Dans le cadre des débats budgétaires, le Rassemblement national remet sur la table sa réforme de la fiscalité du patrimoine. Par la voix de Sébastien Chenu, le parti prône le remplacement de l’IFI par un « Impôt sur la Fortune Financière » ciblant les 1 % les plus aisés. Derrière la promesse d’épargner les propriétaires immobiliers, comment fonctionnerait ce nouvel ISF à la sauce RN ?
Le retour de l’impôt sur la fortune (financière), version RN
Alors que les arbitrages fiscaux font rage à l’Assemblée nationale, le Rassemblement national entend imprimer sa marque sur la taxation des plus hauts patrimoines. Invité à préciser les propositions du parti, Sébastien Chenu a réaffirmé la volonté du mouvement d’installer un « Impôt sur la Fortune Financière » (IFF). Un dispositif directement pensé comme un substitut à l’actuel Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) créé lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, précise Capital.
«Je considère qu’il est juste que dans une situation aussi difficile que celle que nous vivons, avec des classes moyennes et des classes populaires qui souffrent terriblement, que tout le monde fasse un effort», avait d’ailleurs déclaré Marine Le Pen dans l’émission Objectif Elysée 2027, diffusée sur CNews.
Qui serait concrètement ciblé par cet impôt sur la fortune financière ?
Dans le détail, la mesure avancée par le RN entend se concentrer sur les détenteurs de gros portefeuilles d’actifs financiers.
- Les contribuables visés : Selon les déclarations de Sébastien Chenu, ce nouvel ISF ne toucherait que les 1 % des Français les plus aisés, en fixant un seuil de déclenchement élevé sur la valeur des avoirs financiers. En pratique, soulignent encore nos confrères, cela concerne donc celles et ceux dont le patrimoine excède 1,3 millions d’euros.
- Ce qui entrerait dans l’assiette fiscale : Les actions, obligations, comptes-titres, placements spéculatifs et produits financiers complexes détenus par les particuliers, indique l’institut Montaigne.
- Ce qui en serait totalement exonéré : La résidence principale, l’immobilier locatif, mais aussi les biens immobiliers et outils de travail des entreprises familiales et des indépendants.
Pour le Rassemblement national, il s’agit d’encourager l’investissement dans la pierre et l’économie réelle en pénalisant uniquement le capital dit « volatil » ou délocalisable.
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Stratégie politique : entre justice sociale et piège économique
En ressuscitant le terme et le principe de l’ISF sous une forme financière, le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella poursuit un double objectif politique. D’un côté, disputer à la gauche le terrain de la justice fiscale auprès des classes populaires et moyennes étouffées par l’inflation. De l’autre, donner un signal d’apaisement aux propriétaires ruraux et périurbains qui se sentent souvent punis par la fiscalité immobilière traditionnelle.
Reste que la mesure suscite de fortes réserves chez les économistes et l’opposition libérale. La taxation spécifique des seuls actifs financiers comporte un risque documenté d’évitement fiscal et de fuite des capitaux vers des juridictions étrangères plus clémentes. En voulant préserver la pierre tout en surtaxant le capital productif, le RN s’expose à la critique d’un dispositif difficile à recouvrer sans affaiblir l’attractivité financière du pays.
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