On aurait pu craindre que les prouesses des thérapies vaccinales anti-Covid-19 fassent oublier les traitements visant à soigner les patients atteints de la Covid-19. Mais les traitements curatifs anti-Covid-19 conservent toute leur place dans la stratégie de lutte contre la pandémie et la recherche dans ce domaine se poursuit.


D’aucuns voudraient voir dans le succès des vaccins anti-Covid-19 comparé aux échecs relatifs des traitements antiviraux les manœuvres mercantiles d’entreprises pharmaceutiques qui auraient tout fait pour privilégier une stratégie leur assurant d’importants profits (la vaccination) et empêcher le repositionnement de traitements moins rentables. Mais en matière de maladies virales, découvrir un traitement curatif reste un challenge. 

Un virus mauvais candidat à l’éradication

Les virus sont des formes de vie à part, considérés à la frontière du vivant car ils ont besoin pour se reproduire des autres organismes, de les parasiter et de s’emparer de leur machinerie. Si bien que tenter de détruire les virus revient souvent à être toxique vis-à-vis de nos propres cellules qu’ils parasitent. Il faut reconnaitre en outre que les vaccins à ARN messagers contre la Covid-19 ont dépassé toutes les attentes. Mais il serait naïf de croire que la vaccination anti-Covid-19 sonnera le glas du SARS-CoV-2. Pour être éradiqué, un virus doit pouvoir induire une immunité suffisamment robuste. Or les cas de réinfections et l’émergence de variants facilitée par la prolifération mondiale du virus ne font pas du SARS-CoV-2 un bon candidat à l’éradication. De plus, l’immunité collective comme barrière à la propagation virale est difficile à atteindre pour un virus qui se transmet dans des populations connectées qui n’ont pas la même capacité à être immunisées. Car l’accès à la vaccination dans le monde est disparate, en particulier concernant les pays africains. Dès lors les traitements antiviraux gardent toute leur place dans la stratégie de lutte contre la Covid-19

A lire aussi, Anne-Laure Boch: Vaccinée, enfin!

Chez les personnes susceptibles de développer des formes graves, le challenge est grand : il s’agit d’être rapidement efficace car il faut éviter que la prolifération virale induise des lésions potentiellement irréversibles ou susceptibles de compliquer l’infection, et éviter l’emballement du système immunitaire (inflammation) contre lequel le traitement antiviral ne peut rien une fois le processus enclenché… 

Les médicaments contre la phase inflammatoire de la maladie

Dans la grippe, par exemple, on considère qu’au-delà de deux jours après le début des symptômes le traitement antiviral est inutile. Les médicaments anti-infectieux repositionnés tel que le remdésivir (anti-Ebola), le lopinavir-ritonavir (anti-VIH), l’hydroxychloroquine (antipaludéen), l’azithromycine (antibiotique) et le favipiravir (antigrippal) peinent à démontrer leur efficacité dans le traitement ou la prévention des formes graves de Covid-19. Il en est de même pour les thérapies basées sur des anticorps bloquant le SARS-CoV-2 comme ceux reçus par Donald Trump ou l’injection de plasma contenant des anticorps de patients guéris de la Covid-19. Il est possible que les résultats mitigés pour ces traitements soient liés au fait qu’ils soient util

Article réservé aux abonnés

60 % de l’article reste à lire…

Pour poursuivre la lecture de cet article Abonnez-vous dès maintenant.

ABONNEMENT 100% NUMERIQUE
  • Tout Causeur.fr en illimité
  • Le magazine disponible la veille de la sortie kiosque
  • Tous les anciens numéros
3 €80par mois
Lire la suite