Au terme d’un suspense insoutenable, Paris a obtenu l’organisation des Jeux olympiques 2024, face à… aucune autre ville candidate. Après un accord avec Los Angeles et à la suite du retrait de toutes les autres prétendantes, Anne Hidalgo peut donc s’enorgueillir d’une victoire bourguibesque. Prenant le contre-pied de l’enthousiasme obligatoire, Causeur exhorte les champions du festivisme sportif d’ « aller jouer ailleurs » !

Il faut imaginer Hidalgo heureuse

J-O sceptique assumée, notre grande manitou Elisabeth Lévy ironise : « Les JO 2024 seront donc écolos, sobres et durablement utiles à l’intérêt général (…) Anne Hidalgo est convaincue que ses Jeux rendront les Parisiens heureux. Justement, vu l’idée qu’elle semble avoir du bonheur, je préférerais qu’elle laisse le mien tranquille et fasse réparer les innombrables trous de la chaussée parisienne. » Et les retombées économiques, objecterez-vous ? Justement, parlons-en. De l’avis unanime des économistes, souligne Gil Mihaely, les olympiades représentent un gouffre financier pour les villes qui les organisent. Montréal 1976 a mis 30 ans à se relever de ses investissements faramineux et c’est avec grande sagesse que Rome, Hambourg ou Boston ont décidé de se désister pour placer leurs sous ailleurs. Le grand écrivain ami de la maison Benoît Duteurtre compte d’ailleurs s’esquiver pendant les JO 2024 mais en attendant la fatidique échéance, il rêve de prendre la poudre d’escampette pour fuir le Paris d’Hidalgo. D’ici 2024, « nous vivrons sous la permanente pression idéologique de la fête sportive qui s’approche, et dont nous aurons un avant-goût dès l’année prochaine avec l’accueil à Paris des « Gay Games », dont le simple énoncé laisse pantois, quand bien même il se pare de toutes les vertus « citoyennes ». » Tout un programme… Ce n’est pas pour doucher notre manque d’enthousiasme mais Luc Rosenzweig fait entendre un tout autre son de cloche, essayant de nous convaincre de la magie des Jeux, susceptible de réveiller la belle endormie parisienne.

« Paris 2024: Allez jouer ailleurs! » – Le numéro d’octobre est disponible ici!

Merkel déboulonnée?

Passons aux actualités. Toujours à l’affût des événements outre-Rhin, Luc Rosenzweig analyse la victoire à la Pyrrhus de Merkel. Sa probable future coalition avec écologistes et libéraux pourrait bien la contraindre à de sacrés numéros d’équilibriste dont la France ne sortirait pas gagnante. Pendant ce temps-là aux Etats-Unis, Donald Trump enchaîne outrances, provocations verbales et couacs politiques… sans s’aliéner sa base. Comment se fait-ce ? Mathieu Bock-Côté vous livre le fin mot de l’énigme. Retour en France. Elisabeth Schemla nous offre les bonnes feuilles de son nouvel essai Les hétéros sont-ils des homos comme les autres ? (Editions de l’Observatoire, 2017). Une enquête fort intéressante où l’auteur, lesbienne assumée, est partie rencontrer militants homosexuels, mariés-pour-tous, et partisans de la Manif pour tous. Nous en publions le chapitre consacré aux débats sur la PMA et la GPA. Pour clore cette rubrique, Paulina Dalmayer réagit aux polémiques autour des statues de Colbert et de la volonté épurificatrice de certaines ligues de vertu qui voudraient réécrire les classiques pour les rendre racialement corrects. Allez déboulonner ailleurs !

Octobre 1917 a cent ans

Last but not least, notre chapitre culturel vous emmène dans les derniers restos routiers de Paris, parfois à deux pas de bastions bobos dont on ne soupçonnerait pas la proximité populaire. Après un détour par Léon Bloy, qu’on réédite au grand bonheur de Jérôme Leroy, vous commémorerez le centenaire de la Révolution d’Octobre sans illusions aucune. Grâces soient rendues au traducteur Gérard Conio, spécialiste des civilisations slaves, qui livre un diagnostic implacable. Ainsi, octobre 1917 s’est-il appuyé sur nombre de cadres tsaristes qui avaient tourné casaque rouge. Quant aux ouvriers russes, ils n’étaient pas plus maltraités que leurs camarades français ou américains… Sur le même thème, Alexandre Jevakhoff nous gratifie d’un très bel article personnel sur les tribulations des Russes blancs en France.

Sans oublier de dévorer les journaux d’Alain Finkielkraut et Basile de Koch, les expos Irving Penn et Martensen, ou le retour à l’affiche de Godard, criez Hourrah !

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