Sommes-nous en économie de guerre? Ces termes sont réapparus depuis que des mesures drastiques ont été prises pour endiguer le coronavirus. Les frontières se ferment et les gens se calfeutrent. Les rues de Paris sont désertes le soir comme si le couvre-feu avait été décrété.

Images trompeuses. La guerre au coronavirus nous mène à une grande récession, comparable à celle de 2008, au mieux, ou, au pire, à une dépression comparable à celle qui a atteint l’Allemagne, l’Angleterre et les États-Unis à partir de 1930.

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Car si nous avions basculé vers une économie de guerre, nous connaîtrions un boom de l’activité et de l’emploi. La Deuxième Guerre Mondiale nous l’apprend. L’Angleterre et les États-Unis, encore dans le marasme malgré les relances des États, ont résorbé le chômage en un court espace de temps. Les usines, largement converties pour les besoins des armées, ont travaillé à saturation. Les femmes ont souvent remplacé les hommes dans leurs postes de travail après la mobilisation. La consommation et l’investissement, auparavant soumises aux libres décisions des acteurs économiques en temps de paix, ont explosé par les décisions d’investir dans l’effort de guerre et la destruction des biens militaires sur les théâtres d’opération. En Angleterre, la pénurie de main-d’œuvre a été telle qu’il a fallu confier aux grands-mères le soin de confectionner les vareuses des soldats et des officiers. Ce rappel suffit à démontrer que nous ne sommes pas en économie de guerre.

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