La radio de Matthieu Pigasse s’est spécialisée dans le recyclage des humoristes débarqués de l’audiovisuel public. Sous couvert de lutte contre l’extrême droite, le milliardaire de gauche leur laisse carte blanche pour dérouler un programme indigéniste, islamo gauchiste, décolonial et antisioniste. Prière de ricaner.
Mercredi 14 janvier, Benjamin Duhamel recevait sur France Inter le banquier gauchiste Matthieu Pigasse. L’occasion pour ce dernier de rappeler, pour la millième fois, qu’il mène « une bataille culturelle contre l’extrême droite et la droite radicale » qui, selon lui, « matraquent de manière obsessionnelle leurs fantasmes » dans les médias Bolloré et mènent de surcroît, actuellement, une « action contre l’audiovisuel public » – rappelons que lui-même qualifiait il n’y a pas si longtemps Radio France de « voix du pouvoir ». Les médias qu’il dirige seraient en revanche totalement indépendants et ne se contenteraient pas de « commenter des thèmes » – l’insécurité, l’islam et l’immigration –, mais délivreraient une véritable information basée sur des faits. « Mes médias ont une ligne », concède toutefois M. Pigasse tout en assurant ne pas interférer dans leurs contenus, contredisant ainsi le même M. Pigasse qui affirmait il y a quelques mois, dans Libération, lutter farouchement contre la « droite radicale » et vouloir « mettre les médias [qu’il] contrôle dans ce combat ». À la question de savoir si, des fois, il ne serait pas un peu le « Vincent Bolloré de gauche », le banquier d’affaires au grand cœur répond avec des arguments à vous arracher des larmes : « Tout nous oppose avec Vincent Bolloré, à commencer par les valeurs, pas besoin de le dire. Moi, j’ai toujours prôné la justice sociale, l’ouverture à l’autre, le partage des richesses » – c’est beau comme du François Hollande. Ou du Xavier Bertrand. Ou du Jean-Luc Mélenchon. Ou du Raphaël Glucksmann. Ou du Olivier Faure. Ou du Fabien Roussel. Ou du Édouard Philippe. Ou du Marine Tondelier. [Liste non exhaustive].
Peser sur 2027…
Matthieu Pigasse regrette encore de s’être fait voler la vedette, il y a bientôt dix ans, par Emmanuel Macron. Énarque, proche du PS, conseiller de Dominique Strauss-Kahn puis de Laurent Fabius au ministère de l’Économie et des Finances, banquier d’affaires et associé-gérant chez Lazard, il ne lui manquait pas grand-chose pour briguer, comme son clone Emmanuel Macron, la présidence de la République en 2017. Au magazine Vanity Fair, il confirmera, quelques mois après les élections, avoir reculé au dernier moment, en accusant « ceux qui ont fait Macron », François Hollande en tête, de l’avoir « bloqué ». Depuis, le banquier a musclé son discours d’ultra-gauche et étoffé son portefeuille médiatique : Mediawan, l’entreprise productrice de contenus achetés par la télévision publique, Le Monde, Télérama et Le Nouvel Obs, excusez du peu. Progressistes, immigrationnistes et woke, ces médias dénoncent régulièrement les « vagues réactionnaires » qui submergeraient notre pays et présagent le retour du fascisme si l’« extrême droite » gagne les prochaines présidentielles. Rien de nouveau, donc, sous le soleil de la bien-pensance centro-socialo-gauchiste, la même qui favorisa, au nom du « front républicain », l’accession au pouvoir du plus néfaste président de la Ve république, j’ai nommé Emmanuel Macron. Face à Benjamin Duhamel, M. Pigasse laisse planer le doute sur sa potentielle candidature, mais assure vouloir « peser le plus possible sur la présidentielle de 2027 ». Pour cela, il compte sur une presse à ses ordres et sur ses… humoristes.
