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Mon entrejambe est une oeuvre d’art

Et ça n'a rien de prétentieux

Mon entrejambe est une oeuvre d’art
Photo: D.R.

À peine quelques mois après la fin de la polémique suscitée par la collaboration entre l’artiste américain Jeff Koons et la maison Louis Vuitton, une nouvelle trouvaille venue d’outre-Atlantique enflamme le web. Rappelons qu’au printemps dernier, Koons a sorti pour le compte du malletier de Bernard Arnault une série de sacs à main sur lesquels il avait reproduit des tableaux de maîtres : Vinci, Van Gogh, Manet, Turner. La question était alors de savoir ce qui autorisait moralement l’homme aux homards géants à asservir des chefs-d’œuvre universels.

Les choses de l’habit

À présent, quand la marque américaine RageOn, spécialisée dans les vêtements à imprimés hyper criards, lance des leggings et un short qui reproduisent les parties intimes du David de Michel-Ange, on ne cherche même plus à savoir si c’est de l’art. Mais qu’est-ce alors ? Du buzz vestimentaire ? À moins que le caleçon, dont le prix s’élève tout de même à plus de 40 dollars, recèle un message qu’il conviendrait d’interpréter dans le contexte de l’affaire Weinstein et du succès planétaire du hashtag #balancetonporc. Quand les mâles sont sommés de montrer patte blanche et de reconnaître leurs pulsions coupables, voilà peut-être les prodromes d’une révolte naissante contre le néoféminisme ou le néopuritanisme qui souvent ne font qu’un ?

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Quoi qu’il en soit, avant que le produit ne soit retiré du marché à coups de pétitions, cédons avec volupté à un mauvais goût aussi clairement assumé ! Que dis-je, osons un acte militant, les filles, ces leggings et ces caleçons, portons-les toutes ! Sinon, le seul imprimé bientôt autorisé sera celui de L’Origine du monde de Courbet. Quoique Facebook y trouvera sûrement à redire…

Janvier 2018 - #53

Article extrait du Magazine Causeur


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Paulina Dalmayer est journaliste et travaille dans l'édition.

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