Dès le troisième jour de la conférence de financement, la CGT de Philippe Martinez a claqué la porte des négociations, continuant de demander le retrait pur et simple de la réforme des retraites. Le secrétaire d’Etat Laurent Pietraszewski «regrette qu’un grand syndicat représentatif français claque la porte de ce type de dialogue, car [il croit] que c’est un dialogue où la CGT a sa place». C’est oublier que ce syndicat rouge et son chef s’illustrent constamment par des actions extrémistes dommageables aux intérêts du pays !


 

C’est une étrange et désagréable impression qui se confirme, décade après décade, année après année, jour après jour : en France les agitateurs aux drapeaux rouges ou aux gilets jaunes et les syndicalistes extrémistes finissent toujours par l’emporter sur la technostructure molle de nos pouvoirs publics, et cela depuis le sommet, les chefs d’État, jusqu’à la base, les gouvernements et leurs ministres. Pour les agitateurs, il suffit d’occuper des ronds-points ou de descendre dans les rues en donnant l’opportunité aux black blocs de casser des vitrines, s’attaquer à des banques ou des monuments historiques, brûler des voitures et balancer des pavés sur la maréchaussée. Pour les autres, les syndicalistes extrémistes, il s’agit d’organiser une grande chienlit économique et sociale afin de pourrir au maximum la vie des usagers dans le but de faire pression sur les gouvernements.

Il a obtenu le maintien des privilèges jusqu’à la mort des cheminots !

Les premiers y ont encore gagné un énorme paquet de milliards distribués par le beau parleur de l’Élysée. Quant aux seconds, pour ce qui est de la SNCF et de la RATP mais pas seulement, ils ont su renverser à leur profit les velléités de réformer leurs statuts ultra-protecteurs et leurs retraites ultra-généreuses : rien ne changera, ou si peu, tant qu’ils seront en vie. Ils resteront des ultraprivilégiés jusqu’à leur mort. Bravo l’Élysée, Matignon et Bercy, vous avez encore perdu ! Après Chirac et Juppé en 1995, Sarkozy et Fillon en 2007, Hollande et Valls en 2016, voici maintenant un nouveau couple maudit au tableau du déshonneur de la Ve République face à ce que les livres d’histoire de nos petits-enfants appelleront sans doute plus tard la pire racaille syndicale que l’on ait connue et subie depuis le règne de François Mitterrand : coupures de courant ciblées, sabotages dans la gestion de certains réacteurs, paralysie d’incinérateurs de déchets et autres joyeusetés du même tonneau… En 2016, à peine arrivé à la tête de la CGT, Philippe Martinez avait déjà cautionné des coupures d’électricité dans 125 000 foyers de Saint-Nazaire. Des méthodes de gangsters cubains ou vénézuéliens !

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Quand les projets de réforme la concernent directement, la CGT est capable de passer de la bataille de rue à la guérilla. Les pires de ses adhérents sont les cheminots. Ils sont très bornés et très imbus de leur importance. Ils estiment avoir l’honneur sacré, comme au temps béni de la lutte des classes il y a un siècle, de représenter « l’avant-garde du prolétariat » et ils sont convaincus d’avoir toujours raison comme dans toutes les sectes. Les cheminots ne cherchent jamais à connaître la vérité et à voir la réalité en face. Ils pensent qu’ils sont entourés de menteurs. Pour eux, ce sont les journalistes qui mentent, la direction de la SNCF qui ment, les tribunaux qui mentent, la police qui ment, la Cour des comptes qui ment. Les cheminots sont enfermés dans leurs têtes de pioche de cheminots et Philippe Martinez est leur gourou.

Margaret Thatcher pourrait le faire plier, elle

Il y a déjà bien longtemps, en 1984, une énième grève des mineurs avait mis le feu au Royaume-Uni mais Margaret Thatcher avait décidé cette fois de crever l’abcès et d’empêcher de nuire définitivement son Martinez de l’époque qui s’appelait Arthur Scargill, un communiste très agressif. Son pays était alors « l’homme malade de l’Europe » comme l’est la France aujourd’hui et il était devenu « la citadelle de l’étatisme et le parangon du nivellement par le milieu » (Raymond Las Vergnas), exactement comme en France. Pour empêcher Scargill de continuer à brimer et offenser les citoyens britanniques, la « Dame de fer » avait utilisé pleinement les deux cartes principales de tous les vrais chefs d’État, à savoir la force et la loi : d’un côté des milliers de policiers assistés de brigades à cheval – à l’époque on n’utilisait pas encore de chars dans les rues ni de camions lanceurs d’eau antiémeute – pour réduire la rage brutale et la ténacité sauvage des piquets de grève de Scargill, et de l’autre côté la loi, avec l’Employment Act, pour limiter les possibilités d’action des syndicats et leur appliquer de lourdes sanctions financières en cas d’abus et de dérapages.

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C’est ainsi que Margaret Thatcher remporta son bras de fer contre Arthur Scargill. Après quoi la culture de la grève fut déclarée morte et enterrée en Grande-Bretagne et les syndicats rouges furent complètement muselés pour les empêcher de mordre les usagers. Le Parti communiste fut mis au ban de la société, le tout sous les applaudissements des citoyens britanniques qui avaient beaucoup souffert des grèves à répétition et, comme de bien entendu, sous les hurlements indignés de toute la gauche française. La classe politique britannique avait compris enfin qu’on ne peut pas négocier avec des syndicats révolutionnaires car ils ne connaissent que la confrontation et refusent tout compromis. Résultat des courses : Margaret Thatcher fut réélue en juin 1987 pour la troisième fois consécutive, un événement inédit depuis 160 ans !

Martinez a dévoyé le « droit de retrait »

Et sur le continent, comme disent les British, où en sommes-nous ? Sept États ont adopté des systèmes de restriction du droit de grève dans le secteur public avec des services minimums, la plupart des pays du Sud comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce, plus quelques autres comme la Suède et la Finlande, et partiellement la Belgique. Et en France ? Bonne question… Tout d’abord et avec un entêtement quasi religieux, on continue d’y parler de « partenaires sociaux » même quand il s’agit de saboteurs sociaux violents. Il existe un pouvoir de réquisition entre les mains des préfets mais seulement « en cas d’urgence » et d’une « atteinte grave à l’ordre public ». Inutile de préciser qu’un tel pouvoir n’a jamais été mis en œuvre à l’encontre de la SNCF ou de la RATP. Jamais ! Ajoutons que chez nous le pouvoir est totalement démuni face aux grèves illégales des conducteurs quand ils débrayent sans préavis ou qu’ils profitent d’un « droit de retrait » complètement dévoyé.

On entend souvent dire en France que le droit de grève est sacré parce qu’il est « garanti par la Constitution ». Fort bien mais on oublie toujours de préciser (7e alinéa du Préambule de la Constitution de 1946) que « le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent ». Il suffirait donc d’une loi, d’une simple loi, pour limiter ce droit de grève dans les transports publics. Cela n’a pas échappé à un sénateur LR, Bruno Retailleau, qui vient de déposer à ce sujet une proposition de loi (n° 166) sur le bureau du Sénat. Alors il n’y a plus qu’à ? Oui, c’est exactement ce que se disent nos gouvernants depuis 1946, sans jamais donner suite

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