Emmanuel Macron se rend demain, mercredi 31 janvier, en Tunisie. Le pays – particulièrement dans ses provinces – est depuis plusieurs semaines le théâtre de manifestations parfois très rudes, et rudement réprimées. La situation économique est catastrophique, et la solution du « tout libéral » adoptée par l’actuel Premier ministre, Youssef Chahed, paraît plus destinée à rassurer le FMI, les bailleurs de fonds ou d’éventuels investisseurs qu’une population dont le niveau de vie ne s’est guère amélioré depuis la chute de Ben Ali, et sur laquelle le renchérissement général observé depuis un an fait peser une contrainte insoutenable. Enfin, les alliances de fait entre démocrates au pouvoir et leaders de partis religieux (Rached Ghannouchi en l’occurrence) font peser sur la classe politique un soupçon d’entente tacite dénoncé par de nombreux intellectuels.

Pour savoir dans quel pays le président de la République mettait les pieds, j’ai eu l’idée d’interviewer Hakim Ben Hammouda, économiste et ancien ministre de l’Economie de la Tunisie (sous le gouvernement de Mehdi Jomaa, en 2014, qui a organisé à l’automne des élections législatives qui ont vu un recul assez net du parti islamiste Ennahdha et une victoire relative du parti Nidaa Tounes, et une élection présidentielle qui a consacré Béji Caïd Essebsi, qui a battu Moncef Marzouki, réputé proche d’Ennahdha).

Jean-Paul Brighelli. Quel pays le président Macron va-t-il découvrir ?

Hakim Ben Hammouda. Je crois qu’en parlant de la Tunisie aujourd’hui, on doit évoquer trois questions essentielles : la transition politique, la transition démocratique, et la question sociale.

La transition politique avance. La Tunisie dans ce domaine a fait des progrès importants. Nous nous sommes dotés en 2014 d’une constitution démocratique qui a donné lieu aux premières élections démocratiques qui se sont déroulées à la fin de l’année 2014, qui nous ont permis d’élire une Assemblée et un Président de la République au suffrage universel. Nous sommes en train de mettre en place les différentes instances prévues dans le cadre de la constitution.

Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Le véritable problème concerne…

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