En France mais aussi en Belgique, la police a besoin d’entendre le soutien de la population qu’elle protège
Lors des manifestations du 17 octobre, aux scènes apocalyptiques partout en France, les violences ont fait 250 blessés parmi les forces de l’ordre et le bilan aurait pu être bien plus lourd. Quelques jours plus tôt, un policier de 41 ans est mort à Bruxelles, tombé sous les balles. Nordine El Talbi, membre de la Brigade Anti-Agression, intervenait suite à ce que l’on a d’abord cru être un car jacking, mais qui semble être une opération montée par une bande pour subtiliser une cargaison de drogue dans le véhicule de l’une de ses rivales. Qu’importent les circonstances exactes, la mort d’un dépositaire de l’ordre public est un drame humain bien sûr, mais aussi une catastrophe pour une société de moins en moins apaisée.
Police lives matter !
Il ne fait pas bon être policier en des temps qui se troublent. De l’avis général, les interventions se compliquent : l’insécurité progresse à peu près partout dans les pays de l’Europe occidentale sur fond de trafic de drogue, d’immigration massive qui accroît les tensions et, plus globalement, de décivilisation qui alimente les comportements à risques ; du simple voyou des rues aux barons de la drogue, les criminels sont de plus en plus lourdement armés ; en manifestation, les blacks blocs agissent lâchement et masqués, allant jusqu’à utiliser des méthodes de guérilla compliquant le maintien de l’ordre.
Tout le monde animé d’un minimum de bon sens devrait soutenir la police, au moins au nom de la sécurité ; pourtant la violence à l’encontre des forces de l’ordre est alimentée par un narratif insidieusement véhiculé et amplifié par des hommes politiques d'(extrême) gauche et certains médias qui ne se refusent pas de relayer l’insupportable petite musique d’une police qui tuerait. Pourtant, rien n’est plus faux : l’immense majorité des interventions se passe sans encombre et les bavures restent rares. Et il est toujours bon de rappeler une vérité : pour ne pas avoir de problème avec la police, il suffit… de se comporter de façon respectable – ce qui aurait d’ailleurs permis à Nahel d’être toujours en vie.
Climat de haine
Le rap a également contribué à nourrir cette haine envers les policiers. Bien que non spécialiste d’un genre qui a alimenté la violence au sein de la société et que je soupçonne d’avoir entretenu la bêtise générale depuis plusieurs décennies, mentionnons, parmi d’autres, les morceaux suivants : Fuck the Police du groupe Niggas With Attitude (NWA), Bavure de Jo Le Phéno, Fuck le 17 du groupe 13 Block… Pour les amis de la poésie, un extrait de ce dernier : « Me parle pas d’tonnes, c’est ceux d’tes potes, fuck le 17, mort aux porcs, À mort les cops, on les abîme ». Au moins, lorsque Victor Hugo dépeignait négativement l’inspecteur Javert dans Les Misérables, il le faisait avec un talent qui finissait quand même par rendre le personnage plus complexe qu’il n’y paraissait.
Dans ce climat de haine se multiplie, sur les murs ou les t-shirts, le slogan ACAB – et sa version codifiée (1312) -, issu initialement des manifestations des mineurs britanniques lors des années Thatcher, puis popularisé dans les stades de football d’Europe via les groupes Ultras, avant d’être repris massivement par les groupuscules d’extrême gauche. Époque oblige, un nouveau cri de ralliement est apparu : « Bismillah, c’est les ténèbres », qu’auraient utilisé, certes maladroitement, des policiers pour s’introduire dans les boucles des organisateurs des blocus étudiants ; depuis il est retourné contre les forces de l’ordre.

Continuum des violences
Bien sûr, la nuance nous invite à ne pas mettre au même niveau un slogan anti-police peint sur les murs par un adolescent entraîné par la baisse générale du niveau et le meurtre de policiers, mais il existe un continuum alimenté par une même haine, tout comme le martèlement de l’idée fausse que la police tuerait finit par alimenter un fond de l’air invitant à passer à l’acte contre ses représentants en uniforme. Chaque année, des policiers sont tués en mission et la profession est une des plus touchées par les suicides. Dès lors, et en hommage à tous ceux qui sont tombés en mission, un mot d’ordre doit s’imposer : soutenons les policiers !
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