La pandémie de coronavirus met notre pays, et d’autres comme l’Italie, sens dessus dessous.


Rues vides, bars et restaurants fermés, usines à l’arrêt au point de faire basculer le pays dans la récession, Bruno Le Maire annonçant une croissance à -1% pour 2020 (même causes mêmes effets pour la zone euro)… Il y a pourtant des tonnes d’enseignements à tirer sur cette crise sanitaire qui va créer une crise économique dont les conséquences risquent d’être pires que celles de 2008.

Si la France manque de tests de dépistage et de masques de protection, ce qui ne manque pas de sel dans un pays où la dépense publique atteint 56,5% du PIB, elle ne manque pas de politiciens dont les échecs sont les seules choses qui resteront d’eux dans les livres d’histoire

Tout d’abord d’un point de vue sanitaire, cette crise est le symbole de la faillite totale des politiques menées depuis des décennies.

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Notre pays vieillit, chose prévisible depuis des années, et une épidémie qui ne nécessite l’hospitalisation que de 5% des personnes touchées par le virus met nos hôpitaux en surtension au point de devoir mobiliser un hôpital militaire en Alsace. Un seul chiffre explique la submersion de nos hôpitaux par les malades : nous avons supprimé 100 000 lits d’hôpital sur les 20 dernières années. Première faillite de l’idéologie dominante de ces dernières années.

Loin de l’autosuffisance

Pour combattre les maladies, il faut donner des médicaments aux malades. Malheureusement, nous avons transféré, mondialisation heureuse oblige pour citer Alain Minc, la production de nos molécules en Chine et en Inde, une Chine qui en a bien besoin en ce moment. Résultat : on ne produit plus un gramme de Paracetamol en Europe depuis 2008 et nous sommes donc tributaires pour soigner nos malades du bon vouloir de pays étrangers qui nous tiennent à la gorge tant pour les livraisons que pour les prix. Seconde faillite de l’idéologie dominante de ces dernières années.

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Ces deux premiers fléaux ont un agent pathogène connu de tous : l’Europe qui, à coups d’orthodoxie budgétaire imposée par l’ordo-libéralisme allemand, nous a obligés à sacrifier nos services publics les uns après les autres et qui, au nom d’un libre-échange imposé en dogme religieux, a fait partir nos usines, y compris les plus stratégiques, sous d’autres cieux où les gens sont payés au lance-pierres pour le plus grand bonheur des actionnaires et le plus grand malheur des salariés. Nous avions le meilleur système de santé du monde, il est devenu en quelques années incapable de protéger nos soignants puisque nombre d’entre eux ne bénéficient même pas de masques de protection, ce qui prouve le peu d’estime que leur donnent nos dirigeants. Ces faillites-là ont des responsables et des coupables : tous ceux qui ont dirigé la France ces trente dernières années et qui ont donné les clefs du camion à des gens non élus, tout en s’asseyant sur la volonté du peuple qui avait montré en 2005 qu’il ne voulait plus de cette Europe grande ouverte qui ne protège personne et qui, au contraire, nous met en danger.

Toujours plus fort

Comme ce n’était pas assez, le coronavirus a montré à quel point la politique menée par Emmanuel Macron depuis trois ans était la même en pire puisque menée en accélérant et en klaxonnant.

Heureux sont les actionnaires qui ont préféré investir en bourse plutôt que dans l’immobilier suite à la transformation de l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune) en IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière). Ils ont perdu en une semaine 25% de leur argent tandis que les propriétaires immobiliers voient leur investissement continuer à se valoriser. Suivre les conseils en investissements d’Emmanuel Macron, c’est comme l’état providence, « ça coûte un pognon de dingue ».

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Même chose pour la réforme des retraites, mise entre parenthèses le temps de la pandémie, une réforme qui est le premier pas vers le transfert du système par répartition au système par capitalisation. Heureux les retraités américains ou britanniques dont la pension dépend du cours de la bourse et des dividendes distribués aux fonds de pension et dont les revenus vont fondre non comme neige au soleil mais comme cours de bourse infecté au coronavirus.

Si la France manque de tests de dépistage et de masques de protection, ce qui ne manque pas de sel dans un pays où la dépense publique atteint 56,5% du PIB, elle ne manque pas de politiciens dont les échecs sont les seules choses qui resteront d’eux dans les livres d’histoire. Comme disait Lénine : « les faits sont têtus »…

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