Excédés par la violence dans le pays, des syndicats de police appellent à voter Trump…


Tel un colosse aux pieds d’argiles, les États-Unis semblent s’enfoncer dans une spirale de crises qui s’enchainent sans possible répit.

Pendant que la crise sanitaire continue de ravager le pays avec une propagation du virus qui ne décélère pas, les fractures raciales, accentuées par la mort de George Floyd et le mouvement Black Lives Matters, font sombrer le pays dans un inquiétant chaos. En témoigne la flambée de violence provoquée par les émeutes antiracistes qui embrasent de grandes villes américaines, comme en ce moment même Portland. À cela vient se greffer la crise économique, avec la pire récession de son histoire depuis 1929. Elle va mettre sur le carreau des millions d’Américains.

La crise n’est pas perdue pour tout le monde!

Face à cette situation, l’anti-trumpisme se déchaine et les critiques s’abattent sur le locataire de la Maison blanche, dépeint depuis quatre ans comme un imposteur incompétent, un fou irresponsable ou un fasciste ami du Ku Klux Klan. Les revirements stratégiques sur la gestion de la crise du coronavirus donnent du grain à moudre aux adversaires de Trump. Jusqu’alors opposé au port du masque, Donald Trump a récemment fait volte-face, apparaissant masqué en public et incitant dorénavant les Américains à faire de même. Les anti-Trump se réjouissent aussi des difficultés rencontrées par le président à mener campagne. On se souvient de la mine défaite du président, décravaté, débraillé et descendant d’un pas lourd de l’avion qui le ramenait de son meeting raté à Tulsa en Oklahoma, qui lançait sa campagne pour un second mandat. La presse avait titré « the walk of shame » et s’était enflammée en fantasmant une démarche annonciatrice de la défaite à venir. Depuis, crise sanitaire oblige, Donald Trump a dû renoncer à ces grands meetings qu’il affectionne tant.

A lire aussi: Joe Biden, une parenthèse inattendue

Les sondages confortent la prédiction de la presse américaine. Selon la moyenne des sondages nationaux établis par le site RealClearPolitics, le candidat démocrate Joe Biden caracole en tête des sondages, devançant son rival républicain de plus de dix points depuis plusieurs semaines.

La loi et l’ordre face à la gauche radicale

Pourtant, rien n’est joué. Il semble que la position martiale de Donald Trump, défendant le retour de l’ordre dans le pays, finisse par porter ses fruits. La plus importante organisation syndicale de police du pays, l’Association nationale des organisations de police (NAPO), qui représente plus de 1000 associations de police à travers tout le pays, a apporté son soutien à Donald Trump pour sa réélection à la Maison blanche. C’est un tournant historique ; le syndicat avait soutenu Barak Obama aux élections présidentielles de 2008 et de 2012 et par conséquent… Joe Biden.

Dans une lettre adressée à Donald Trump, le président du syndicat Michael McHale a expliqué combien le soutien présidentiel avait été essentiel pour les troupes, à la suite des attaques de rue des manifants antiracistes, des menaces de coupes budgétaires et de démantèlement, comme cela s’est d’ailleurs produit à Minneapolis (où le conseil municipal a voté la suppression de la police locale).

Trump ravi

En réponse, Trump s’est fendu d’un tweet spontané et enthousiaste, promettant de « toujours soutenir les hommes et les femmes en blue » et rappelant qu’il est le président de « la loi et de l’ordre ».

A lire ensuite: John Bolton persiste et signe

Ce ralliement à Trump démontre la méfiance de la police face à Joe Biden, qui semble avoir tourné le dos au principe de sécurité et de maintien de l’ordre pour embrasser ceux qui sont au cœur de l’aile gauche du parti démocrate, et dont l’agenda principal est la défense des minorités et de la « justice raciale ». Il est reproché au candidat démocrate d’adopter une rhétorique anti-flic pour complaire à une coalition de la jeune génération, de minorités raciales et sexuelles, et de ces classes urbaines pourtant éduquées mais animées par une envie de faire table rase de l’histoire des États-Unis, compte tenu de son passé esclavagiste. « Biden semble avoir abandonné la police parce qu’il n’est pas populaire de soutenir la police en ce moment » a abondé de son côté mi-juillet Paul DiGiacomo, président du deuxième plus grand syndicat de la NYPD au Washington Times. Cela commence à faire beaucoup !

Les syndicats de police en ont gros sur le cœur. Si Joe Biden s’est opposé au démantèlement des services de police (!), il a soutenu le mouvement « defund the police » qui exige des coupes budgétaires. Par ailleurs, il s’est bien gardé de condamner les violences perpétrées contre les forces de l’ordre, préférant soigner son ralliement aux manifestants…

D’ici le 3 novembre, tout est encore possible et Trump n’a pas dit son dernier mot. « Il n’y a pas de vent contraire pour celui qui sait où il va » disait Theodore Roosevelt. Le soutien de la NAPO à la réélection du président Trump est un revers plus important qu’il n’y parait pour Joe Biden, car il envoie un signal fort aux autres organisations syndicales. Trump a tout intérêt à aller chercher leur soutien, pour appuyer son programme de relocalisation industrielle, et pour s’adresser de nouveau aux ouvriers syndiqués des bassins industriels du Nord-Est et du Midwest situés en Pennsylvanie, dans le Wisconsin, l’Ohio et le Michigan, états traditionnellement démocrates. Ils avaient massivement voté pour lui en 2016.

Découvrez notre numéro 81 en vente: Justice pour la police!

Lire la suite