La France doit retrouver sa formidable capacité à innover et son rôle historique de précurseur dans la vaccination, après le terrible échec industriel de Sanofi.


Pour ceux qui continuent de s’étonner de l’existence d’une pandémie mondiale qui déstabilise tous les pays en excusant le nôtre, la France, de ne pas s’y être préparé, il convient de faire quelques rappels simples : ce sont les vaccins qui ont permis de stopper les ravages habituels sur l’humanité. La conséquence c’est que le nombre des humains a augmenté et que les techniques modernes ont augmenté les échanges mondiaux et donc la possibilité d’explosion quasi universelle des maladies transmissibles, contagieuses. Le succès incontestable des sciences médicales et biologiques ont permis de limiter la mortalité et donc d’augmenter la démographie avec comme conséquences des pandémies mondiales possibles, mais aussi une utilisation désordonnée des ressources naturelles conduisant aux atteintes actuelles à l’environnement. 

A lire aussi: Vaccinée, enfin!

En France, comme ailleurs dans le monde entier, on savait donc que les virus rodaient, et en particulier les coronavirus avec leur particularité de muter pour résister à ceux qui les combattent. Les sociétés pharmaceutiques mondiales devenaient de plus en plus grosses (Big Pharma) pour pouvoir financer les dépenses de mise au point de fabrication et de diffusion des médicaments et vaccins, non pas que la recherche en elle-même était très onéreuse, mais parce que les règlementations nationales et internationales demandaient de plus en plus d’essais thérapeutiques avant d’obtenir le droit de commercialiser un nouveau produit. Le gigantisme assumé par les gouvernements des pays développés était donc issu de la précaution et non du désir d’innover. C’est ainsi qu’en France Sanofi a absorbé la plupart des laboratoires nationaux, puis est allé faire ses emplettes à l’étranger, et il en a été de même pour l’ensemble du monde pharmaceutique.

On peut mettre beaucoup d’argent et échouer, l’essentiel est dans l’inventivité, l’innovation, dans la capacité de sortir des sentiers battus, de se remettre en question, tout le contraire du conformisme et de la précaution dans laquelle la société française s’enlise comme certaines de ses entreprises… hélas !

Mais qu’y avait-il de vraiment nouveau dans tout cela depuis les antibiotiques, les vaccins Pasteur-Koch et la découverte de la structure de l’ADN ? Finalement beaucoup d’améliorations mais rien d’essentiel. Les “nouveaux” produits devaient donc démontrer à la fois le plus de leur action et leur non-nocivité après des centaines de millions dépensés pour protéger la population d’effets secondaires désastreux immédiats ou futurs. 

La satisfaction des actionnaires privilégiée

On a donc assisté à une dérive des firmes pharmaceutiques, à l’origine possédées par des hommes de science convertis à la production et à la vente, vers des immenses conglomérats visant les revenus gigantesques de produits phares (blockbusters) pour satisfaire des actionnaires à la fois avisés et avides. On a changé de dirigeants, de stratégies et d’objectifs.

Les pères fondateurs de S

Article réservé aux abonnés

60 % de l’article reste à lire…

Pour poursuivre la lecture de cet article Abonnez-vous dès maintenant.

ABONNEMENT 100% NUMERIQUE
  • Tout Causeur.fr en illimité
  • Le magazine disponible la veille de la sortie kiosque
  • Tous les anciens numéros
3 €80par mois
Lire la suite