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Pénélope Bagieu: Ulysse, reviens!

Une dessinatrice néoféministe qui coche toutes les cases

Pénélope Bagieu: Ulysse, reviens!
La dessinatrice Pénélope Bagieu à une marche "Nous toutes" en 2019 © CELINE BREGAND/SIPA Numéro de reportage : 00933927_000011

La dessinatrice féministe a fait le bilan de l’année passée dans les Inrocks. Selon elle, “2020, c’est l’année Alice Coffin”


Pas de trêve des confiseurs entre Noël et jour de l’An pour la cancel culture. En effet, Jean-Paul Brighelli en a parlé dans nos colonnes, une école du Massachusetts aux États-Unis s’est félicitée de la suppression de l’Odyssée d’Homère de son programme pour cause d’apologie de « culture du viol ». Je ne m’étalerai pas davantage sur ce nouveau délire de l’idéologie woke. Laissons-nous plutôt aller à une rêverie dystopique ! Pénélope Bagieu, dessinatrice de BD parisienne qui coche toutes les cases progressistes, auteur entre autres de « Sacrées Sorcières », une adaptation de Roald Dahl, a donné une interview aux Inrocks. Son Odyssée à elle à travers le pays rêvé de la perfection idéologique.

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Ulysse est relégué à la maison à faire et refaire son ouvrage en guise de punition, Pénélope est aux commandes et nous raconte sa guerre de Troie depuis son Ithaque confinée et confortable: « Je ne suis absolument pas à plaindre car j’ai un appartement relativement grand et lumineux, je ne vis pas seule et je n’ai pas été obligée de sortir travailler. » Les Dieux ayant été cléments avec Pénélope, elle s’inquiète de ceux pour qui ils le sont moins, avec la sagesse d’une Athéna en gilet jaune : « Les gazages et violences pendant les manifestations sont devenus tellement récurrents que c’est comme si on se conditionnait presque à leur « normalité. » On est arrivés à un stade où il faut filmer les policiers en action et ce sont eux qui nous nassent et nous gazent. » Mais Pénélope est là pour nous protéger de tous les Cyclopes du vieux monde coupables de toutes les phobies réactionnaires : « Il faut faire face à une défense hyper crispée du vieux monde qui ne veut pas que les choses changent. »

Pénélope irradiée par la sincérité d’Alexandria Ocasio-Cortez

C’est cependant sans compter sur Trump/Poséidon qui fait reculer les droits des femmes et sème le chaos dans l’île merveilleuse des progressistes. En effet la mort de Ruth Bader Ginsburg, féministe américaine historique et juge à la Cour Suprême, remplacée par la très conservatrice Amy Coney Barrett a plongé Pénélope dans la terreur : « Je ne voulais pas croire au scénario catastrophe de la nomination d’une sénatrice conservatrice à la Cour Suprême mais Trump a réussi. »

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Alexandria Ocasio-Cortez, novembre 2018. Sipa. Numéro de reportage : AP22273804_000001.

Heureusement, Alexandria Ocasio-Cortez est là pour éloigner les sirènes du conservatisme et redonner l’espoir en un monde où régnerait la paix inclusive et racisée : «  AOC est trop cool pour les cools, elle ne serait pas forcément acclamée ici. Imaginez une AOC française envoyée chez Pascal Praud (…) Alexandria est extraordinaire, elle irradie. Le fait qu’elle soit animée par la sincérité, ça marche. »

2020: l’année de la pandémie et d’Alice Coffin

Dans son périple sur une mer déchaînée par le vent mauvais du covid, notre Pénélope s’est longuement attardée sur l’île de Lesbos où elle semble avoir trouvé le repos. En effet, elle fait rimer 2020 avec Coffin. On ne présente plus notre Alice, reine du merveilleux pays lesbien, qui défraya la chronique de la rentrée de septembre avec son Génie Lesbien, ouvrage chaotique et misandre, que j’ai traité avec une relative indulgence dans votre magazine préféré.

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Elle fait cependant figure de vestale pour Pénélope : « 2020 c’est l’année Alice Coffin. Elle a mis un vrai coup de pied dans la fourmilière et a contribué à faire évoluer les mentalités (…) Elle a permis de mettre en lumière une discrimination dont on n’est pas forcément habitués à s’émouvoir qui est la lesbophobie. » Alice a même accompli l’exploit d’obtenir les plates excuses de Laurent Ruquier, qui l’avait un tant soit peu maltraitée sur son plateau. Courageuse guerrière.

Contrairement à la Pénélope d’Homère, qui défait sans cesse son ouvrage, Bagieu tisse patiemment sa toile de parfaite thuriféraire « woke ». Elle ne semble cependant pas complètement débarrassée des travers de l’ancien monde, car elle avoue avoir fait la cuisine et le ménage pour s’occuper pendant le confinement. On ne nous dit pas si elle attendait son Ulysse.


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est enseignante.

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