Ruines et mensonges
L’exclamation de Mohamed Sifaoui résonne en moi comme un cri.
Un cri face au spectacle de la désolation à Gaza, à ce désastre que le Hamas a provoqué.
En frappant Israël, en assassinant plus de 1200 personnes, en capturant 245 otages, les prédateurs djihadistes ont sciemment détruit la Palestine.
Soixante-sept mille morts1. Des milliers de femmes et d’enfants écrasés sous les décombres. Des villes rasées, des familles pulvérisées. Un peuple vivant sous la terreur islamiste, condamné à l’exil ou à la peur.
Tout ça pour ça !
Pour un champ de ruines. Pour un peuple martyrisé deux fois. Par l’ennemi qu’il s’est désigné, et par les maîtres qu’il subit.
Le 7 octobre 2023, le Hamas a cru accomplir l’exploit de l’histoire : infliger à Israël une humiliation absolue. Ce fut, pour quelques heures, la jubilation obscène d’un carnage présenté comme une victoire des opprimés sur leurs oppresseurs.
Mais cette victoire d’un jour fut le tombeau d’une nation en devenir. En une matinée, le Hamas a réduit à néant des décennies d’espoirs fragiles, de soutiens construits à travers le monde, malgré la reconnaissance diplomatique de ce vide qu’est l’Etat de Palestine.
Il a transformé Gaza en cimetière et la cause palestinienne en cause désespérée.
Car les terroristes du Hamas ne libèrent pas, ils sacrifient. Ils ne gouvernent pas, ils endoctrinent. Ils ne construisent pas, ils détruisent.
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Mais la tragédie ne s’arrête pas à Gaza.
Le 7-octobre a réveillé une autre bête : l’antisémitisme le plus abject.
En frappant Israël, le Hamas a ravivé cette vieille haine qu’on croyait contenue. Il l’a rhabillée du keffieh de la vertu, repeinte aux couleurs du progressisme, rendue fréquentable dans les universités et sur les plateaux télé.
Pour y parvenir, il a trouvé ici, chez nous une armée d’idiots utiles. Ceux qui, au nom de la justice, ont relayé sa propagande, qui ont sciemment confondu anticolonialisme et haine d’Israël, ont transformé la compassion en posture et la morale en arme idéologique.
Les mêmes qui, en prétendant défendre la Palestine, l’ont condamnée une seconde fois en célébrant ceux qui la détruisent, règlent aujourd’hui leurs comptes dans le sang à coup d’exécutions sommaires que d’aucuns trouveront toujours moyen d’expliquer.
Dans son livre, Arthur dit d’une voix douce et sidérée : « Je ne pensais pas me sentir aussi seul après le 7 octobre. »
Cette solitude, tant de Français juifs la partagent aujourd’hui. Elle ne vient pas seulement de l’abominable massacre, mais du silence qui l’a suivi.
Des amitiés effacées. Des indignations sélectives. De ce monde qui, sous prétexte de défendre les Palestiniens, s’est remis à haïr les juifs.
Tout ça pour ça.
Pour que le Hamas détruise la Palestine au nom de sa libération. Pour ressusciter aussi, dans le vacarme des slogans, la haine la plus vieille du monde.
Et pour qu’au bout du compte, des deux côtés du mur, il ne reste que des larmes à sécher.
- Selon les chiffres donnés par le ministère de la Santé du Hamas le 18 octobre et repris par de nombreux médias. ↩︎
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