Le mouvement radical « Nemesis » se présente sur Internet comme un collectif féminin parisien « lucide sur le profil des agresseurs et harceleurs. » Il a été exclu de la marche de samedi dernier. Il lui est reproché de pointer du doigt la part importante d’étrangers parmi les violeurs.


Samedi 23 novembre, le mouvement féministe « Nous Toutes » engage une marche « inclusive » et « contre les violences sexistes et sexuelles ». Une vague violette déferle sur la capitale comme un seul homme – pardon – afin de dénoncer les agressions faites aux femmes, et faire ainsi bouger les consciences sur un sujet de société essentiel.

Non seulement la marche est un relatif échec (49 000 participants à Paris), mais elle a démontré une fois encore l’inutilité, la partialité, l’intolérance et l’aveuglement volontaire de certaines militantes.

Une marche féministe bien comme il faut

Le mouvement « Nous Toutes », né en juillet 2018, flirte parfois avec l’idéologie décoloniale (écriture inclusive et autres joyeusetés). Il souhaitait dénoncer toutes les formes de violences faites aux femmes, et en particulier dénoncer le nombre de féminicides constaté chaque année en France. Si l’on peut déjà souligner l’ambiguïté relative à l’emploi d’un tel terme, on peut aussi constater l’absurdité de telles dénonciations.

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Qui ne souhaite sérieusement pas mettre un terme aux violences sexuelles faites aux femmes? Qui ne souhaite sincèrement pas qu’on cesse de mourir sous les coups de ce que l’on aurait même du mal à qualifier « d’hommes »? A qui ces femmes s’opposent-elles concrètement en fin de compte? Aux agresseurs et meurtriers? Quelqu’un les soutenait?

Il semblerait que nous soyons ici dans la pure création d’un… homme de paille.

Le collectif Némésis pas le bienvenu

Evènement marquant de cette marche, l’apparition du collectif Némésis est venue perturber l’ambiance, en affichant sur ses banderoles et pancartes des faits gênants: 52% des viols effectués en Ile-de-France effectués par des étrangers, rappel des évènements tragiques de Cologne et Rotterdam. Parmi les messages, on a pu lire « Schiappa, les étrangers violeurs sont toujours là » ou encore « Femmes ≠ frontières violables »… C’est sans surprise que le collectif a rapidement et activement été sorti de la manifestation pour avoir eu l’audace de parler des tels sujets et de problématiques sous-jacentes jugées nauséabondes. Loin des considérations féministes conformes, ces femmes souhaitaient interpeller les esprits sur l’impact effectif des politiques migratoires et du multiculturalisme dans leur vie, leur liberté et leur sécurité.

Tout comme les Femen s’étaient empressées de préciser que la militante Mériam n’était pas des leurs et de dénoncer son action lors de la marche contre l’islamophobie (on pouvait lire « ne bradons pas la laïcité » sur son corps dénudé), les féministes de l’action « Nous Toutes » n’ont pas supporté une seconde qu’une voix politique aussi discordante se fasse entendre au sein de leur mouvement. Dénoncer oui… mais il faut que le coupable soit un male blanc hétérosexuel cisgenre, ma petite dame !

A la suite de cette marche, s’il y a bien deux affirmations que nous pouvons faire, c’est que le mouvement « Nous Toutes » ne représente donc ni un « Nous », ni un « Toutes ».

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