Le chef de l’État avait assuré lors de ses vœux pour 2026 qu’il ferait tout pour que l’élection présidentielle de l’an prochain se déroule « à l’abri de toute ingérence étrangère ». Les élections municipales sont déjà un premier test. De fausses informations sur LFI circulent…
A l’approche des élections municipales, les services de sécurité s’inquiètent d’ingérences étrangères. Viginum est ainsi passé au stade «alerte incendie», a prévenu Emmanuel Macron. Au service de vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères, 65 agents veillent pour réagir dès le «premier indice» d’ingérence ou de «manipulation de l’information».
Récemment, ils ont pointé des attaques contre Sébastien Delogu, accusé par une certaine Sophie de viol[1]. Des tracts avec un QR code renvoyant à son site ont été placardés sur des panneaux d’affichage à Marseille. Des rédactions ont été contactées par une adresse mail anonyme. C’était bidon et ça n’a pas pris. Une autre vidéo, signée Alternative 2026 invite les musulmans à voter LFI « pour une France plus musulmane ». Tout aussi bidon. Ce dernier exemple est intéressant, car on voit que la désinformation joue avec le vraisemblable. On peut croire et diffuser ces affabulations en toute bonne foi – biais cognitif, on croit ce qui cadre avec nos convictions.
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La presse dénonce surtout les attaques contre LFI, pauvre parti injustement ciblé. Et accuse dans le même temps sans preuve Sarah Knafo d’être favorisée par Elon Musk à cause de son succès sur X. Mais tous les candidats et toutes les personnalités publiques sont en réalité victimes de calomnies en bandes organisées.
Mais s’agit-il d’ingérences étrangères ?
Certainement, pour une bonne part. D’après Viginum, un site russe accusait Pierre-Yves Bournazel de vouloir installer un centre de migrants à Beaubourg. Concernant LFI, Le Monde laisse entendre sans preuve que c’est un lobby pro-israélien – Elnet. Il est très facile d’accuser les méchants du moment: Russie, Chine et bien sûr Israël. De fait la désinformation est une arme de choix de la guerre secrète à laquelle participent tous les Etats, y compris espérons-le le nôtre. Et ce n’est pas nouveau, rappelez-vous de la propagande soviétique. La nouveauté, c’est l’industrialisation du mensonge. N’importe quel millenial peut désormais fabriquer de faux comptes ou de faux médias pour y diffuser des fausses nouvelles. Des gens qui ne sont ni Russes, ni Chinois peuvent raconter n’importe quoi, comme ce pseudo-artiste expliquant à un pseudo-journaliste dans une vidéo accessible à tous qu’il n’a pas fait carrière parce qu’il a refusé de participer à des rituels satanistes avec sang d’enfant au menu…
Ce n’est pas Viginum ni la justice qui peuvent lutter contre ce déferlement de ragots et coquecigrues, qu’ils soient d’origine étrangère ou made in France. Les émetteurs sont trop nombreux. Mais on peut agir sur les récepteurs, c’est-à-dire vous et moi. La seule arme contre la désinformation, c’est la raison humaine. Votre cerveau.
Cette chronique a été diffusée sur Sud Radio
[1] https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/03/09/sebastien-delogu-francois-piquemal-et-lfi-cibles-par-une-campagne-de-desinformation-en-pleine-campagne-des-municipales_6670119_823448.html




