Le 16 mars dernier, la commission de la défense du Sénat américain a reçu Andrew Gibb, en charge des ADM (armes de destruction massive) et de la prolifération au sein du Conseil national de renseignement, pour un « état de lieux » de la question nucléaire iranienne. La séance, tenue à huit clos, avait comme objectif de briefer les sénateurs sur le travail en cours qui aboutira bientôt par une nouvelle évaluation officielle des capacités et intentions iraniennes dans le domaine nucléaire. La dernière fois qu’une telle évaluation a été élaborée fin 2007, ses conclusions expliquaient que Téhéran souhaitait atteindre le seuil du nucléaire militaire sans le franchir, ce qu’on appelle en américain « a décision away from the bomb ».

Selon Amir Oren, le très renseigné enquêteur de Haaretz, le consensus qui se dégage parmi les agences de renseignement des Etats-Unis est que l’Iran n’a pas encore décidé de franchir le seuil et donc de fabriquer des armes nucléaires. Contrairement à ce que disent les Iraniens, les Américains ne croient pas que les hésitations de Téhéran ont quelque chose à voir avec une interprétation du Coran ou d’un Hadith. Les mollahs, croit-on à Washington, prennent très au sérieux la possibilité des frappes contre leurs installations nucléaires et continuent à peser les avantages et désavantages d’une telle décision.

En fait, l’agenda qui semble avoir les faveurs de Téhéran est assez simple : attendre dans un premier temps que les missiles balistiques iraniens capables d’atteindre le côte Est des Etats-Unis soient opérationnels. Ensuite, il sera bien temps de penser à fabriquer des têtes nucléaires…

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