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En effet, l’homme d’affaires est également propriétaire de Radio Nova. Nova, c’est essentiellement des pubs et un programme musical composé de toutes les daubes techno, rappeuses, slameuses et nakamureuses passées ou actuelles. « Éclectique, mais plutôt marqué par la basse que par la guitare », avoue sans détour le directeur de la radio, Frédéric Antelme. Les dealers des cités, les sociologues de Paris 8 et les cadres branchés en raffolent, paraît-il. Côté humour, Guillaume Meurice, Aymeric Lompret, Juliette Arnaud et Pierre-Emmanuel Barré, transfuges de France Inter, animent chaque dimanche « La Dernière », une émission « transgressive » où tous les thèmes chers aux wokistes élevés en batterie universitaire, aux islamo-gauchistes, aux artistes anticapitalistes subventionnés, aux décoloniaux antisionistes en général et aux insoumis propalestiniens en particulier sont abordés avec un humour de plus en plus lourdingue. « J’ai souhaité créer un espace où on essaie de devenir moins cons », affirme Guillaume Meurice à Télérama. Raté ! Au fil des semaines, le succès aidant, lui et sa bande se sont mis à la hauteur d’un public conquis d’avance et se régalant d’entendre en boucle les mêmes blagues graveleuses débitées sur un ton crasseux. Sur internet, en tapant les mots-clés « bite », « couille », « connard », « merde », « pisse » ou « slibard », l’on est sûr de tomber soit sur un livre de Virginie Despentes, soit sur… une chronique de Pierre-Emmanuel Barré. Celle, par exemple, où avant de traiter le ministre de l’Intérieur de « grosse cuve à pisse », il assène en ricanant : « Dans la police il n’y a pas que des violeurs, il y a aussi des meurtriers. […] En fait, la police et la gendarmerie, c’est Daech avec la sécurité de l’emploi. » Ou celle dans laquelle il se gausse des Français qui se disent patriotes – « Je me régale à regarder ces vieux tas de fromage de bites avec leurs drapeaux bleu-blanc-rouge. […] Les patriotes, c’est vraiment la trace de pneu dans le slibard de Marianne. Ils sont devenus demeurés comme des brosses à chiottes à force de s’informer avec CNews. […] La nationalité française, donnez-la à n’importe quel étranger, avec ou sans métier, qui fait toc-toc à la France. On s’en bat les couilles de la nationalité française » –, avant d’annoncer son programme s’il était au pouvoir : « Pour chaque immigré naturalisé, on dénaturalise un connard français ! » Voilà le niveau ! Niveau qui ne risque pas de s’élever avec Akim Omiri et son émission quotidienne, « La Riposte ». Les obsessions de M. Omiri et de ses acolytes ? Les mêmes que celles de la bande à Guillaume Meurice. Une chroniqueuse de l’émission a récemment déclenché l’hilarité de ses congénères en rapportant les résultats d’un sondage révélant que 30 % des homosexuels se disent prêts à voter Jordan Bardella au premier tour des présidentielles : « C’est pas si étonnant. Ça reste la catégorie de personnes la mieux préparée à se faire enculer. » La blague, quoiqu’éculée, peut à la rigueur faire sourire. Mais je vous laisse imaginer ce qui se passerait si un propos analogue était tenu par un humoriste supposément de droite, sur un média Bolloré, à propos des homosexuels déclarant vouloir voter socialiste aux prochaines élections…
Transfuges
Autre transfuge de France Inter, le dénommé Djamil Le Schlag anime de son côté une émission hebdomadaire intitulée… « Les Grands Remplaçants ». « Le principe de l’émission : un décryptage humoristique de l’extrême droite et du racisme en France, à partir du vécu de personnes racisées », peut-on lire sur un des nombreux médias d’extrême gauche qui en font la publicité. « C’est l’énergie du rap transposé sur un plateau d’humour. On va se marrer. Razzia sur la bande FM et gros ulcères pour les lecteurs de Renaud Camus », assure-t-on sur le site de la radio. Sous couvert d’humour, le militantisme indigéniste est totalement assumé. Les sketches ressemblent à de laborieux tracts politiques diversitaires et décoloniaux. Les humoristes et leurs invités sont très majoritairement « racisés », se revendiquent comme tels et se moquent régulièrement des Français qui renâclent à l’idée de voir leur pays ressembler à la Belgique, pays que Djamil Le Schlag admire pour sa société multiculturelle, une réussite selon lui, et pour le « cordon sanitaire » de ses médias publics qui « mettent au ban de la société les fachos et les racistes » : « En Belgique, si t’es raciste on t’invite pas à la télé, alors qu’en France, sur certaines chaînes, on t’invite que si tu es raciste. » Lui n’est pas raciste, bien sûr. Pourtant, sur le média communautariste Paroles d’honneur, il déclare ne vouloir embaucher pour son émission que « des Arabes et des Noirs ». Il préconise par ailleurs « de ne jamais aller dans les endroits où il n’y a que des Blancs ». À ceux qui en doutaient encore, ces propos prouvent que l’antiracisme racialiste, dont se prévalent les chroniqueurs de Radio Nova, cache – de plus en plus mal, il est vrai – un racisme antiblanc bien réel.

