La grande époque de Claire Chazal et PPDA est derrière nous.


Les stars télé ne sont plus ce qu’elles étaient. Depuis le départ de TF1 de Claire Chazal – aujourd’hui préretraitée sur France 5 – qui semble s’étioler dans son décor design façon show-room « Château d’Ax » ; la fuite de Laurence Ferrari, réfugiée climatique sur CNews, qui fait monter chaque jour dans son canot, les naufragés Poivre et autres Thomas Hugues ; les vedettes du JT de 20 heures ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes. Coudray, Bouleau, Lapix…Mais où sont passées les frasques des vedettes du Paf ? Les exigences des divas ? Les salaires mirobolants, les mariages surprise et les concours de seins nus en couverture des magazines people à la fin de l’été ?

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Où sont passées les montées de marches à Cannes, les bébés irakiens cachés à la douane en sac de sport et les vraies-fausses interviews du leader Massimo, roulées à la main à La Havane?

Laurent Delahousse, espoir déchu

Même Laurent Delahousse, qui avait pu faire croire à ses débuts qu’il marcherait dans les pas flamboyants de PPDA, semble être, lui aussi, rentré dans le rang. Gilles Bouleau est un moine soldat. Un marathonien épais comme un wrap vegan, qui ne prend qu’un seul vrai risque, celui des transitions de sujets en calembours.  Anne-Claire Coudray est une fana-mili dont le cœur ne bat que pour la Gendarmerie. Belle, mais dans la catégorie star tv, une des plus mauvaises ventes de Paris-Match. Anne-Sophie Lapix est une maman calme et rangée, qui risque quelques pas de danse parfois dans les dernières pages de Gala. Quelques talons hauts aussi en JT et un Oyster acier au poignet. Quelle folie ! Elle a beau chausser les souliers vernis de Jacques Chancel, son Grand Echiquier ne dépasse jamais le Trocadéro ou Biarritz. Un coucher de soleil sur Instagram.

Les stars ressemblent plus que jamais aux écrans des téléviseurs modernes

D’accord, il reste le roi Pernaut. Avec ses scores d’audience uniques en Europe, qui font plus penser à des taux de participation d’élections africaines qu’à des parts de marché. Mais JPP est bien seul. Et il fait désormais du théâtre en province, avec sa Miss France d’épouse. Il y a bien quelques fans pour lui donner encore à bénir leurs enfants. Mais on est loin des ferveurs d’antan. Qui se souvient encore de l’histoire d’amour entre Claire et Patrick? Des unes de journaux par centaines ? Des millions d’exemplaires vendus ? De Francois, leur fils, né de leur hyménée, aujourd’hui majeur? Les deux plus grandes stars de TF1  amoureuses ! 16 millions d’audience dans le même lit. C’était un scénario de film refusé ? Non, c’était l’histoire d’amour du JT de la Une! Et Laurence et Thomas? Le couple vedette, si beau qu’on le crut un moment fabriqué, qui trustait les JT, les « Vis ma vie » et les « 7 à 8 » ? Amour, Gloire et JT, c’était pas du marketing ça?

Les cendriers qui volaient chez Polac nous manquent

Avouez qu’à côté, les petits nouveaux font pâle figure. En vingt ans, on est même passé du caviar aux lentilles. De la loupe de noyer à la frisette en pin déclassée. Bien sûr qu’ils font le job avec talent. Ils posent même parfois les questions qui fâchent aux politiques de tous poils. Mais le constat est évident, l’époque a changé. On ne fait plus rêver. On est moins paillette, moins bling-bling. Moins Bains Douches. Moins Mourousi en somme. Il faut dire que le président de la République lui-même ne sort plus avec un ex-mannequin. Il ne roule plus en Porsche comme Pompidou. Il ne se déplace même plus en scooter. Et quand il se risque à sortir le weekend, il paye lui-même sa bolée dans sa crêperie d’Honfleur. Même le Prince de Galles voyage en charter pour rentrer de ses voyages officiels. Les gilets jaunes sont passés par là. En tuant les secrets, la transparence a aussi flingué les rêves et le story telling. Quand on vous dit que l’époque se « Benallaïse». Il y’a quelque chose de foutu…

Partout où la standardisation passe, aiguisée par la peur des réseaux sociaux, la bienséance se généralise, elle gomme au passage les caractères, imposant peu à peu la norme de la platitude. Et les stars ressemblent plus que jamais aux écrans des téléviseurs modernes. Elles sont désespérément plates. Les chaînes ne fabriquent plus de vedettes télé. Juste des présentateurs standards qui semblent tous sortir de la même distillerie. De la même usine à dessaliniser les rêves. A fabriquer de l’eau tiède. C’est moins cher. Mais qu’est-ce qu’on s’emmerde.

La messe du 20 heures désertée

Les animateurs ressemblent désormais à ces cageots de tomates qu’on voit parfois traîner devant les hypermarchés. Origine France, catégorie extra, normes européennes, couleur cœur de bœuf.

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Ils sont tous en costard LCI. Tous en chemisier BFM. Et on regrette presque, la larme à l’œil, les cendriers qui volaient chez Polac, les regards de braise de PPDA lors des interviews d’actrices, les questions salaces d’Ardisson à Rocard et même « la France a peur » de Roger Gicquel. Depuis Léon Zitrone, qu’est-ce qui a vraiment changé au JT? La liberté de ton peut-être? Les hologrammes en 3D certainement. Le générique, la couleur, la qualité de l’image. La beauté et la décontraction des belles présentatrices. Mais à force de nous faire passer la présentation du JT debout pour une révolution, les pochettes de costards en carton blanc et l’absence de cravate en « dress-code», pour une insolence, un jour viendra où nous finirons tous abonnés aux alertes infos sur smartphone. Et on séchera définitivement la grand-messe du 20h. Pour aller communier directement, quand on veut, avec les autres convertis, genoux à terre, en s’abonnant à Netflix.

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