Valérie Boyer dénonce la pénalisation permanente des femmes qui travaillent. Selon elle, les mères et les veuves seront les grandes sacrifiées de la réforme des retraites. Se heurtant au silence radio du gouvernement, la députée de Marseille lance une pétition.


Alors que le Président a affirmé vouloir faire de son quinquennat celui de l’égalité entre les femmes et les hommes, la logique poursuivie par le gouvernement ne va définitivement pas dans le sens des femmes, en particulier celles qui travaillent et qui ont des enfants.

Après les avoir pénalisées avec la baisse du quotient familial et de la PAJE, le gouvernement risque de créer de nouvelles contraintes avec une réforme des retraites qui leur sera défavorable. Comme souvent, les femmes qui travaillent et qui ont des enfants – et davantage lorsque ces derniers souffrent de handicap – sont les grandes oubliées de la politique gouvernementale.

Retraites des parents élevant un enfant handicapé: table rase sur les mesures existantes ?

Mardi 3 décembre avait lieu la journée mondiale du handicap. Pourtant malgré nos nombreuses interrogations, le gouvernement reste toujours muet concernant les familles qui élèvent un enfant handicapé. En effet, de nombreuses femmes mettent leur carrière entre parenthèses pour s’occuper de leur enfant et subvenir à ses besoins décuplés.

Aujourd’hui, les parents d’enfants handicapés bénéficient de deux grandes mesures: la retraite à 65 ans à taux plein quel que soit le nombre de trimestres et la majoration de trimestres. La réforme des retraites maintiendra-t-elle ces avantages indispensables ?

En effet, dans le système actuel, un enfant donne droit à huit trimestres de cotisation. La mère reçoit 4 trimestres au titre de la grossesse et de l’accouchement et quatre trimestres au titre de l’éducation (pouvant être répartis entre les deux parents). Quand le taux de handicap de l’enfant est au moins de 80%, le parent peut recevoir un trimestre supplémentaire par période de 2,5 ans d’éducation, dans la limite de huit semestres, soit seize trimestres au total.

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Mais aujourd’hui, le doute subsiste sur la pérennité de ces dispositions qui offraient aux parents – et particulièrement aux mères – la possibilité d’accéder à une retraite à taux plein après avoir consacré leur vie à leur enfant souffrant de handicap. Le système de retraites à point que souhaite instaurer le Gouvernement ne risque-t-il pas de supprimer l’assurance vieillesse pour le parent qui a cessé de travailler pour s’occuper de son enfant handicapé ?

Parallèlement, des complémentaires accordent actuellement une majoration des droits en cas d’enfants invalides. Par exemple, chaque enfant invalide donne droit à une majoration de 5% des complémentaires Arrco et Agirc. Est-ce que ces majorations seront maintenues dans la nouvelle réforme des retraites? Nous avons les raisons d’en douter puisque les premières annonces de la réforme pénalisent d’ores et déjà les mères de famille qui travaillent. Par exemple, le gouvernement n’a pas dissimulé son intention de supprimer les huit trimestres par enfant et les 10% de majoration pour le troisième enfant.

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Ainsi, une femme qui travaille et qui a des enfants est sanctionnée doublement, à la fois pendant sa carrière et une fois à la retraite. Actuellement, 79% des femmes partent à la retraites avant 64 ans parce qu’elles bénéficient de ces huit trimestres. Sans cette mesure, elles devront partir deux ans plus tard pour avoir une retraite à taux plein, de même pour les mères d’enfants handicapés.

Recul de l’âge d’accès à la pension de réversion des veuves

Cet acharnement se poursuit avec les pensions de réversion. En effet, les veuves bénéficient aujourd’hui d’une pension de réversion dès l’âge de 55 ans. Avec la réforme elles ne pourront y accéder que sept ans plus tard, à 62 ans. Pourquoi retarder à ce point l’accès à cette pension pour la femme qui a perdu son mari?

Sachant que les pensions de réversion représentent 36 milliards d’euros, soit 11,7% de l’ensemble des retraites, le gouvernement n’essaierait-il pas de faire main basse sur la retraite des femmes pour financer sa réforme? C’est la raison pour laquelle je réclame des réponses à ces questions ainsi que des données précises. Les femmes qui travaillent et qui ont des enfants doivent-elles craindre de nouvelles injustices avec cette réforme opaque?

Cette tribune de Valérie BOYER a été co-signée le vendredi 6 décembre 2019 par les députés Eric STRAUMANN, Constance LE GRIP, Guy TEISSIER, Julien AUBERT, Brigitte KUSTER et Annie GENEVARD.

Madame Boyer a ouvert une pétition accessible ici.

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