Matthieu Pigasse est fier de ses recrues. Il adore les entendre éructer des insanités contre les Français qui votent mal, contre les policiers, contre CNews, contre les « islamophobes ». Il jubile de les voir s’acoquiner avec Rima Hassan, Rokhaya Diallo, des activistes immigrationnistes, des militants antisionistes, des écologistes radicaux islamo-compatibles. La logorrhée ordurière de Pierre-Emmanuel Barré le met en joie. Une méchante blague sur Pascal Praud ou Christine Kelly lui fait la journée. Ses bouffons ont carte blanche. « En face, ils n’ont pas de limites, donc je leur ai dit de ne pas en avoir non plus », déclare-t-il à Libération. Message reçu cinq sur cinq. Tous les excès sont permis du moment qu’ils permettent de colporter l’idée que la France est, de toute éternité, un pays raciste, xénophobe et islamophobe. Radio Nova est à l’image de la France souhaitée par M. Pigasse, un conglomérat de communautés ethnoreligieuses, une société intégralement « racialisée » dans laquelle les Blancs sont d’éternels coupables, les « racisés » d’éternelles victimes, et tous ceux qui ne votent pas à gauche d’éternels fascistes.
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France Inter s’est transformée ces dernières années en pépinière d’humoristes-militants d’extrême gauche. Afin d’illustrer, pour le déplorer, cet état de fait, Charles Alloncle, le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, a rappelé, lors de l’audition de la présidente du comité d’éthique et de la médiatrice de Radio France, les propos scandaleux d’Aymeric Lompret lors de sa chronique du 15 octobre 2021[1] : « Merci, les gens d’extrême droite, d’avoir payé [vos impôts] pour qu’on dise que vous êtes des gros cons. Si j’étais à votre place, comment je serais dégoûté de me faire insulter toute la journée et, en plus, de devoir payer pour ça. » Repéré par M. Pigasse, Aymeric Lompret a fini chez Radio Nova. Normal. Un autre humoriste francintérien devrait bientôt l’y rejoindre. Merwane Benlazar, qui s’était déjà distingué en débarquant sur le plateau de « C à vous » en livrée salafisteavant qu’on ne découvre ses messages misogynes et procharia sur X[2], a pondu le 7 janvier dernier une chronique qui a exaspéré jusqu’au pourtant toujours très circonspect président de ladite commission, Jérémie Patrier-Leitus. Encouragé par les ricanements de Matthieu Noël, l’animateur de « Zoom Zoom Zen », l’émission dans laquelle il sévit, on l’y entend appeler à une censure politique voisine de celle qui se pratique dans l’audiovisuel public belge. Sa blague du jour : « On a été trop gentils avec l’extrême droite. Mettre un facho au micro, c’est légitimer ses idées. » Bravo, M. Benlazar ! Votre prochain entretien d’embauche pour un poste de rigolo-militant pas drôle sur Radio Nova ne devrait être qu’une formalité…
[1] Voir à ce sujet mon article du 18 octobre 2021, « France Inter a un incroyable talent », causeur.fr.
[2] Voir à ce sujet l’article d’Élisabeth Lévy du 4 février 2025, « Merwane Benlazar : défense de rire », causeur.fr.




