Gaspard Gantzer a abandonné sa candidature et les équipes de «Parisiens, Parisiennes» pour être parachuté par Agnès Buzyn comme tête de liste LREM dans le 6e arrondissement.


Agnès Buzyn, la nouvelle candidate LREM de Paris a paru très heureuse d’annoncer le ralliement de Gaspard Gantzer, candidat au nom de la liste « Parisiens, Parisiennes », à son panache blanc. Mais il y a parfois des ralliements que l’on traîne comme des boulets, notamment quand avec leur arrivée on assiste au retour de tout ce qui vaut aux politiques d’être rejetés et détestés : le sentiment qu’ils ne sont pas en lien avec l’intérêt général, et qu’ils ne défendent et n’ont jamais défendus que leurs intérêts et leur carrière.

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Quand en l’espèce, il s’agit d’un homme qui jette tous ses colistiers et son équipe de campagne avec un simple texto, car il les a trahis en une minute pour assurer son seul avenir ; on se dit que pour le renouveau de la politique, il n’y a définitivement plus rien à attendre de LREM.

La politique se meurt, de trop de Gantzer et de pas assez d’idées

Avec cet épisode, on ne peut que s’interroger sur la vision du monde d’un parti qui s’illustre surtout par la capacité à propulser à des positions clés des gens qui ne le méritent en aucune façon et dont les seuls faits d’arme sont l’arrivisme, l’instrumentalisation et le mépris de ceux qui leur font confiance et s’engagent à leurs côtés.

Pas le trophée de l’année…

Certes avec ses 1,5% d’intention de vote au premier tour, l’homme n’est pas le trophée de l’année et les conditions de son ralliement ont encore entaché sa réputation : après avoir cavalièrement abandonné ses colistiers et devant leur volonté de continuer sans lui, il leur a fait savoir qu’il était propriétaire du nom de la liste, de façon à leur interdire de poursuivre l’aventure de leur côté.

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Il faut dire que pour les équipes LREM, hériter d’une tête de liste avec guère de foi et pas plus de loi n’est déjà pas un cadeau, mais si en plus l’homme prend la place mais ne rapporte pas les 1,5% escomptés, la manœuvre n’aura abouti qu’à récompenser une démarche avilissante, ce qui se révelera de surcroît nuisible en termes d’image. Un ralliement, cela doit raconter une histoire, apporter un souffle, un élan. Là, à part remettre des pantoufles en or à un enfant gâté qui n’a aucun fait d’arme politique à son actif et n’a jamais eu une parole forte ou simplement courageuse, on a du mal à comprendre pourquoi un tel pont en or. Si c’était pour lancer la campagne en mode « nous partîmes cinq cent et par un prompt renfort, nous nous vîmes trois mille en arrivant au port », il eût mieux valu choisir le genre d’hommes que l’on suit sous la mitraille parce qu’il ne laisse jamais tomber les siens que celui qui vous sacrifie avant même que les hostilités n’aient vraiment débuté.

Trop de Gantzer et pas assez d’idées en politique française !

Cette histoire dit quelque chose d’un monde politique qui a perdu tous ses repères. Qui encense le cynisme pour le cynisme et qui croit que plus les moyens sont dégradants, plus la victoire est proche. Sauf que ce n’est pas vrai. Non que le cynisme n’ait pas sa place en politique, mais la politique ne saurait se résumer à l’absence de scrupule, elle est profondément autre chose que la course à l’échalote de l’arrivisme et du malheur des peuples. La politique se meurt, de trop de Gantzer et de pas assez d’idées, de projets et de visions. Or la politique, c’est rassembler des hommes pour les faire agir ensemble en vue de leur intérêt commun. Avec de telles méthodes, les troupes vont vite s’éclaircir…

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En choisissant d’accueillir un de ces hommes qui cumulent absence d’envergure personnelle et procédés détestables, le seul message que ce ralliement envoie c’est que l’absence de vergogne est le meilleur des tremplins. Cela empêche LREM de faire entendre à Paris une petite musique différente de celle que connait le pays. Une petite musique qui parlerait d’un mouvement qui s’éloigne de l’arrogance, du mépris de classe et du dédain des autres pour retrouver le goût du discours et de l’action politique. Ce ne sera pas encore pour cette fois.

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