Dans la nuit du 9 au 10 juin, des lâches anonymes ont jeté leur haine sur les murs de la maison de Latifa Ibn Ziaten, mère de la première victime de Mohamed Merah.


Le dégoût. Absolu. Dans la nuit du 9 au 10 juin, des lâches anonymes ont jeté leur haine sur les murs de la maison de Latifa Ibn Ziaten, mère de la première victime de Mohamed Merah, femme courageuse qui depuis lutte corps et âme contre la radicalisation.

« Juif », une injure

« Vive Mera », « C’es bientôt à toi ! », « Juif bientôt mort », « Ont va tavoir » (sic) dans le texte. Il y a là de quoi réfléchir. L’indigence de la langue, le terme de « Juif » utilisé comme injure à l’encontre d’une musulmane. Il faudra y réfléchir. Mais pour l’heure, ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel est en-deçà et au-delà de la réflexion, il touche à ce qui fait de nous des humains.

Sur n’importe quelle maison, ces tags seraient écœurants.

Les menaces sont inacceptables, « vive Mera(h) » est ignoble. Mohamed Merah est allé dans une école cibler, traquer et assassiner des enfants au nom de son dieu – et son dieu n’est pas celui de Latifa Ibn Ziaten, même s’ils lui donnent le même nom. Mohamed Merah était aussi humain que n’importe lequel d’entre nous, il a choisi de devenir un monstre. Écrire « vive Mera(h) », ce n’est pas seulement faire l’apologie du terrorisme, c’est piétiner l’humanité, cracher au visage du monde, chanter la gloire de Moloch.

Deuil d’un soldat

Sur cette maison entre toutes, ces tags sont abjects. Imad Ibn Ziaten était un soldat, un soldat de la République, un soldat de la France. Au Gabon, en Centrafrique, au Tchad, il s’est battu et a risqué sa vie pour servir la France. A Toulouse, il a donné sa vie pour l’honneur de la France. Il n’a pas plié devant celui qui avait choisi d’incarner l’abomination et qui le menaçait, qui exigeait qu’il s’agenouille. Il a regardé bien en face son ennemi, il est resté debout, il est mort debout, il a prouvé qu’en France l’honneur a encore un sens.

Latifa Ibn Ziaten a repris le flambeau. Sans doute y a-t-il entre nous des désaccords, des nuances, que sais-je, et c’est bien normal. Peu importe. Comme son fils avant elle, Latifa Ibn Ziaten s’est mise au service de la France, et au service de ce qui fait la dignité de l’homme. Rien ne l’y obligeait, et elle l’a choisi, elle le choisit, chaque jour. Elle se bat, sans compter son temps ni ses efforts, et en connaissant les risques. Elle se bat, à sa manière, pour chacun d’entre nous. Elle doit maintenant pouvoir compter sur notre soutien.

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