C’était hier, le chœur des médias saluait la résistance héroïque des Kurdes de Kobané assiégée par les commandos de l’État Islamique. Une femme, Mayssa Abdo, galvanisait la résistance de la population et de quelques Peshmergas peu armés mais pleins de courage et de détermination. On se souvient des blindés turcs qui de leur promontoire, de l’autre côté de la frontière avec la Syrie, dominaient la scène sans tirer un seul coup de canon. Le 25 janvier, après quatre mois de combats et une ville ravagée, les Kurdes finissaient par se libérer.

C’était hier, du 25 au 27 juin, une nouvelle attaque de Daech tuait plus de 200 personnes et en blessait plus de 300 sous le regard impavide des forces turques. Erdogan s’offusquait qu’on l’accuse d’avoir laissé passer les spadassins islamistes, dont certains portaient des uniformes de l’armée turque et utilisaient des munitions de cette même armée membre de l’OTAN. Il déclarait alors que jamais il n’accepterait la création d’une nouvelle entité kurde à sa frontière sud.

Aujourd’hui, Erdogan fait bombarder Kobané. Silence, on tourne, puisqu’Ankara déclare la guerre à l’État islamique, son frère ennemi.

Au final, l’Occident, dans son immense clairvoyance, abat ses atouts dans ce poker menteur – la Turquie et l’Iran, unis par une alliance objective contre l’E.I – tout en se glorifiant de ses mamours nucléaires avec les ayatollahs (qui persistent à vouloir la peau d’Israël et des USA) dans l’accord négocié à Vienne, comble de l’ironie, place Théodor Herzl.

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