plus globalement, les entreprises du CAC 40 ont vu leurs profits augmenter de 86% au premier semestre pour atteindre à peu près de 42 milliards d’euros et le chiffre attendu sur l’ensemble de l’année 2010 devrait dépasser les 80 milliards. Il est vrai que les profits des 40 premières cotisations françaises a atteint 101 milliards d’euros en 2007 mais il ne faut pas oublier que trois ans avant, en 2004 ces mêmes profits s’élevaient à 57 milliards « seulement ». En clair, dès la première année de sortie de crise, le CAC 40 va réaliser son troisième grand cru de l’histoire derrière ceux de 2007 et 2006.

Une inégalité très problématique

Le décalage entre les multinationales et le reste de la société est extrêmement choquant. Pendant que les sociétés du CAC 40 ont retrouvé croissance, profits et dividendes, le chômage a continué de progresser et les hausses de prix de rogner le pouvoir d’achat des ménages. Bref, les effets de la crise se font lourdement sentir par la grande majorité de la population.

Tout porte à croire que le record de 2007 sera battu dès 2011, voire 2012. Et cela pose plusieurs problèmes. L’Etat venait au secours des multinationales quand elles allaient mal, et n’a pas hésité à s’endetter pour renflouer leurs caisses. Or, ce sont les mêmes banques – aidées hier par les Etats – qui leurs prêtent aujourd’hui de l’argent. Dans ces opérations très profitables les banques trouvent dans la BCE une complice.

On peut – et on doit – se demander si certains profits ne sont pas excessifs. Des marges opérationnelles de 30 ou 40% sont-elles normales dans des secteurs comme la banque ou la pharmacie ? Ne s’agit-il pas d’une rente de position ? En outre, cette logique de course effrénée après les marges qui a poussé Renault – elle aussi aidée par l’Etat – à diviser par deux sa production en France.

Les énormes et rapides profits réalisés par les grandes multinationales sont autant d’indices d’un disfonctionnement majeur de notre organisation économique. Les écarts qui se creusent entre elles et le reste de la société indiquent que la crise sociale est toujours devant nous.


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Laurent Pinsolle tient le blog Gaulliste libre.

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