David Cameron et François Hollande (Paris, novembre 2015). Sipa. Numéro de reportage : AP21826131_000009;

Je me souviens d’une visite au musée de l’Homme, faite à la fin des années 1980, bien avant le relooking récent. Après avoir passé en revue les cultures non-occidentales – objet classique du regard anthropologique –, le musée proposait une salle, vétuste à souhait, consacrée à l’Europe. Si l’Est slave y était encore traité sous l’angle folklorique, les pays de l’Ouest n’avaient droit qu’à quelques considérations historico-sociales. À la fin, une dernière vitrine, comme une île perdue à l’extrémité d’un continent, parlait de l’Angleterre. À côté d’une photo du Parlement de Westminster et d’une théière poussiéreuse, un écriteau déclarait, avec toute l’autorité scientifique du musée, que l’Angleterre était « un pays très nationaliste ». Imaginez ma surprise : au xxe siècle, il y avait eu les nazis, les fachos, les collabos et autres énergumènes, et pourtant ici c’était nous qui étions qualifiés de « très nationalistes » ! Comment expliquer cette déclaration pour le moins paradoxale ?

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Jeremy Stubbs
est universitaire, écrivain, consultant.Président des Conservateurs britanniques de Paris.
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